‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 105 sur 156 · ABSORPTION INTESTINALE. Û · texte numérisé non relu

ABSORPTION INTESTINALE. Û

tinctes : tout ce qui est digéré, c’est-à-dire transformé par dés sucs digestifs, n’est pas pour cela absorbé ; de l’état de saturation plus ou moins grande du milieu intérieur, peut résulter la non-absorption de principes alimentaires qu’on retrouve alors dans les fèces : ces principes n’ont fait que traverser le tube digestif et y être plus ou moins modifiés; c’est ce qui arrive pour les graisses, lorsqu’on les fait entrer en trop grande proportion dans l’alimentation d’un animal. De l’état des surfaces gastro-intestinales qui président à l’absorption, c’est-à-dire au passage des substances choisies dans le produit de la digestion et admises dans le milieu intérieur, de l’état de ces surfaces peut résulter également la non-absorption : c’est ce qui arrive dans le choléra, où l’eau elle-même n’est pas absorbée dans le tube digestif.

Il est donc facile de comprendre, ce que du reste nous avons démontré directement par les expériences, que Tingestion du sucre dans le tube digestif chez un sujet normal ne saurait avoir aucune influence directe sur la teneur en sucre du milieu intérieur. Dans celui-ci, le sucre, comme les graisses, peut n’arriver qu’en raison directe des quantités nécessaires pour maintenir et rétablir l’équilibre organique nutritif, et non en raison des quantités mises en contact avec la surface d’absorption intestinale.

C’est là une loi pour l’organisme • en état de santé. Mais peut-il se faire que certains états pathologiques aient précisément pour résultat la rupture de cet équilibre, c’est-à-dire un trouble d’absorption intestinale

tel, que le sang reçoive plus de substances sucrées qu’il ne doit en contenir, plus qu’il n’a besoin d’en recevoir si nous pouvons ainsi parler. Dans ce cas il y aurait glycémie, et diabète par excès de sucre provenant directement de la source alimentaire.

Cette hypothèse, nous devons la faire ; nous devons faire ici toutes les hypothèses possibles, mais nous devons aussi examiner aussitôt jusqu’à quel point elles peuvent se soutenir, voir si elles ne sont en contradiction ni avec les lois générales de l’organisme, ni surtout avec les faits.

Pouvons-nous concevoir un pareil trouble de l’absorption? Nous ne saurions guère l’admettre comme possible qu’en le considérant comme le résultat d’une influence nerveuse, car le système nerveux, vous le savez, règle les absorptions comme les sécrétions. Malheureusement nous savons fort peu de chose sur les mécanismes par lesquels le système nerveux préside aux absorptions intestinales, et, en présence de cette lacune physiologique, nous ne saurions trancher la question du diabète considéré comme ayant sa source dans un trouble de l’absorption intestinale, par augmentation de l’absorption des substances sucrées.

Mais voyons les faits. Vous savez qu’un grand nombre de médecins, incriminant, dans le diabète, le régime et l’absorption intestinale, cherchent surtont à agir en modifiant l’alimentation. Or il est facile d’observer, et le fait a été établi par un grand nombre de cliniciens, que la proportion de sucre des urines augmente toujours après le repas, et que cette augmentation a lieu quelle

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