‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 112 sur 156 · GLYCOGÉNIE EXAGÉRÉE · texte numérisé non relu

GLYCOGÉNIE EXAGÉRÉE

tifiquement analysée jusqu’à ce. jour, n’est autre chose qu’un trouble de nutrition, portant précisément sur ce phénomène de dépôt de réserve auquel peut-être tous les autres principes assimilables sont également soumis.

Dans ce cas, voici de quelle manière on pourrait concevoir la physiologie pathologique du diabète : par suite d’un travail de désassimilation excessif l’organisme use incessamment et d’une manière exagérée le dépôt de réserve dont le foie est le siège; le sucre est versé dans le sang en quantité anormale, d’où hyperglycémie et glycosurie; mais la source hépatique n^est pas épuisée pour cela, elle continue à assimiler les matériaux propres à former le glycogène et par suite le sucre ; elle redouble, pour ainsi dire, d’activité pour remplacer le sucre éliminé, elle épuise l’organisme pour suffire à cette production, à cette dépense désordonnée en matière sucrée. -

Il paraît donc évident, ainsi que l’expérience l’a d’ailleurs prouvé, que chez le diabétique le foie n’a pas perdu ses fonctions; il pèche au contraire par un fonctionnement trop actif, par une vitalité exubérante. De sorte qu’il n’est pas étonnant que l’anatomie pathologique soit muette sur les cas de diabète dégagés de toute complication; il ne s’agit pas ici d’un trouble imputable à une lésion anatomique qui empêche la fonction; il s’agit d’un trouble fonctionnel sur lequel l’inspection cadavérique ne saurait donner aucun éclaircissement. Lorsqu’un muscle est convulsé, il n’est pas anatomiquement lésé pour cela; sur le vivant son

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trouble fonctionnel est facile à constater ; sur le cadavre .on ne trouvera pas de lésion anatomique ni une modification de la structure musculaire.

Il n’y a donc pas, il ne saurait y avoir de lésion hépatique chez les simples diabétiques; bexcès de fonctionnement n’est pas le résultat d’un état anatomopathologique, on ne saurait même concevoir a priori l’association possible de ces deux ordres de phénomènes absolument distincts.

C’est ce que trop souvent les médecins paraissent se refuser à comprendre. Dernièrement encore un médecin d’une de nos grandes stations thermales me faisait des objections basées sur l’exameii du foie de nombreux diabétiques que l’on traite par lés eaux alcalines. « Yous localisez le diabète dans le foie, me disait-il ; mais chez la plupart des malades diabétiques qui nous arrivent à Vichy le foie est parfaitement sain. » ïl ne saurait en être autrement, d’après ce que j’ai dit précédemment, et, pour me résumer en un mot, l’altération anatomopathologique des tissus arrête les fonctions; or le foie du diabétique fonctionne toujours avec énergie : donc, dans ce cas, il n’y a pas d’anatomie pathologique pour le foie du diabétique.

Cette règle est-elle absolue? Oui, si nous précisons bien les termes de la question. D’abord le diabète peut n’être qu’une simple excitation fonctionnelle du foie, sous rinfluence nerveuse ou autre; il n’y a pas encore de lésion hépatique appréciable à nos moyens d’investigation; mais il peut y en avoir consécutivement et alors le diabète cesse. Vous vous rappelez lé cas que nous avons

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cité (voyez page 355) d’un diabétique qui fut atteint de cirrhose. Au début, lorsque le malade avait son foie simplement excité, il était diabétique; plus tard, quand lalésion anatomo-pathologique de la cirrhose survint, il cessa d’être diabétique, parce que la fonction glycogénique avait été diminuée, puis éteinte. Donc il faut avoir le foie anatomiquement sain pour être diabétique.

Mais il survient des lésions anatomiques qui sont la conséquence de la glycémie elle-même, et ces lésions ‘peuvent se rencontrer alors soit dans le foie, soit dans d’autres tissus ou organes.

Vous savez en effet que le sang, comme milieu intérieur dans lequel vivent tous les éléments anatomiques de l’organisme, présente et doit présenter normalement une composition à pen près constante. Parmi ses éléments de composition constante se trouve le sucre. Dès que cette substance y est surabondante, l’excès en est si sensible à l’organisme, que le filtre rénal l’élimine aussitôt; mais si la source hépatique continue à en pro-r duire plus que la dose normale, les tissus, malgré cette élimination incessante, sont toujours baignés par un sang trop sucré. Or ce contact peut amener en eux des troubles et des lésions matérielles, qui elles-mêmes peuvent constituer l’un des principaux dangers de l’hyperglycémie. Nous ne savons encore rien sur le mécanisme pathologique de l’action de cet excès de sucre dans le sang.

Il pourrait peut-êlre vous paraître arbitraire de supposer ainsi les tissus divers atteints par la présence en excès d’une substance qui est l’un des éléments consti-

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