TROUBLES DE NUTRITION
augmentée dans les urines des vingt-quatre heures, ces résultats différents tiennent sans doute à ce que les analyses n’ont peut-être pas été faites dans des conditions identiques, c’est-à-dire que tantôt elles ont rapport à des diabétiques très-avancés, tantôt à des diabétiques au début de la maladie. Il paraît permis d’admettre que dans certains cas avancés, la proportion d’urée est considérahlement augmentée, les tissus s’usent plus vite, si nous pouvons ainsi dire. De là l’amaigrissement et la consomption des malades.
En résumé, par sa cause première, comme par les complications qui en sont la conséquence, le diabète est donc essentiellement caractérisé par des troubles de la nutrition générale. Telle est la proposition que je vous présentais au début de cette leçon. La revue rapide à laquelle nous venons de nous livrer, nous indique vaguement quels sont ces troubles, mais elle nous montre aussi combien il s’en faut que nous soyons eu état de donner la théorie précise de chacun d’eux. C’est qu’en effet la physiologie normale de la nutrition nous est encore très-peu connue ; ignorant le mode d’association et la marche des nombreux rouages qui président à cette fonction, comment pourrions-nous connaître le mécanisme des troubles qui s’y manifestent?
On le voit, dans la série de questions encore douteuses que je me suis attaché à soulever dans ces dernières leçons, nous avons été obligés de reconnaître que des notions précises sur les phénomènes morbides, sur les lésions anatomiques dont nous avons dû soupçonner l’existence, nous manquaient encore. Néanmoins il
[iflk LEÇONS SUR LE DIABÈTE.
résullera, je l’espère, de cet aveu d’ignorance, un enseignement général d’une haute importance, et dont l’application est comme la base et le couronnement de toutes nos recherches, c’est que toute étude médicale doit avoir comme point de départ la connaissance de la fonction normale dont on veut étudier les troubles. Si, dans le diabète, toutes les obscurités pathologiques ne sont pas encore élucidées, c’est que la connaissance des fonctions normales correspondantes est encore imparfaite. C’est donc seulement en travaillant à compléter les données physiologiques de la question que nous pourrons trouver les éléments de la théorie pathogénique, et c’est par cette double connaissance que nous serons maîtres d’agir sur le phénomène morbide : la physiologie ainsi comprise sera, vous le voyez, le seul guide certain de la pathologie et de la thérapeutique.