THÉORIES RÉCENTES
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physiques (polarisation); il serait donc possible que l’extrait de sang n’ait pas donné d’effet polarisateur parce qu’en ce moment il n’y avait que trop peu ou pas de sucre. — L’auteur constate d’ailleurs l’identité du sucre contenu dans les urines diabétiques avec la glycose (page 285) et admet que la paraglycose du sang a éprouvé dans les reins une modification qui l’a convertie en glycose. Cependant il fait remarquer (page 289) que la paraglycose du sang diabétique ne serait pas toujours dans les urines à l’état de glycose , mais pourrait s’y trouver en partie à l’état de paraglycose ayant traversé inaltérée le filtre rénal ; il a observé, dit-il, que parfois l’appareil polarisateur indique moins de sucre dans les urines que l’analyse chimique. Ce sont là des comparaisons bien difficiles à faire; car le polarimètre est infiniment moins sensible pour doser le sucre que les réactifs chimiques.
En résumé, les auteurs que nous venons de citer supposent, sans le démontrer, des sources chimiques différentes pour le sucre normal et pour le sucre des diabétiques.
Avec les auteurs qui vont suivre, nous verrons les hypothèses porter plus spécialement sur l’existence de deux fonctions distinctes du foie : fonction de production, fonction d’emmagasinement.
Foster (l) admet deux variétés de diabète : dans l’une, le foie a simplement perdu la faculté de retenir les glycoses, et de les fixer à l’état de matière glycogène; dans-
(1) Foster, Coniributioiis io the therap. of diabètes rnellitm {BriU and t'ai\ tned. chir. Rev., 1872).
l’autre, le foie présente une activité excessive, et transforme même les albuminoïdes en sucre.
En admettant la première forme de diabète, Foster tranche une question que nous avons nous -même longuement discutée, sans trouver encore dans les résultats expérimentaux des données suffisantes pour sa solution, quoique au fond nous ayons établi et que nous admettions par conséquent cette fonction de réserve et d’emmagasinement attribuée au foie. Quant à la seconde forme de diabète admise par Foster elle repose sur une hypothèse dont nous discuterons plus loin la probabilité.
Dickinson (1) émet une opinion analogue. Pour lui, le diabète résulte toujours, non d’une destruction insuffisante du sucre du sang, mais d’un apport exagéré de cette substance dans le sang. Cette augmentation de l’apport du sucre peut tenir suivant lui ;
1" A un excès de sucre dans l’alimentation ; de là la glycosurie passagère [normal alimentary glycosuria] que l’on constaterait dans certains cas et qui cesserait en même temps que l’excès de sucre dans les aliments.
2“ A une impuissance du foie de transformer le sucre et l’amidon en glycogène. A cette catégorie répondent les cas de diabète légers ou commençants, où la glycosurie cesse par la suppression d’une alimentation féculente {abnormal alimentary glycosuria) .
3“ Cette troisième classe comprendrait les cas de . diabète grave où il existe une production exagérée de
(1) Büeases of the kidney. Part. I, p. 55.
THÉORIES RÉCENTES. hh^
sucre dans l’organisme, indépendant du sucre ingéré, plusieurs mécanismes peuvent être invoqués ici : ou bien le foie produit du glycogène en excès; ou bien, le glycogène ne variant pas, il s’en transforme des quantités exagérées en sucre, sous l’influence d’un ferment morbide (ce qui est douteux), ou bien encore, il se forme dans le foie dü sucre au lieu de glycogène.
Dickinson se refuse à admettre la formation exagérée de glycogène dans le foie. Pour lui, les cas graves de diabète résulteraient d’une modification pathologique des fonctions du foie, qui transforme les matières albuminoïdes en sucre au lieu de les convertir en glycogène.
Dans tout ce qui précède on le voit, nous trouvons des vues qui sont dans l’ordre physiologique en ce sens qu’elles se rapportent à la fonction glycogénique du foie, mais elles se présentent à l’état d’hypothèses qui manquent encore de démonstrations suffisantes.
Weiss et Dock (1) ont émis une nouvelle théorie relativement à la glycogenèse hépatique, sous le nom de théorie de l'épargne. Sans aborder le mécanisme proprement dit de la glycogénie, ces-auteurs pensent que si le sucre et les autres hydrocarbures ingérés augmentent la proportion de glycogène dans le foie, ce n’est pas en vertu de leur transformation directe en substance glycogène, mais comme substances facilement oxydables; elles détournent, pour ainsi dire, l’oxygène et empêchent l’oxydation du sucre glycogénique qui ne se
(1) Weiss. — (Sitzber. d. Wiener Akad. Bd. LXVII.)