INDICATION DE TRAITEMENT
l’ioâe aux malades atteints de diabète. D’abord l’iode amenait une diminution de sucre en troublant l’éco-: Qoraie, mais bientôt raccoutumance au médicament étant arrivée, le sucre réapparaissait en même proportion.
On le voit, il ne faut pas se tromper sur la signification et la valeur que peut avoir la disparition du sucre de l’urine ou sa diminution dans le sang. Chez le diabétique, la maladie consiste dans un trouble caractérisé par une exagération de la fonction normale. Chez les animaux, il en est de même. On ne peut pas rendre un animal artificiellement diabétique, lorsqu’il a la fièvre, qu’il est malade ou qu’il est à jeun. Il faut agir sur lui lorsque la nutrition est le plus active, c’est-à-dire pendant la digestion.
Une autre indication du traitement du diabète a été formulée par les auteurs qui attribuent le diabète à un défaut de destruction du sucre dans le sang. Miable a particulièrement soutenu cette théorie et recommandé l’ingestion des alcalins (eaux de Vichy), pour introduire dans le sang l’alcali, c’est-à-dire l’agent destructeur de la glycose qui s’y serait trouvé en défaut. Nous avons déjà dit ailleurs que nous n’admettons pas cette théorie qui n’est pas justifiée parles faits. D’abord il n’a jamais été établi que le sang des diabétiques fut moins alcalin que celui des personnes en bonne santé ; ensuite nous avons montré que la destruction très-rapide du sucre dans le sang, se fait sous l’influence d’un ferment et non de l’alcali. Une expérience très-simple le démontre : on prend deux échantillons d’un même sang
sucré. On opère la coagulation de l’un en le soumettant à l’ébullition à 100 degrés, et on laisse l’autre abandonné à la température ambiante. Au bout de peu de temps le sucre a disparu dans le sang normal, tandis qu’il persiste dans le sang porté à l’ébullition, quoiqu’il ait conservé sa réaction alcaline. Il est vrai cependant que le sucre ne se détruit pas dans un sang rendu acide, mais cela tient à ce que le ferment destructeur du sucre doit agir dans un milieu alcalin, comme, par exemple, le ferment du suc gastrique ne peut agir que dans un milieu acide, mais dans ces deux cas ce n’est ni l’acide, ni l’alcali qui est l’agent essentiel de la fermentation, il n’en est qu’une condition.
On pourra sans doute dire, pour soutenir la théorie à laquelle nous faisons allusion, qne les eaux de Vichy sont utiles dans le traitement des diabétiques; mais des preuves de ce genre n’ont pas de valeur scientifique, parce qu’on pourrait également citer des cas contraires. D’ailleurs l’action des eaux de Vichy est très-complexe, et pour conclure à leur action, il faudrait analyser une à une toutes les modifications qu’elles peuvent apporter dans l’économie.
Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons déjà dit du traitement proposé par Piorry {Comptes rendus, 1847) et adopté par Bennett, traitement qui consiste à administrer du sucre pour remplacer celui qui se perd par les urines. Nous ne parlerons pas non plus d’un traitement analogue qui consisterait à donner des substances saccharigènes (amidon, etc.) pour saturer le ferment pathologique produisant le sucre et l’em—