‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 12 sur 156 · LA MÉDECINE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE EXPÉRIMENTALE

conclusions, sur lesquelles je n’insisterai pas, les ayant déjà développées’ ailleurs (1).

L’empirisme médical actuel, loin d’ébranler mes convictions à l’égard de l’avenir scientifique de la médecine, ne fait.au contraire que les corroborer. Dans toutes les sdences, sans exception, la pratique empirique précède nécessairement la théorie rationnelle et certaine. « La médecine pratique est née de la nécessité », a dit Baglivi. Nulle part, en effet, la nécessité pratique ne s’est imposée plus impérieusement qu’en médecine. Devant l’homme souffrant ou malade, devant le blessé,: il ne s’agit pas de méditer sur le problème de la souffrance ou de là maladie. Il faut agir, il faut secourir : If urgence est là.

- liC caractère de nécessité qui a présidé à la naissance de la; médecine, n’a pas cessé d’en dominer le développe- Bfieiit. L’empirisme a fourni des armes au médecin ; Hobservatian clinique lui a appris à les employer avec discernement. C’est pourquoi la médecine a dû se faire d ’ahord dans l’hèpital .

c^PëEnïettek^moi un rapprochement qui fixera mieut vos idées. La chimie s’est faite dans les usines, dans les ateliers, longtemps avant de se créer dans les laboratoi- ; ellé a marché empiriquement avant de procéder sciëntifiquémenl. Mais enfin, un jour est venu où elle a; pff se dégager de ses préoccupations purement empiriques et se constituer comme science pure, où elle est sortie de la fabrique pour entrer dans le laboratoire. Ktt

• (Ij Mtrâduction à l'étude de la médecine expérimentale, Paris, 1865.

AU COLLÈGE DE FUANGE. -

paraissant s’éloigner de la pratique, elle y revenait cepèndant par la voie la plus féconde : les applications de la science pure ont été innombrables ; les merveilles de l’industrie moderne en font foi. ;

Ainsi en est-il de la médecine. Riche des faits acquis, à l’hôpital, elle peut maintenant le quitter pour aller: dans le laboratoire. En prenant la forme de médéciqe physiologique expérimentale, elle devient science pure. Soyez sûrs que, plus tard, les applications ne seront ni moins étendues, ni moins merveilleuses que dans les sciences physico-chimiques. La médecine scientifique, ne s’écarte donc du malade qu’en apparence et. pour: y. revenir avec des armes plus efficaces.

Vous le voyez, messieurs, je ne viens point vous dire:; la médecine scientifique expérimentale est une science constituée que je vais vous enseigner. Je désira seulement vous prouver qu’elle existera et que le temps est venu de s’efforcer de la créer. Je comprendssa nécessité, j’ai le sentiment de son opportunité, et c’est pour rester, dans le rôle et la tradition de l’enseignement de ma chaire au Collège de France que je vous demande dé concourir ensemble à la fondation de cette médecine expérimentale de l’avenir.

J’arrive maintenant à cette autre proposition, que, la physiologie servant de base à la science médicale, il est urgent de travailler à son développement si l’on veut constituer la médecine scientifique elle-même. , . ;

Rire que la médecine doit être fondée sur la physiori logie et que la pathologie n’est que la physiologie troufilée, ce n’est, en réalité, avancer rien de nouyeau.dRei

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