i LEÇONS SUR LE DIABÈTE
dant, quand il apercevait des aliments, il cherchait à les manger.
L’expérience a été, du reste, conduite sans accident et l’ingurgitation des substances a toujours été complète.
En coupant les parties molles du cou pour faire écouler le sang, on a remarqué que quoique les deux chiens eussent été sacrifiés de même, par la section du bulbe, le sang du chien noir, nourri de graisse, était beaucoup plus foncé que le sang du chien rouge qui, nourri de gélatine , avait conservé son sang plus rutilant.
On remarqua aussi que le sang de ce dernier chien parut se coaguler plus vite que le sang du chien noir. Cette différence de couleur doit-elle être rapportée à la différence d’alimentation des deux chiens ou plutôt à leur état de vigueur différente qui a fait qu’au moment de la mort le chien noir a eu des contractions musculaires, des convulsions plus violentes^? — Cette dernière explication paraît plus probable.
En ouvrant l’abdomen aussitôt après la mort, on a trouvé chez le chien noir, à la graisse, les chylifères pleins d’un liquide blanc chyleux, surtout dans le duodénum et dans le commencement de l’intestin grêle. Le mésentère contenait beaucoup de graisse ; les intestins étaient vascularisés et ne paraissaient pas sensiblement diminués de volume. Chez le chien rouge, à la gélatine, au contraire, les chylifères n’étaient pas injectés d’un liquide blanchâtre, le mésentère ne contenait pas de graisse et l’intestin paraissait rétréci. Il faut noter que
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dès avant l’expérience le chien noir était plus gras que le chien rouge.
On a extrait le foie des deux chiens. Celui du chien noir, à la graisse, d’un tissu plus foncé et gorgé de sang, pèse 113 grammes. Le foie du chien rouge, à la gélatine, dont le tissu d’une couleur moins foncée contient lùoins de sang, pèse 111 grammes. La vésicule du fiel était à peu près remplie de bile chez les deux chiens; on l’avait enlevée avant de peser les foies.
En examinant ensuite les produits de l’autopsie, voici ce qu’on observa :
1“ Le foie du chien rouge (à la gélatine) donna une décoction jaunâtre et opaline à chaud qui ne s’éclaircit pas quand on la filtra à froid.
2° Le foie du chien noir (à la graisse) donna une décoction d’un brun jaunâtre, légèrement opaline en la filtrant à chaud, mais devenant limpide lorsqu’on la filtrait à froid.
Chacune de ces décoctions fut précipitée par l’alcool à 40 degrés. Le précipité du foie du chien noir, à la graisse, était jaune brun, peu abondant; celui de la décoction du foie du chien rouge, à la gélatine, était beaucoup plus abondant et d’un blanc jaunâtre. Les deux précipités recueillis sur un filtre et desséchés présentaient tous deux une couleur jaune brune; on les fit redissoudre dans de l’eau distillée froide. Le précipité obtenu du chien noir, à la graisse, donna une dissolution jaune brun, qui passa limpide à la filtration ; tandis que pour le précipité du foie du chien rouge, à la gélatine la dissolution filtra très-opaline. En ajoutant de
la salive, cette opalinité disparaît et le liquide devient limpide, mais reste légèrement jaune et beaucoup moins coloré que le même liquide chez le chien noir ; ce qui semblerait indiquer qu’il y a plus de matière colorante biliaire dans le foie moins riche en matière glycogène que dans celui qui en contient davantage.
En traitant la décoction primitive des foies par le charbon animal, on enlevait plus complètement tes matières organiques qui accompagnaient la matière glycogène ; et on avait une décoction parfaitement limpide pour le foie du chien noir, et opaline pour le foie du chien rouge.
L’alcool formait un précipité caractéristique dans le liquide appartenant au chien rouge, à la gélatine, et ne formait dans le liquide appartenant au chien noir qu’un précipité excessivement faible, dû sans doute aux matières salines provenant soit du foie, soit du charbon lui- même.
On ajouta en excès de l’acide acétique cristallisable dans une portion des décoctions primitives de chacun des foies. Pour le chien rouge, à la gélatine, l’acide acétique donna un précipité très-net, blanc, au milieu duquel nageaient quelques particules d’un jaune tendre dont la coloration était due sans doute à de la bile. Pour le chien noir, l’acide acétique ne produisit pas de précipité blanc; on voyait seulement précipitées quelques-unes de ces particules jaunâtres. Ce qui semblerait indiquer que l’acide acétique peut, outre la matière glycogène, précipiter aussi quelques principes de la matière colorante biliaire.
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Toutes les expériences qui précèdent démontrent qu^’il y avait de la matière glycogène dans le foie chez le chien nourri à la gélatine, et qu’il n’y en avait que des traces chez le chien nourri avec de la graisse.
On voulut alors doser la quantité de celte matière glycogène par sa transformation en sucre, ainsi qu’on va le voir.
On prit 20 grammes du foie frais de chaque animal ; on le fit cuire dans un peu d’eau; on le broya et on le jeta dans une éprouvette graduée de telle façon, que tissu et liquide occupaient 70 centimètres cubes pour chacune des éprouvettes.
On prit ensuite par décantation deux échantillons de 10 centimètres cubes de chacun de ces liquides; on ajouta dans l’un des échantillons 1 centimètre cube de salive, puis l gramme de levûre de bière; dans l’autre, 1 gramme de levûre de bière seulement. Après quoi on mit fermenter, en attendant toutefois que le liquide opalin fût devenu transparent et que la transformation en sucre se fût opérée. (Il a paru, dans diverses expériences, que la salive agissait plus lentement pour opérer la transformation de la matière glycogène en sucre dans la décoction hépatique, lorsque celle-ci n’avait pas été traitée par le charbon animal. Ce fait rentrerait dans les vues que nous avons émises relativement aux mélanges ou aux combinaisons possibles de la matière glycogène avec d’autres substances.)
La fermentation donna les résultats suivants :
Chien rouge, à la gélatine : l'*’ tube, 10 centimètres
cubes de liquide, plus 1 gramme de levûre de bière donnent 9 centimètres cubes de gaz.
2** tube, 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 centimètre cube de salive, plus 1 gramme de levûre de bière donnent 22,5 centimètres cubes de gaz.
Chien îioir, à la graisse :■ 1" tube, 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 gramme de levûre de bière donnent 5 centimètres cubes de gaz.
2® tube, 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 centimètre cube de salive, plus l gramme de levûre de bière donnent 4 centimètres cubes de gaz.
On a répété la même expérience en traitant la décoction des foies par le charbon animal. On ,a pris, comme précédemment, 20 grammes du foie de chaque chien ; on lés a broyés et fait bouillir avec de l’eau et du charbon animal, ensuite on a mesuré dans deux tubes gradués, le tout faisant 70 centimètres cubes. On a filtré et on a fait fermenter les liquides comme il a été dit plus haut ; on a encore remarqué, ainsi que nous l’avons déjà dit, que l’action de la salive a été plus prompte et que la fermentation déterminée par la levûre de bière s’est établie plus rapidement aussi.
Voici les résultats de ces dernières expériences :
Chien rouge à la gélatine: 1“ 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 gramme de levûre de bière ont donné 12,8 centimètres cubes de gaz.
2“ 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 centimètre cube de salive, plus 1 gramme de levûre de bière ont donné 22 centimètres cubes de gaz.
Chien noir à la graisse : 10 centimètres cubes de
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liquide, plus 1 gramme de levure de bière ont donné 5 centimètres cubes de gaz.
2° 10 centimètres cubes de liquide, plus 1 centimètre cube de salive, plus 1 gramme de levûre de bière ont donné centimètres cubes de gaz.
Il y avait donc, ainsi qu’on le voit, du sucre et de la matière dans le foie du chien rouge, tandis qu’il n’y avait que des traces de sucre dans le foie du chien noir.
Ce sucre provient évidemment de la transformation post mortem de la matière glycogène, parce qu’on n’a pas agi instantanément après la mort et qu’il y a eu transformation de la matière en sucre, transformation complète chez le chien noir qui en contenait très-peu, et transformation incomplète et même limitée chez le chien rouge qui en contenait beaucoup plus. Ceci prouverait encore que la gélatine a été favorable à la production ou à la conservation de la matière glycogène, tandis que la graisse n’a pas donné lieu à la production de cette matière, et que celle qui existait chez le chien et qui s’est transformée en totalité en sucre était due sans doute à un reste anciennement formé par d’autres aliments, mais non par la graisse. Celte expérience est d’autant plus concluante que l’animal qui a présenté la matière glycogène était le moins vigoureux, et que nous savons que cet état d’affaiblissement de l’animal est en général défavorable à la formation de la matière glycogène.
Chez ces deux chiens, les muscles ne contenaient pas de matière glycogène, et le sang recueilli présentait des traces de sucre.
8® expér. — Gomme et gélatine. — 3 août 1859 Deux chiens ont été mis à l’abstinence absolue à la cave.
Le 24, c’est-à-dire vingl et un jours après, les deux animaux ont été soumis aux expériences qui suivent.
L’un des chiens est de petite taille, adulte et maigre.
H est de la race griffon.
L’autre chien est jeune, n’a pas encore alleiut sou complet développement; mais il est très-gras. Il est d’une race de chiens de berger.
Au moment où ces chiens ont été mis eu expérience, ils étaient tous deux bien portants; mais après les vingt et un jours d’abstinence, le petit chien était réellement malade : il était devenu excessivement maigre, les deux cornées étaient opaques et môme ulcérées, les yeux enfoncés; l’animal se soutient avec peine. Tandis que le gros chien est resté vif, très-peu amaigri, présente des yeux partaitement sains; en un mot, ne paraît nullement malade. Si ce dernier chien ne s’est pas échappé, n’a pas pris quelque aliment sans qu’on le sache, et si l’abstinence a été pour lui aussi complète que pour le premier chien, placé dans les mômes conditions, cette expérience prouverait que les conditions d’âge moins avancé ne sont pas toujours une raison pour que l’animal supporte moins bien l'abstinence, car ici ce serait le contraire. Cela montrerait qu’indépendamment de la condition d’âge, il faudrait encore tenir compte de la taille, de l’état antérieur, et môme de la race, conditions qui exercent aussi une influence sur le pouvoir de résistance à l’abstinence.
Quoi qu’il en soit, le 23 août à neuf heures du
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luatiu, on iogéra dans reslomac des deux chiens comparativement de la gomme et de la gélatine.
Chez le petit chien, on fit une incision sur la ligne blanche; on fit sortir un lobe du foie, on en lia une partie pesant environ 15 grammes que l’on réséqua; puis la plaie fut recousue.
Alors on ingéra dans l’estomac de l’animal une dissolution de âO grammes de gélatine dans environ 250 grammes d’eau ; mais l’animal fut pris de vomissements et ne garda guère que la moitié de la dose injectée. L’animal devint très-faible, et pouvait à peine se soutenir. Dans un effort de vomissement, il passa quelques gouttes de liquide dans la trachée. On laissa ensuite l’animal à lui-même.
Chez le gros chien, on fit également une incision sur la ligne blanche et l’on fit sortir un lobe du foie qu’on lia en en réséquant de 20 à 22 grammes environ. En ouvrant l’abdomen, on remarqua chez ce chien un pannicule graisseux considérable, tandis qu’il n’y avait pas la moindre trace de graisse chez l’autre chien. Du reste, le foie des deux chiens était ferme sous le doigt, comme dans le cas où les animaux sont restés longtemps à jeun.
La plaie du ventre étant recousue, on ingéra à ce chien 30 grammes de gomme dissoute dans environ 250 grammes d’eau tiède. Tout fut gardé, et l’animal but encore de l’eau qu’on lui offrit après. On abandonna alors ce chien à lui-même.
Après quatre heures environ, le petit chien, qui était très -faible, mourut. On fit 'son autopsie une