‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 14 sur 156 · CL. BERNARD. A · texte numérisé non relu

CL. BERNARD. A

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gie générale, la pathologie générale et la thérapeutique générale. Dans toutes les sciences, la généralisation étant la synthèse, cette généralisation ne peut arriver qu’après une analyse complète qui nous ait fait descendre jusqu’aux éléments mêmes des phénomènes. Toutes les généralités qu’on peut faire en dehors de là ne consti^ tuent que des vues plus ou moins vagues quelque ingénieuses qu^elles soient.

En résumé, au Collège de France, l’enseignement de la médecine, pour répondre à son but essentiellement scientifique, doit se préoccuper exclusivement aujourd’hui de l’avancement de la physiologie, et particulièrement de la physiologie histologique, parce qu’elle seule peut nous dévoiler la cause immédiate des phénomènes de la vie, soit à l’état normal, soit à l’état pathologique.

Le corollaire direct de cette conclusion générale, c’est qu’à côté des médecins il faut développer surtout des physiologistes purs, qui mettront la physiologie au premier rang dans leurs préoccupations scientifiques. Permettez :moi d’entrer, à ce propos, dans quelques éclaircissements, parce que je tiens à ce que vous saisissiez exactement ma pensée sur se sujet assez délicat.

Les diverses catégories des sciences ne sont que des problèmes différents distingués dans l’ensemble de nos connaissances, et que nous avons séparés en raison de la faiblesse de notre esprit. Mais ces divisions n’existent réélleraent pas dans la nature où tout se tient d’une manière indissoluble. Un homme de sciences digne de ce nom ne saurait se restreindre d’une façon absolue s iine seule sciencOi En général, il n’en cultive qu’une

AU COLLÈGE DE FRANCE

seule, mais il connaît les sciences voisines de celles qu’il a choisie pour sujet de ses études. Il y a donc à distinguer, chez un savant, la science dans laquelle il est maître, qui est pour lui un but, elles sciences collatérales, moyens ou instruments dont il se sert pour faire avancer sa science favorite.

Aujourd’hui le temps des encyclopédistes est passé, et s’il faut avoir des notions sur l’ensemble des sciences, il est nécessaire que chacun choisisse son lot dans le champ scientifique, s’il veut y faire des découvertes utiles à l’humanité.

Je me suis expliqué ailleurs (1) sur la question de savoir si la physiologie existe comme science distincte et forme réellement une branche spéciale de la biologie. Je n’y reviendrai pas ici. Je dirai seulement que pour certains médecins la physiologie n’est qu’un compartiment de l.a science médicale; de sorte que le médecin serait nécessairement un physiologiste, tandis que le physiologiste ne serait qu’un fragment de médecin. Mais, à ce titre, le médecin, pour être complet, devrait aussi être à la fois chirurgien, pharmacien botaniste, zoologiste, etc., car il lui faut posséder l’ensemble de ces connaissances pour être un médecin véritablement instruit. Si autrefois, dans la chaire de médecine, au Collège de France, toutes ces sciences étaient réunies dans une seule chaire de médecine^ chirurgie^ pharmabotanique^ nous avons vu qu’à la fin du siècle dernier ces sciences se sont séparées, et que la chaire de médecine s’est subdivisée en chaires de chimie, d’ana-

(1) Voyez mon Rapport sur la physiologie générale. 1867,

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