SUR
PREMIÈRE LEÇON
Sommaire : Etude clinique et physiologique du diabète. — Définition et classifications des différentes formes du diabète. — Définition dit dînhètè par ses symptômes extérieurs; incertitude de l’anatoffliê pathologique;’
— Tous ces symptômes, dits morbides, ne sont eu réalité que des phénomènes physiologiques plus ou moins exagérés. — De la glycosurie. —
— Influence du système nerveux. — Présence du sucre dans l’urine et dans les diverses sécrétions deS diabétiques.
Messieurs,
Le sujet de médecine expérimentale que nous avons choisi pour celte année est l’étude physiologique et pa^tholOgique du diabète. La raison qui a déterminé notre choix est facile à pressentir : cette question est une de celles où l’on peut suivre de la manière la plus frappante l’alliance intime de la physiologie et de la pathologie. Ici, le problème pathologique se trouvera singulièrement éclairé par les connaissances physiologiques, et nous pouvons dire d’avance que si le problème pathologique offre encore des obscurités, c’est précisément parce que le problème physiologique n’est pas entièrement résolu; Le simple bon sens indique, en effet, que SI l’on connaît complètement un phénomène physiolo-
gique on doit être à même de rendre raison de tous les troubles qu’il peut subir à l’état pathologique : physiologie et pathologie se confondent et sont au fond une seule et même chose.
Dans le langage médical ordinaire, le diabète est ce qu’on appelle une forme morbide ; selon nous, dans le langage physiologique, il serait plus exact de dire que le diabète est le dérangement d’une fonction dont nous aurons d’abord à préciser l’état normal. J’admets, en effet, vous le savez, que toute affection morbide, quelle qu’elle soit, correspond toujours à une fonction physiologique détournée et changée de quelque manière; en d’autres termes, toute maladie a une fonction normale correspondante dont elle n’est qu’une expression troublée, exagérée, amoindrie ou annulée. Si nous ne pouvons pas aujourd’hui expliquer tous les phénomènes des maladies, c"est que la physiologie n’est pas encore assez avancée et qu’il y a encore une foule de fonctions normales qui lions sont inconnues.
Cette façon de voir n’est pas conforme à celle de là majorité des pathologistes. Le plus grand nombre, en effet, accordèut à la maladie une sorte d’invidualité, de personnalité extra-physiologique, qui viendrait s’ajouter à l’organisme et qui aurait ses lois propres indépendantes des lois physiologiques.
Un auteur a défini la maladie « une fonction qui conduit àla mort», par opposition à une fonction normale qui entretient la vie. Je n’ai pas besoin de dire que celte définition de la maladie me paraît une pure fantaisie. Toutes les fonctions ont pour objet l’entretien de la vie