‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 17 sur 156 · DÉFINITION DU DIABÈTE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DU DIABÈTE

et tendent constamment à rétablir l’état physiologique quand il est troublé. Cette tendance persiste dans tous les états morbides, et c’est elle qui constiiuait déjà pour Hippocrate la force médicatrice de la nature.

Ce n’est pas ici le lieu de nous étendre longuement sur la définition de la maladie en général. Nous avons Youlu seulement indiquer une conception qui nous servira de guide dans les études qui vont suivre. Nous considérons ici, je le répète, la maladie comme une simple perturbation fonctionnelle qui, à notre point de vue^ n’a rien d’extra-physiologique. Ce qui n’empèche pas qu’elle ne revête des caractères qui lui sont propres en suivant une marche qui retrace l’évolution progressive ou régressive de l’élément ou des éléments organiques atteints.

Quoi qu’il en soit de ces questions sur lesquelles nous reviendrons peut-être ailleurs, prenons les choses comme elles sont dans l’histoire de la science, et disons que d’abord on a considéré toutes les maladies comme des espèces d’êtres morbides distincts (entités morbides). Aussi, les médecins nosologistes ont-ils voulu les classer comme des objets d’histoire naturelle, comme des êtres vivants, comme des plantes ou des animaux.

Or, dans quelle place a-t-on mis le diabète ?

Il est incontestable que le diabète a été très-anciennement connu. S’il n’en est pas fait mention dans Hippocrate, si l’on n’en trouve que des traces douteuses dans Galien, on sait que leurs successeurs l’ont signalé et qu’Arétée en particulier l’a décrit.

Willis, médecin anglais, qui vivait au commencement

du xvif siècle, passe pour avoir le premier reconnu la qualité douce et sucrée des urines.

Sauvage (1) place le diabète dans sa neuvième classe des flux ou maladies évacuatoires {jluxus seu morbi evamatorii), et dans l’ordre troisième des flux séreux [seri fluxus) .

Sauvage examine ensuite les espèces diverses que présente le diabète, et il considère ;

1" Le diabète légitime ou vrai flux simple, caractérisé par une énorme augmentation de l’évacuation urinaire dans laquelle la graisse et la chair se fondent. Dans l’état normal ou de santé, il faut, dit Sauvage, qu’une moitié des liquides ingérés s’échappe à travers la peaii, par la transpiration cutanée, et que l’autre moitié disparaisse par les, urines. La perturbation de cette proportioii nécessaire entraîne l’état morbide.

2“ Le diabète anglais. Dans celui-là, on observe là même disproportion dans l’évacuation urinaire, mais de plus on constate dans l’urine la présence d’une matière sucrée. C’est le diabète proprement dit, le diabète sucré, le diabète méliturique.

3“ Le diabète hystérique. Écoulement exagéré d’urine familier aux femmes hystériques que la colère transporte.

h° Diabète artificiel [diabètes artificialis de liene). Malpighi avait observé qu’un chien auquel il avait lié les

(1) Sauvage, Nosologie méthodique ou distribution ' des maladies en classes, en genres et m espèces, suivant la méthode des Botanistes, huit volumes, Lyon, 1772.

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