VARIÉTÉS DD DIABÈTE
vaisseaux de la rate urine plus fréquemment qu’à l’ordinaire.
5” Diabète du vin {diabètes a vind) causé par l’abus du vin.
6" Diabète arthritique gouttemc {diabètes arthriticus) coïncidant avec une goutte invétérée.
7® Diabète fiévreux {diabètes febricosus de Sydenham). Il survient dans la fièvre tierce et chez des vieillards affaiblis mal à propos par les saignées et les purgations, etc.
Cullen plaçait le diabète dans la classe des affections spasmodiques sans fièvres (névroses) et dans la section des altérations spasmodiques des fonctions naturelles, entre la diarrhée ou le dévoiement et l’hystérie; c’est une sorte de diarrhée urinaire. Cullen n’admet que deux espèces de diabètes idiopathiques : r le diabète mielleux; 2“ le diabète insipide.
Pinel, qui avait résumé le rôle du médecin dans cette phrase : « Une maladie étant donnée, trouver sa place dans un cadre nosologique », et qui poussait l’amour de la nosologie si loin qu’il ne donnait aucun médicament à ses malades pour ne pas troubler les caractères réguliers de la maladie qu’il voulait classer, Pinel se trouva fort embarrassé quand il arriva au diabète ; aussi l’a-t-il classé avec les maladies litigieuses dans le groupe qualifié de «. Incertæ sedis ; » c’est-à-dire dont la position est incertaine. .11 imitait en cela de Jussieu qui, dans sa classification des plantes, avait réservé une catégorie de ce nom pour les cas douteux.
Au commencement de ce siècle, Nicolas et Gueude-
ville ayant regardé, à l’exemple de Rollo (1), le diabète comme une déAnalion de la fonction digestive, l’ont phthisiirie sucrée et l’ont défini : une consomption entretenue par une déviation spasmodique et continuelle des sucs nutritifs non animalisés sur l'organe urinaire (2).
Les classifications nosologiques n’avaient d’abord fait intervenir que les caractères extérieurs révélés par la simple observation. Mais d éjà les préoccupations de la doctrine organique s’imposaient aux médecins, et l’on cherchait a déterminer quel organe intérieur de l’économie était atteint et altéré. Les sciences naturelles avaient d’ailleurs subi une évolution pareille; après Linné qui n’observait que les traits extérieurs de l’être, d’autres naturalistes et surtout Cuvier en étaient venus aux caractères tirés de l'organisation proprement dite. On s’est donc demandé quel était l’organe malade dans chaque maladie afin dé là classer, en conséquence, suivant la lésion anatomique. . •
C’est alors qu’apparaissent les médecins organiciens ou anatomo-pathologistes qui se préoccupent tout particulièrement du diagnostic du siège. Et, sous ce rapport, j’en ai connu qui étaient aussi exclusifs que Pinel et qui cherchaient, « une maladie étant donnée, à déterminer pendant la vie les vrais caractères anatomo-
(1) John Rollo, Traité du diabète, des affections gastriques et des maladies qui en dépendent, traduit de l’anglais par le citoyen Alyou, avec des notes du citoyen Fouseroy. Paris, an vi.
(2) Nicolas et Gueudeville, RecAercAe^ et expériences médicales et chimiques sur le diabète sucré de la phtysurie sucrée, lues à lUnstitut national dans la séance du 14 fructidor et suivantes de l’an x. Paris, an xi-1803.