SYMPTÔMES DU DIABÈTE
Suivant qu’on avait accordé la prééminence à tel ou tel symptôme on s’était trouvé entraîné à étendre le nombre des maladies groupées sous lenom commun de diabète à toutes les afîections présentant en commun ce même symptôme. Pour ceux qui attachaient la plus grande importance à l’augmentation des urines , il ÿ avait un grand nombre de diabètes, parce que la polyurie est fréquente ; ceux qui s’attachaient surtout aux altérations qualitatives de la sécrétion urinaire envisagèrent comme un diabète véritable l’affection qui correspond à l’augmentation de l’urée, ou azoturie, et qui n’est autre chose que le diabète goutteux de Sauvage, etc.
Ici je veux vous montrer simplement que tous les symptômes précédents, qu’on appelle morbides, ne sont en réalité que des phénomènes physiologiques plus ou moins exagérés, et qu’au fond il n’y en a aucun qui ait été réellement créé par ce qu’on pourrait appeler l’état morbide.
Nous avons déjà insisté sur cette vérité quin’est généralement pas bien comprise. Nous avons dit bien souvent qu’il n’y avait pas de distinction réelle à établir entre la physiologie normale et la physiologie pathologique. L’une et l’autre étudient des phénomènes qui obéissent aux mêmes lois.
L’étude du diabèlé mettra particulièrement en lumière cette vérité. En effet, le diabète est caractérisé parles symptômes suivants : polyurie, polydipsie, polypbagie, autophagie et glycosurie. Aucun de ces symptômes, je le répète, n’est, à proprement parler, un phénomène nouveau, étranger à l’état normal, aucuir
n’est une production spontanée de la maladie. Tous, au contraire, préexistent, sauf leur intensité, qui varie à l’état normal et à l’état de maladie.
La polydipsie et la jtjo lyphagie . La soif et 1 appétit sont des phénomènes normaux physiologiques qui ne sont ici qu’exagérés.
La polyurie. L’excrétion urinaire est également un phénomène normal qui n’est ici qu’exagéré et devenu plus intense.
V autophagie, poussée dans le diabète au point d’entraîner la consomption, n’est elle-même qu’un état physiologique quand elle est maintenue dans de justes limites. On sait, en effet que Thomme et les animaux consomment leur propre substance et qu’ils se nourrissent, en réalité, aux dépens de leurs tissus. Au premier abord, on pourrait être tenté de croire que les aliments servent directement à la nutrition ; mais en descendant plus profondément dans l’étude du processus nutritif, on ne tarde pa:s à s’apercevoir que les choses se passent tout autrement. Les matériaux réparateurs ne sont mis en œuvre et ne remplissent leur rôle de reconstituants des différents tissus usés, de rénovateurs des organes, qu’après avoir été préalablement incorporés au sang et avoir servi à former des réserves nutritives qui sont ensuite dépensées pour les besoins de la nutrition. C’est donc véritablement aux dépens de sa substance, par une réelle autophagie, que l’animal s’entretient et fournit aux échanges nutritifs. Nous nous mangeons nous^mêmes, ou,-- autrem.ent dit,, nous dépensons les réserves nutritives que notre organisme a préparée