‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 27 sur 156 · EMPIRISME · texte numérisé non relu

EMPIRISME

cS5

n’avons pas encore trouvé l’élément ou les condilions ortraniques dans lesquels réside la cause du diabète et sur lesquels il faudrait porter le remède. Et c’est pourquoi nous restons livrés à l’empirisme et à ces improvisations thérapeutiques qui n’ont^d’autres règles que l’arbitraire ou la fantaisie du médecin. Il n’y a pas un seul point sur lequel on soit d’accord dans le traitement du diabète. On ne s’entend pas même sur l’influence du régime. Les uns suppriment avec le plus grand soin le sucre et les aliments féculents ; les autres, prescrivent le sucre comme moyen curatif (1). Quand aux médical ions proprement dites, on a administré tour à tour les substances les plus disparates, l’opium, la strychnine, la valériane, le bromure de potassium, l’iode, lesalcalis, l’hydrothérapie, l’électrisation, les sétons, les vésicatoires et les eaux minérales les plus diverses. Je n’entreprendrai pas d’examiner la valeur de chacun de ces modes de traitement; leur multiplicité même indique qu’il n’y en a aucun qui ait une supériorité reconnue (2).

Relativement au traitement du diabète, nous sommes donc encore aujourd’hui plongés dans l’empirisme le plus complet. Quels moyens avons-nous d’en sortir ? La clinique ne peut plus rien nous apprendre sur le diabète : on examine les maladt s depuis des siècles, et la clinique a fini son oeuvre essentielle; une seule voie nous reste ouverte, la voie, physiologique. C’est elle seule qu

- . de

>. oyez Benett, Leçons cliniques sur les principes de la pratique la médecine. Paris, 1873.

(2) Voyez Brouardel, Étude critique des diverses médications employées contre le diabète sucré, 1869.

g0 leçons SUR LE DIABÈTE.

Dous conduira au but scientifiquement pratique en nous faisant connaître la théorie vraie.

- Mais j’entends aussitôt les détracteurs de la méde, cine expérimentale s'écrier : « Vous nous bercez de vaines illusions. A quoi ont servi les découvertes » que vous avez faites sur la formation du sucre dans » les animaux? Ont-elles fait avancer d’un pas le traitement du diabète? » Sans doute, le traitement du diabète n’a pas été fixé jusqu’ici par les recherches physiologiques ; mais cela ne prouve qu’une chose, c’est que -si la physiologie du diabète a fait quelques progrès, elle n’en a pas fait assez ; elle n’est pas encore complète et laisse subsister beaucoup d’obscurités que dissiperont de nouvelles recherches. Çe serait donc à tort qu’on croirait aujourd’hui le problème physiologique du diabète résolu; il est à peine ébauché. Nous n’avons qu’une chose à faire, c’est de le poursuivre avec la conviction profonde qu’en, étudiant la question théorique nous marchons sûrement vers la question pratique.

Nous bornerons ici cette esquisse de l’état pathologique du diabète. Il nous suffit d’avoir montré le parallélisme de la pathologie et de la physiologie dans celte -affection. Maintenant il nous faudra chercher dans les expériences physiologiques les renseignements qui nous manquent relativement à cette maladie et leur demander la. connaissance de son mécanisme intime.

C’est ce qui fera l’objet des leçons qui vont suivre.

Page 1