‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 28 sur 156 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

SôMMÀiKE : La production du sucre dans le diabète se rattache aux phénomènes généraux de nutrition. — La nutrition est le phénomène le plus général de tout élément organique. — Etude des urines comme témoins des troubles de nutrition. — Urines acides et urines alcalines. — - Carnivores et herbivores, — Effets de l’inanition.. — Urines normales. — Leur analyse. — Procédés d’analyse qualitative. — Caractères organoleptiques; procédés physiques (densiraètres, polarimètres)! . — Caractères polarimétriquès de la glycose ei Ae. ldi saccharose. —, Pescription et figure des appareils polarimétriquès (saccharimètre). — Procédés cldmiques. — Réactifs de Moore, de Bœttger, de Trommer, de Barreswill, de Fehling. — VTOctàés physiologiques (fermentation).

Messieurs. , .

Le phénomène delà production du sucre dans le diabète n’est qu’un cas particulier d’uii phénomène beaucoup plus général, le plus général même dont les êtres vivants soient le théâtre, celui de la nutrition .

La nutrition constitue, en effet, la manifestation la plus universelle de la vie, celle qui, en réalité, la caractérise.

La vie n’est pas un principe ayant une existence objective, résidant en un point particulier du corps. La vie siège partout.

Le corps de l’animal est, en dernière analyse, un échafaudage, un agrégat d’éléments histologiques, véritables organismes, individus protoplasmiques minuscules, existant pour leur propre compte,- ayant leur

figure propre, leur évolution particulière, leurs pro^ priétés spéciales, leur façon de vivre et de mourir. Ces êtres autonomes sont associés et harmonisés comme des milliers de rouages qui concourraient au fonctionnement d’un mécanisme plus complexe.

Le résultat commun pour lequel sont associés et disciplinés tous ces éléments, l’harmonie qui résulte de leur concert, est ce qu’on a appelé d’un mot « la vie ». Il est facile de voir, dès lors, que la vie n’est pas un fait, c^’est une idée : c’est un être de raison, un substantif sans substance. Dans cette république d’éléments anatomiques qui n’est pas anarchique, où règne \ ordre, c’est X ordre que nous appelons la vie.

Scientifiquement, je le répète, la vie n’est pas un ait, ni un principe, ni une force. Le seul fait réel, c’est l’existence de propriétés ou de qualités spéciale dans les éléments anatomiques, propriétés qui se superposent et s’associent.

Les physiologistes qui ont voulu assigner un siège précis à la vie se sont trompés. Lorsque Flourens, après Galien et Le Gallois, a parlé du nœud vital et de cet espace, grand comme la tête d’une épingle, où résiderait le principe de la vie, il a commis une erreur^ un abus de mots. Le mécanisme de l’organisation a seulement en ce point une de ses pièces maîtresses, un de ses louages essentiels, le centre des actions respiratoires, auquel on ne peut toucher sans détraquer la machine tout entière chez les animaux supérieurs.

Bichat, en décentralisant le domaine de la vie, n’a peut-être pas été assez hardi, car, au lieu d’un foyer

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