DE LA NUTRITION
unique, iî s’est arrêté à trois foyers. Au lieu Ayi nœud vital, il a admis le trépied vital, avec ses trois branches, le cerveau, le poumon, le cœur. Il fallait descendre plus loin. La vie n’est nulle part concentrée, elle est partout répandue ; elle réside dans chaque élément organique.
Or,. la propriété commune, la propriété la plus générale, la propriété essentielle de tout élément organique, c’est l’irritabilité nutritive, c’est la nutrition. La nutrition consiste dans la fonction de l’élément qui attire les' principes du dehors, les incorpore pour un temps, puis les rejette : c’est la faculté d’être en relation d’échange constant avec le milieu qui le baigne par un perpétuel mouvement d’assimilation ou de désassimilation.
Or, cette propriété générale, la plus importante à connaître, est encore aujourd’hui la moins connue et la plus difficile à pénétrer.
La production du sucre que nous avons à examiner dans ce moment est un démembrement du problème général, un chapitre isolé, et le diabète est une perturbation de cette production normale. C’est en ce sens que nous avons pu dire que le diabète était essentiellement constitué par un trouble de la nutrition, d’autant plus grand que les sujets atteints sont plus jeunes, parce que chez eux la nutrition est beaucoup plus intense.
C’est dans les urines et dans quelques autres excrétions que nous cherchons extérieurement à apprécier les signes des troubles nutritifs. De tout temps, les urines avaient été considérées comme un liquide trè£-:m-
portant et comme un témoin très-sensible des perturbations de l’organisme. Fourcroy disait que l’urine est la lesàve du corps, enlevant les impuretés et les produits de décomposition de tous les organes et pouvant renseigner par conséquent sur leur état. Il y avait autrefois des médecins des urines qui s’en tenaient a Fexamen de ce seul liquide et en déduisaient des présomptions sur lesquelles ils bâtissaient le diagnostic et la thérapeutique. 11 en existe encore'.
Nous n’avons pas à examiner pour le moment la composition du liquide urinaire dans tous ses détails. Nous voulons seulement énoncer cette proposition générale, que toutes les variations si nombreuses que subit la composition de l’urine sont toujours en relation avec des variations survenues dans les conditions de la nutrition ou de l’alimentation.
Nous allons vous rendre témoins, à titre d’exemple, de certaines modifications physiologiques que l’ urine éprouve sous l’influence de l’alimentation.
Si l’on observe l’urine des herbivores, d’un lapin, d’un bœuf, d’un cheval, d’un mouton, par exemple, on la trouve généralement trouble, comme laiteuse et alcaline. Âu contraire, l’urine d’un animal carnivore, celle d’un chien, celle d’un homme, est transparente, limpide et acide, renfermant relativement plus d’urée, Ces différences ne sont aucunement liées à l’espèce animale; elles sont le simple résultat d’un régime alimentaire différent, et ce qui le prouve, c’est qu’on peut rendre Turine du chien alcaline et pauvre en urée en nourrissant 1 animal avec des pommes de terre, dn®