URINES NORMALES
apprendre que l’on peut avoir un point de départ fixe : ce sont les urines normales ou urines de l’abstinence, identiques chez tous les animaux. En donnant ensuite une alimentation déterminée, on pourra facilement discerner dans l’urine de la digestion ce qui appartient à l’alimentation, et suivre ainsi l’analyse des phénomènes de nutrition et d’assimilation propres à chaque aliment.
Appliquons les considérations qui précèdent à Fétude du diabète, et disons que le liquide urinaire fournira un des principaux caractères de la maladie : la présence du sucre ou la glycosurie.
L’analyse qualitative des urines, en général, est donc très-importante, et la recherche du sucre en particulier est chez les diabétiques d’un intérêt capital. Ce point doit avant tout nous arrêter.
Les moyens de recherche de la matière sucrée dans l’urine des diabétiques sont de quatre ordres :
Moyens organoleptiques ;
Moyens physiques;
Moyens chimiques ;
Moyens physiokgiques.
L’étude de ces procédés de recherches nous donnera donc l’instrument qui nous est absolument nécessaire dans nos investigations ultérieures.
Les caractères organoleptiques, d’après l’expression de M. Chevreul, se rapportent aux propriétés des corps qui ne peuvent se manifester qu’en agissant sur nos organes. Ainsi la saveur d’un corps, les réactions qu’il exerce sur certains tissus, sont autant de propriétés organoleptiques.
Les anciens médecins avaient surtout recours aux caractères les plus faciles, fondés sur la simple obser^ vation des sens. Us goûtaient, ils odoraient les urines suspectes et caractérisaient la présence du sucre par la saveur douce et sucrée et par une certaine odeur miellée du liquide. Mais il faut bien remarquer que l’on ne peut recueillir de cette façon que des renseignemenls très- grossiers. Pour que la saveur sucrée apparaisse dans le liquide urinaire, il faut que le sucre y existe en grande quantité. De plus, le sucre diabétique appartient, comme nous le verrons, à une variété chimique, la glycose\ dont la puissance sucrée est bien inférieure à celle du sucre ordinaire ou sucre de canne. Pour toutes ces raisons, la gustation constitue un procédé infidèle autant que répugnant; il ne permet de diagnostiquer que les diabètes très-marqués, dans lesquels la production sucrée est très-abondante. C’est à cause- de l’imperfection des moyens de reconnaître le sucre, que s’était établie chez nos prédécesseurs cette opinion que le diabète était une maladie inévitablement mortelle.
Lorsque les troubles pathologiques atteignent assez d.intensité pour donner un goût sucré à l’urine, le sucre se trahit encore à l’observateur de bien d’autres manières. Le linge des malades est taché comme s’il avait été imprégné d’un sirop poisseux et gluant. L’urine desséchée sur les vêtements de drap y laisse une sorte de poussière blanchâtre, tout à fait analogue, ou pour mieux dire, identique à celle qui recouvre les fruits conservés, les pruneaux secs, les raisins elles figues.