‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 35 sur 156 · SUCRE DES URINES · texte numérisé non relu

SUCRE DES URINES

tissus animaux et dans les urines des diabétiques. Au contraire, la saccharose ne s’y rencontre jamais.

La théorie qui consistait à imaginer que le sucre de canne ou sucre alimentaire non détruit passait dans les urines, est, d’après ce que nous venons de dire, absolument insoutenable. Cette supposition contient plusieurs erreurs, qui deviendront évidentes lorsque nous aurons avancé un peu plus loin dans l’étude qui nous occupe. Signalons immédiatement celle-ci que le sucre de canne n’est pas éliminé en nature; nous verrons qu’il est en effet modifié dans le canal intestinal par un ferment qui le change en sucre interverti.

On a préconisé, ainsi que je vous l’ai déjà dit, en Amérique et en Angleterre, et même en France, un traitement du diabète consistant à nourrir les malades avec du sucre de canne; l’examen auquel on s’est livré sur l’urine n’a jamais permis, que je sache, de reconnaître dans les sécrétions aucune trace de saccharose. Bence Jones, Griesinger etSloanesont unanimes sur ce point.

Cette circonstance que la glycose constitue la seule espèce de sucre qui se présente chez les diabétiques a permis bien souvent de démasquer des fraudes et des simulations. On rencontre quelquefois dans les hôpitaux ou même en dehors des hôpitaux des malades qui, dans un but difficile à comprendre, s’ingénient à tromper le médecin. Quelques-uns de ces malades ont essayé de simuler le diabète, mais avec une maladresse qui les a trahis immédiatement. En effet, ils ne trouvaient rien de mieux que d’ajouter du sucre à leurs urines, mais

simplement du sucre ordinaire ou sucre de canne, tandis que le sucre de fécule, la glycose, est la seule matière qui puisse s’y rencontrer. Le plus simple examen dévoilait donc la supercherie.

La simulation est plus difficile à découvrir, lorsqu’on mêle à Turine ou mieux que l’on injecte dans la vessie par le canal de l’urèthre une solution d’empois d’amidon. Bientôt, au contact du liquide chaud, l’empois se transforme en glycose et l’urine à l’émission se trouve alors chargée d’un sucre tout à fait semblable à celui des diabétiques.

Appareil polarimétrique. — Ce n’est pas ici le lieu de donner la description et la théorie des appareils polarimétriques.

Disons seulement qu’ils sont fondés sur les principes de la polarisation rotatoire posés par Arago en 1811 et développés plus tard par Biot. L’appareil saccharimétrique de Soleil, modifié par M. Duboscq, est aujourd’hui le plus habituellement employé.

Il consiste (fig. 1, page 104) en un tube de 20 centimètres de longueur, que l’on intercale sur le trajet d’un rayon polarisé, entre le polariseur et l’analyseur. Le plan de polarisation est dévié et l’angle de déviation est apprécié au moyen d’un quartz compensateur. Ayant l’angle de déviation, les tables de Glerget donnent la quantité du sucre (1).

L’opération, on le voit, est très-simple. 11 suffit d'avoir une quantité de liquide suffisante pour remplir le tube

(1) Voyez Annales de chimie et de physique, t. XXVI, p. 175.

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