‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 37 sur 156 · ANALYSE DES URINES · texte numérisé non relu

ANALYSE DES URINES

dans le sang ou dans les urines du diabète léger, ou dans les tissus, ou dans les sécrétions exige des moyens plus sensibles. La chimie nous les fournit. Et c’est précisément le jour où les chimistes nous ont mis en possession de ces moyens efficaces de déceler jusqu’aux moindres traces de matière sucrée et de la doser rigoureusement, c’est ce jour-là que les physiologistes ont pu aborder avec fruit les problèmes auxquels ils n’avaient encore pu s’attaquer. Moi-même, j’ai pu alors soulever et résoudre la question de glycogénie animale. C’est là un nouvel exemple, ajouté à tant d’autres, de cette solidarité qui relie toutes les sciences et qui fait servir les progrès de chacune aux progrès des autres.

Les procédés chimiques sont donc les plus délicats et les plus précieux. El comme les recherches nouvelles exigent une investigation plus difficile, puisque les gros résultats sont mis depuis longtemps en évidence, c’est à eux qu’il faut désormais avoir recours. C’est grâce à eux que nous pourrons résoudre un certain nombre de questions importantes encore en litige, telles que celles de savoir s’il existe du sucre dans furine d’une manière normale, soit chez l’homme, soit chez les femmes nour-< rices (1) ou chez les femmes enceintes, etc.

La chimie a fourni successivement des moyens dé détermination du sucre de plus en plus parfaits. Nous allons les examiner successivement : en agissant ainsi

(1) Voy, Ch. Leconte, Sur la recherche du sucre dans l’urine. [Journal de physiologie, octobre 1859). — Id. Recherches sur l'urine des femmes lo.ctaiion. [Recueil des travaux de la Société d’émulation pour les sciences pharmaceutiques, t. II, ctArchiv. génér. de médecine, août 1857.) — De

nous ne perdrons pas de vue l’étude pathologique qui fait l’objet de nos préoccupations. C’est, en effet, traiter ici une question de diagnostic spécifique.

La première réaction chimique que nous rencontrions est la réaction dite réaction de Moore, du nom d’un médecin de Birmingham qui le premier l’a appliquée à la recherche du sucre dans l’nrine. Celte méthode, fondée sur l’emploi des alcalis, avait été déjà indiquée en 1842 (1) par M. Chevallier qui s’en servit pour reconnaître la richesse des cassonades et la falsification du sucre de canne par le sucre de fécule.

La glycose, chauffée en présence d’un alcali, la chaux, la potasse ou la soude, éprouve des transformations qui se traduisent par un changement de couleur évident. La liqueur, précédemment incolore et limpide, jaunit et se fonce de plus en plus, en tournant au brun, puis au noir lorsque la quantité de sucre est assez considérable.

La nature exacte des transformations qui correspondent au changement de coloration n’est pas très-bien connue. On a comparé l’action des alcalis à l’action de la chaleur, qui donne naissance successivement à deux sortes de produits : d’abord à des composés caraméliques bruns, solubles dans l’eau; puis à des composés ulmiques noirs, insolubles dans l’eau. Cette action des alcalis revient, en somme, à une déshydratation dont les premiers produits sont V acide glycigue et acide

ulmique ; les sels potassiques correspondants

sont colorés du jaune au brun; plus tard apparaissent

(1) CheTaUier, Bulletin de la Société d’encouragement. Paris, 1842, P*

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