‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 40 sur 156 · RÉACTIFS CHIMIQUES DU SUCRE · texte numérisé non relu

RÉACTIFS CHIMIQUES DU SUCRE

essayer, urine diabétique, ou autre, une trace d’oxyde de bismuth ou de sous-nitrate basique de bismuth. On verse dans le mélange quelques gouttes d’une solution concentrée de soude caustique. Un précipité verdâtre, puis noir, se manifeste par l’ébullition et trahit la préseuce du sucre.

Ce procédé suppose que la liqueur ne contient aucune trace d’albumine. Le soufre qui entre dans la composition de cette substance donnerait avec le bismuth un précipité noir de sulfure de bismuth qui pourrait induire en erreur. Nous verrons plus tard que ce procédé peut être perfectionné en le combinant avec le procédé d’extraction de la matière glycogène.

Les réactifs dans lesquels on fait intervenir les sels de cuivre sont les plus employés. Il en existe deux principaux :

Le réactif de Trommer;

Le liquide de Barreswill et le liquide de Fehling.

Ces deux espèces de réactifs cuivriques sont fondés en réalité sur le même principe : Chauffée au sein d’une liqueur fortement alcaline, la glycose se décompose et s’oxyde aux dépens de ce qui l’entoure. Le protoxyde de cuivre CuO perd la moitié de son oygène et se traus-. forme en sous-oxyde, ou oxydule Cu'^0 qui se précipite sous forme de poudre jaune orange ou rouge.

Procédé de Trommer. — Le procédé de Trommer consiste à ajouter à la liqueur sucrée, successivement le sulfate de cuivre et la potasse. La potasse est doublement nécessaire à la réaction : d’abord pour faciliter l’oxydabon du sucre, comme nous venons de le dire, ensuite

pour saturer l’acide sulfurique mis en liberté par précipitation de l’oxydule. La teinte bleue et transparente du sulfate de cuivre est alors remplacée par une coloration rougeâtre plus ou moins foncée suivant la quantité de sucre. La présence du sucre se caractérise donc par la décoloration du liquide et la précipitation de l’oxydulé cuivrique.

- Procédé de Barreswil et de F ehling. — Ce procédé est extrêmement sensible. Il constitue un moyen de recberche fort précieux et très-commode.

La réactif de Barreswill contient réunies les deux substances queTommér faisait agir séparément. La solution exige, pour se faire, l’introduction d’une certaine quantité de crème de tartre ou bitartrate de potasse. Pour neutraliser l’acide en excès, il faut ajouter un peu de carbonate de soude au bitartrate.

Voici le manuel de la préparation du liquide :

On dissout 50 grammes de bitartrate de potasse et âO grammes de carbonate de soude dans 306 grammes d’eau ; on ajoute à la solution 30 grammes de . sulfate de cuivre. On porte à l’ébullition, puis on laisse refroidir.

D’autre part, on a dissous 40 grammes de potasse à la chaux dans 125centimètres cubes d’eau. On mélange les liqueurs et l’on ajoute de l’eau jusqu’à les amener au volume d’un litre. -

La liqueur de Fehling s’obtient à peu près de la même façon; seulement la soude caustique remplace la pe* tasse à la ehaux.

Le réactif, préparé comme nous venons de l’indiquer,

réactifs chimiques du sucre. 115

est conservé clans des flacons noirs, à l’abri des rayons chimiques de la lumière solaire pour éviter la précipi=* tation spontanée de l’oxydule de cuivre.

Il y a deux remarques à faire ici. D’abord la glycosé seule est manifestée par les réactifs de Barreswill et de Fehling ; la saccharose reste sans altération sous leur influence.

En second lieu, la réaction se développe instantanément à la température de l’ébullition ; elle est lente, mais peut s’effectuer à froid. '

Nous avons maintenant en main un procédé très-commode. Pour juger de la présence ou de l’absence du sucre dans une liqueur, il suffît d’y ajouter une petite quantité du réactif et de faire bouillir. S'il y a décoloration et précipitation d’une matière jaune ou rougeâtre (oxydule de cuivre), nous concluons à une réaction de la glycose.

La conclusion toutefois n’est absolument rigoureuse que lorsque l’on a tenu compte des exceptions que nous allons signaler. D’abord il faut savoir que d’autres substances que la glycose peuvent donner naissance au précipité d’oxydule ; — d’autre part, certaines substances peuvent empêcher le précipité alors même que la liqueur contiendrait vraiment de la glycose.

Les substances qui masquent la glycose sont : les sels ammoniacaux (car l’ammoniaque en excès redissout l’oxydule Cu^O en donnant une coloration bleue), les albuminoïdes, albumine, fibrine, créatine, créatinine, qui, sous l’action de la potasse à chaud, laissent dégager 1 ammoniaque. Aussi, la première chose à faire est de

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se débarrasser de ces substances si l’on en soupçonne l’existence*

Les matières qui agissent comme la glycose sont : les aldéhydes, Tacide urique, la leucine, l’hypoxanthine, le mucus, la cellulose, la tannine, le tannin, le chloroforme et le chloral, etc.

Une des opérations les plus importantes est donc de préparer le liquide organique qu’on veut examiner de manière à le débarrasser de toutes les substances qui peuvent tromper sur la présence du sucre. Il y a dans l’urine de l’homme, et des animaux carnivores en particulier, des matières qu’il importe d’écarter; nous y reviendrons plus loin en traitant la question de la présence normale du sucre dans l’ urine.

Voici une formule de préparation pour le liquide de Fehling qui est généralement employée :

On prend : Sulfate de cuivre . 36 s»' 46

Sel de Seignette . 200 00

Lessive de soude (24® Baumé) 500 cent, cubes.

On fait dissoudre et l’on ajoute une quantité d’eau suffisante pour faire un litre.

Procédés physiologiques. — Après les moyens chimiques, nous trouvons dans un quatrième groupe les moyens que nous appelons physiologiques, parce qu’ils reposent sur le développement d’organismes inférieurs spéciaux. Ils se réduisent à un seul : la fermentation.

Tout le monde sait depuis longtemps que les liqueurs organiques sucrées, abandonnées à une certaine température, subissent une fermentation qui donne de l’acide carbonique et de l’alcool. Quevenne est, je crois, le pre'

réactifs physiologïqües du sucre. 117 mier qui ait observé la fermentation spontanée dans les urines diabétiques et qui y ait retrouvé le dépôt de levùre de bière habituel à toute fermentation alcoolique;

Sous l’influence de la levùre de bière, Mycoderma Cerevisiœ, le sucre se dédoublé en alcool et acide carbonique.

Glycose. Alcool. Acide carbonique.

Pour constater la présence du sucre dans un liquide, on lui ajoutera de la levùre de bière et l’on placera le mélange dans un appareil convenable pour recueillir le gaz qui se développera, l’alcool restant en dissolution dans la liqueur. On constatera que le gaz formé est de l’acide carbonique en absorbant par de la potasse ou le faisant passer dans de l’eau de chaux ou de baryte, où il se produira un précipité dé carbonate dé ces bases. On pourra prendre ensuite lé liquide de fermentation pur ou lorsqu’il est mélangé dé potasse, le distiller et constater l’alcool à ses caractères physiques si l’on en a assez, ou à la réduction du chromate de potasse si l’on n’en obtient que de faibles quantités.

J’ai autrefois constaté sous le microscope la formation de levùre de bière dans les liquides organiqués sucrés. C’est un moyen que j’ai recommandé pour reconnaître le sucre dans le sérum du sang en particulier. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet.

Nous avons appris à reconnaître l’existence du sucré dans le liquidé urinaire. Mais cette simple constatation hé suffit pas ; il faut encore déterminer dans quelles proportions la matière sucrée s’y rencontre. Le problème

du iosage s’impose donc à nous, et il doit être résolu avant que nous songions à aborder fructueusement aucune recherche ultérieure, Nous devons être en état d'apprécier la quantité de glycose, de juger si cette quantité augmente ou diminue dans telle ou telle cir-, constance, et de combien elle a changé. Les procédés de dosage permettront de suivre ces variations et d’attribuer aux conditions qui les produisent la part d’influence qui leur revient. L’action des différents états physiologiques ou morbides, de l’abstinence, de la digestion, de l’alimentation, de la fièvre, des maladies, sur l’intensité de la glycosurie, voilà autant de renseignements indispensables au physiologiste et que les moyens docU masiques pourront seuls lui procurer. Le médecin n’a pas moins besoin de connaître l’influence de la médication qu’il a instituée et d’en mesurer l’efficacité,

Les procédés de dosage, ainsi que les réactifs euxmêmes, se réduisent à trois : les procédés physiques saccharimétriques; les procédés chimiques par le réactif cuprique dosé; les procédés physiologiques, la fermentation. Chacun d’eux peut faire connaître la quantité de matière sucrée du liquide urinaire; mais le procédé chimique' réunit seul les conditions d’exactitude et de sensibilité nécessaires pour la poursuite des recherches délicates. Cependant l’emploi du saccharimètre ou de la fermentation peut avoir, dans certains cas, des avantages spéciaux, C’est pourquoi nous devons nous en préoccuper ici.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons déjà dit du procédé physique de dosage saccharimétriqae

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