‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 47 sur 156 · ANALYSES DU SANG · texte numérisé non relu

ANALYSES DU SANG

revenir ici (1). Je vous rappellerai seulement que, parmi les substances diverses que l’on rencontre dans le sang, il en est qui viennent de l’extérieur et y retournent en nature : tels sont les éléments minéraux, l’eau, les gaz, etc. ; d’autres éléments organiques ou organisés du sang viennent au contraire du dedans, c’est-à-dire de l’organisme lui-même : c’est là que naissent, que se forment ces principes, c’est là qu’ils meurent ou se détruisent! Dans cette manière de voir, le sang n’est pas, comme on pourrait le croire d’après certaines théories, un simple résultat de liquéfaction alimentaire; c’est un produit, mais un produit modifié, pour ainsi dire sécrété, qui a évolué, et c’est précisément cette évolution qu’il est important d’étudier. A ce point de vue, le sucre a son évolution dans l’organisme, et nous devons nonseulement nous occuper de sa présence dans le sang, mais y considérer son origine et sa fin; car, ainsi que je le disais, le sucre est une de ces substances qui naissent et meurent dans le sang.

On peut dire que les progrès de la physiologie, telle que l’ont faite les recherches modernes, ont marché de pair avec ceux de l’analyse chimique du sang. On s’est d’abord contenté d’analyser le sang après l’avoir laissé se coaguler ; alors on prenait d’une partie caillot, d’autre part le sémm; on dosait et l’on étudiait dans le premier les globules et la fibrine qui les emprisonne; dans le second, l’eau, les sels et l’albumine qui le constituent essentiellement. Dans ces analyses, on considérait, mais

(1) Voyez leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie. Paris, 1875. (Leçons 1 et 2.)

à tort, le liquide qui imbibe les globules comme identique avec le sérum lui-même. Puis, au lieu de laisser la fibrine emprisonner les globules en se coagulant, on a obtenu cette substance en l’isolant par le battage : on a défibriné le sang. — Enfin, plus récemment, on a mis le sang, à sa sortie du vaisseau, dans des conditions telles qu’il pouvait conserver sa liquidité et ses propriétés physiques normales; la séparation de la fibrine et des globules s’effectuait alors spontanément et normalement, sans aucun artifice expérimental. Le froid, les sels de soude, etc., sont des moyens qui ont été mis en usage dans ce but, et dont je vous ai déjà entretenu à plusieurs reprises.

On est arrivé ainsi à déterminer successivement d’une manière plus précise la composition du sang et sa constitution, c’est-â-dire la manière dont les diverses substances qu’on y rencontre sont réparties dans ses différents éléments (globules, plasma, fibrine, sérum). Mais dans ces analyses, dont tous les traités de physiologie, même les plus élémentaires, présentent toujours un tableau résumé, on a pris l’habitude de négliger certaines substances, au nombre desquelles se trouve le sucre, soit que ces substances ne fussent qu’imparfaitement recherchées, soit que des notions incomplètes sur leur importance et sur leur présence constante dussent fatalement amener cet oubli. Il faut aussi se rendre bien compte de 1 état peu avancé de la chimie biologique, science aujourd’hui à peine ébauchée et si imparfaite que les chimistes les plus éminents lui accordent à peine le nom de science. Et, en effet, l’étude des substances orga-

Page 1