‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 48 sur 156 · ANALYSES DU SANG · texte numérisé non relu

ANALYSES DU SANG

niques les plus importantes pour le physiologiste, celle des albuminoïdes, par exemple, ne nous présente encore qu’une masse de faits incoordonnés, sans notions précises non-seulement sur l’évolution, mais encore sur la composition de ces substances; au milieu de ce chaos, la chimie animale n’est encore, à ce qu’il faut espérer qu’elle sera un jour, que ce que l’alchimie serait à la chimie moderne.

En entreprenant l’histoire chimique et physiologique du sucre dans l’organisme, et en la rattachant à l’étude du sang, nous chercherons non-seulement à établir, malgré de trop nombreuses lacunes, ce que pourrait être l’histoire complète d’un point de chimie physiologique, mais nous chercherons encore à montrer dans quel esprit et par quelle méthode d’investigation doivent être entreprises les recherches de chimie biologique. La chimie et la physiologie, malgré leur association apparente, ne sont encore que trop souvent complètement séparées dans leurs points de vue. Nombre de chimistes, à propos d’un fait purement chimique, se lancent dans des hypothèses de physiologie absolues et qui n’ont pas le caractère de mobilité et de spécialité des phénomènes de la vie; ils font de la physiologie chimique, mais non de la chimie physiologique. De même, les physiologistes qui se consacrent plus spécialement aux expériences sur les animaux ne se soucient pas assez, en présence d’une transformation qu’ils constatent dans l’organisme, de mettre leurs hypothèses en accord avec les lois précises de la chimie, à laquelle ils empruntent hardiment leurs explications;

ici encore nous ne trouvons pas le véritable esprit de la

chimie biologique.

Il faut, en effet, bien comprendre que dans les phénomènes qui se passent dans les êtres vivants, quoique les grandes lois de la chimie conservent toute leur rigueur, les procédés mis en œuvre sont le plus souvent différents de ceux que le chimiste connaît et étudie dans son laboratoire. Le point de départ, le résultat final peuvent être les mêmes; mais les moyens d’action, les étals de passage, les procédés en un mot sont autres dans les organes et les tissus que dans les cornues et les éprouvettes du chimiste.

Un exemple célèbre fera mieux comprendre notre pensée. Lavoisier découvre le phénomène intime qui constitue la combustion telle qu’elle se passe dans nos fourneaux, et il prouve que la combinaison de l’oxygène et des matériaux combustibles est la source de la chaleur dans ces circonstances; puis il voit que dans la resr piration se manifestent des résultats semblables : de l’acide carbonique est produit comme dans la combustion ordinaire du charbon, de la chaleur est dégagée. Dans les deux cas, les éléments qui se combineront sont les mêmes ; les produits de la combinaison sont identiques ; mais est-ce à dire que les procédés mis en œuvre par l’organisme ne diffèrent pas de ce qui se passe dans un fourneau allumé? Est-ce à dire que le poumon, au niveau duquel se dégage, l’acide carbonique produit par 1 animal, puisse être comparé, identifié avec ce fourneau? Les recherches plus modernes ont répondu par la négative à cette identification, que Lavoisier paraît avoir

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