‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 49 sur 156 · DIFFICULTÉS DE LA CHIMIE BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DE LA CHIMIE BIOLOGIQUE

conçue, mais que ses successeurs ont admise sans réserves. Les phénomènes de combustions organiques, quelque semblables qu’ils soient aux résultats de la combustion du loyer, en diffèrent complètement par leur intensité et par leurs procédés compliqués. Les sources et le mode de production de la chaleur animale, bien que cette chaleur ne diffère en rien, quant à sa nature, de. celle que dégage un charbon incandescent, sont si variés, si compliqués et si différents de ce qui se passe dans ce dernier cas, que cette étude, malgré les progrès qu’elle a accomplis dans ces dernières années, est encore une des questions les plus difficiles et les plus complexes de la physiologie animale.

Je citerai encore un autre exemple : de l’amidon est introduit dans le tube digestif, et bientôt on le trouve transformé en dextrine et en sucre. Le chimiste opère tous les jours une transformation semblable par l’ébullition et à l’aide des acides. Pourrons-nous en induire légitimement que dans les voies digestives l’amidon se trouve en présence d’acides puissants et d’une chaleur suffisante pour amener une transformation semblable? Nous savons bien aujourd’hui qu’il n’en est pas ainsi. L’amidon est le même dans les deux cas; le résultat de la transformation est également identique, et cependant il n’y a rien de semblable dans les procédés par lesquels la mutation chimique s’est opérée.

Il faut donc bien se garder de croire que tout est élucidé en chimie physiologique lorsque l’on a déterminé les points de départ et les résultats définitifs d’une transformation, d’une évolution chimique. Tout alors reste

encore à faire, car il faut déterminer, et c’est là le plus difûcile, les modes et les actions intimes, organiques et cellulaires, par lesquels s’opèrent ces transformations. Vouloir les induire à priori, en les comparant à ce que nous connaissonsen deborsde l’organisme età ce que nous pouvons réaliser dans le laboratoire de chimie, ce serait à peu près comme si, permettez-moi encore cette comparaison, après avoir constaté que l’organe de la torpille dégage de l’électricité identique avec celle de nos appareils de physique, nous supposions que cet organe renferme du cuivre et du zinc comme les piles qui sont nos sources ordinaires d’électricité.

Ces considérations générales (1) trouveront précisément leurs applications dans l’étude du sucre dans le sang; nous aurons, en effet, non-seulement à faire l’étude critique des procédés mis en usage pour révéler la présence de cette matière, mais encore, après l’avoir constatée, nous aurons à nous demander quelles sont ses sources : si elle vient uniquement de l’extérieur ou si l’organisme est capable d’en former ; et dans ce cas, de même que pour les transformations de cette matière elle-même, nous aurons à voir si les procédés dont se sert l’organisme sont les mêmes que ceux dont les analysés, les synthèses ou les dédoublements de la chimie de laboratoire peuvent nous donner l’idée.

Enfin l’étude du sucre dans le sang, en nous permettant d’aborder sans aucune idée préconçue la question d’origine de cette substance dans l’organisme, nous

(1) Voyez, pour de plus amples développements, De la physiologie générale, par Claude Bernard, p. 317, note 212. Paris, 1872,

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