‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 53 sur 156 · SUCRE DE LAIT · texte numérisé non relu

SUCRE DE LAIT

Les conclusions à tirer de ces expériences sont les suivantes:

1“ Il y a du sucre de lait dans le lait des chiennes nourries exclusivement à la viande et à l’eau.

S” Le régime lacto-sucré augmente considérablement la proportion du sucre dans le lait.

Une question se présente ici : le sucre en plus qui apparaît dans le lait à la suite du régime sucré est-il entièrement de la lactose ou se trouve-t-il de la glycose ou de la saccharose venant directement de l’alimentation? La question était facile à juger par la fermentation qui aurait décelé la glycose et non la lactose. Or, le lait de la chienne mis avec de la levure n’a fermenté directement ni pendant le régime lacto-sucré, ni dans le régime à la viande. Donc le sucre trouvé dans le lait était entièrement de la lactose, et était sécrété par la glande mammaire. Il serait difficile, en efîet, de comprendre comment le sang, qui ne contient normalement que 1 à •2 grammes de sucre par 1000, pourrait fournir un liquide (lait) renfermant 15 à 20 grammes de sucre pour 1000. Le sucre passerait plus facilement delà glande mammaire dans le sang; car, d’après les expériences de M. de Sinéty, le sucre apparaît dans l’urine quand on supprime l’évacuation lactée (1).

Procédé d’analyse du lait. — Nous avons employé la même méthode que pour le sang, avec cette différence que, la quantité de sucre étant plus cousidérable, flous étendons le lait avec de l’eau. On prend:

(1) Voyez Société de biologie. — Voyez aussi mes Leçons sur la physiologie expérimentale appliquée à la médecine, t. p. 427.

Luit . 5“

Eau distillée - 20“

Sulfate de soude. 25 gr., plus quelques gouttes d’acide acétique.

On fait bouillir.

On obtient un liquide limpide et transparent qu’on .dose par la liqueur cupro-potassique, comme pour le

fsang.

La théorie de la formation exclusive des principes immédiats par les végétaux ne peut donc plus être soutenue; il faut reconnaître cependant que cette discussion mémorable a donné une vive impulsion et un mouvement fécond à la physiologie.

La proposition que les graisses étaient exclusivement formées dans le règne végétal fut d’abord combattue par liiebig (1), qui montra qu’une oie nourrie de maïs avait accumulé, au bout d’un certain temps, beaucoup plus de graisse que n’en contenait le maïs consommé. Ces attaques donnèrent lieu à de nombreuses controverses et à ies expériences intéressantes; MM. Dumas et Payen montrèrent que le maïs contient beaucoup plus de substances grasses que ne le croyait Liebig, et que cette .^^quantité suffisait pour rendre compte de la graisse accumulée par l’animal. Mais Liebig répondit à son tour en .montrant que la plus grande partie de la graisse contenue dans les aliments se retrouvait dans les excréments (2). Ces savantes discussions se prolongèrent, en passant des expériences sur les oies à des expériences

{!) Comptes rendus de r Acad, des sciences, t. XV, p. 792.

(2) Comptes rendus, t. XVI, p. 553.

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