‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 64 sur 156 · CL. BEEîfAED · texte numérisé non relu

CL. BEEîfAED

de sourire : « Vous ne saignez pas vos malades ; cela, est vrai, dit -il à Magendie ; mais vos internes les saignent derrière votre dos. »

" Le lendemain malin, Magendie se plaignit vivement k moi de cette transgression qui avait pu être faite à ses ordres; et je dois déclarer que depuis cette époque aucun malade ne fut plus saigné. Les guérisons n’en furent pas moins constatées. Je me souviens en particulier d’un malade atteint de pneumonie double, en proie à une dyspnée des plus violentes, qui guérit sans saignée et fut même très-vite rétabli.

Bien plus tard, ces mêmes essais furent repris en Allemagne, ainsi que dans d’autres pays, et maintenant il est reconnu universellement que, si la saignée soulage momentanément la dyspnée, elle ne guérit pas la pneumonie. L’ancien traitement de la pneumonie est tellement renversé que non-seulement la saignée est proscrite, mais qu’on administre avec avantage, dit-on, aux malades des doses d’alcool, qu’on eût supposées, autrefois devoir produire dans la même maladie les effets les plus funestes.

Après cette digression, revenons à la constatation du sucre dans le sang de l’homme. Un de mes auditeurs assidus, médecin, m’ayant entendu parler de la difficulté de se procurer du sang d’homme dans les hôpitaux, et de la nécessité d’examiner le sang pour y constater le sucre au moment même où il sort de la veine, a bien voulu s’offrir pour vous donner cette démonstration. Ce matin, dans le laboratoire, une saignée de 300 grammes lui a été pratiquée à la veine basilique du

SUCRE DANS LE SANG DE l’hOMME.

bras. Voici le saug dans ce flacoD ; nous en avons traité une partie immédiatement par le sulfate de soude, et vous voyez qu’en ajoutant le réactif cupro- potassique à la décoction limpide que nous avons obtenue, il se forme un précipité abondant d’oxydule de cuivre. Nous traitons de nouveau devant vous une autre portion du même sang, et nous y trouvons encore du sucre ; mais demain tout le sucre sera sans doute détruit, et nous ne pourrons plus en constater la présence, à moins d’y avoir ajouté un peu d’acide phénique ou d’acide acétique pour ralentir cette destruction.

Nous venons d’avoir affaire à du sang d’homme bien portant, et nous le trouvons sucré; en serait-il de même dans des conditinos anormales, pathologiques ?

Les proportions de sucre varient dans l’état de' santé et de maladie ; cependant les choses ne se passent pas de même dans toutes les maladies, et la diversité même qui se manifeste peut fournir des renseignements précieux sur la nature des états morbides.

Il est clair que, dans les maladies où la proportion de sucre change peu, les troubles de la nutrition générale ne peuvent être de la même nature que dans celles où il finit par disparaître.

L’inflammation accélère considérablement la destruction du sucre. Au contraire, et c’est là un fait remarquable, il a semblé que dans les maladies infecîieiises, septicémiques, la substance glycogène subit une altération bien moindre.

Ainsi, la perturbation de la nutrition semblerait être dilférente dans les maladies inflammatoires et dans les

maladies infectieuses d’une autre nature. Nous rtods produit des septicémies ou des infections purulentes sur des chiens, et nous avons toujours trouvé le sucre normal. Au contraire, en donnant à l’animal une fièvre traumatique par une opération quelconque, par l’ouverture du canal vertébral, par exemple, nous faisons dimi. nuer et évanouir le sucre bien plus rapidement.

Toutes les maladies n’afiectent donc point de la même manière les phénomènes glycogénésiques.

Les considérations de cette nature pourront peut-être devenir très-utiles ultérieurement pour la détermination du mode d’action intime des agents morbides. Mais actuellement ces observations ne sont encore qu’à leur début. Toutefois nous devons distinguer ici deux ordres de phénomènes, l’un vital, l’autre purement chimique; l’arrêt de la formation du glycogène et la continuation de la transformation du glycogène antérieurement formé en sucre.

En résumé, la glycémie est un phénomène constant chez l’homme et chez les animaux. Le sucre ne disparaît du sang qu’au moment où la nutrition s’arrête complètement, et lorsque la nutrition s’arrête ainsi, la mort survient nécessairement. Dans les maladies qui font diminuer et disparaître le sucre dans le sang, on eu trouve cependant toujours des traces appréciables qui persistent jusqu’à la mort. Nous avons examiné le sang d’un grand nombre de chiens dans des agonies diverses, et toujours nous avons trouvé du sucre dans leur sang; mais, après la mort, ces traces de sucre disparaissaient très-vite. Si, au lieu de faire l’examen du liquide san-

répartition du sucre dans le sang. 229 guin immédiatement, on eût attendu une heure ou parfois même quelques minutes après la mort, on n’aurait certainement plus rien trouvé ; cela nous montre, pour le relever en passant, combien sont fautives et incomplètes les connaissances que l’on peut acquérir par les autopsies faites chez l’homme vingt-quatre heures après la mort. •

Nous vous avons déjà fait entrevoir, dans les leçons précédentes, que le sucre dont l’existence est permanente dans le sang y subit une destruction continuelle ; cela implique qu’il se renouvelle incessamment et qu’il y a par conséquent une source de sucre dans l’organisme. C’est vers cette source sucrée qu’il nous faut remonter maintenant.

Or, pour remonter à l’origine du sucre dans l’organisme, il ne nous suffira plus de constater sa présence dans le sang, il nous faudra encore apprécier la quantité relative qu’en renferment les difiérentes espèces de sang, afin de déterminer de cette façon les points de l’organisme dans lesquels le sucre se détruit et les points dans lesquels il se régénère.

Nous vous avons montré, dans une leçon précédente, les moyens à l’aide desquels nous dosions le sucre dans le sang, et indiqué les résultats relatifs aux diverses espèces de sang.

Voici de nouveaux résultats d’expériences que nous avons faites depuis la dernière séance.

Â. Sur un chien de taille moyenne, amené la veille de la fourrière et nourri le matin avec de la viande de bœuf cuite, on met à nu la veine crurale droite ; on y

fait pénétrer un tube d’argent muni d’un petit mandrin qu’on retire ensuite ; on laisse couler 25 grammes de sang.

On ouvre immédiatement l’artère du même côté, on introduit un tube dans son bout central et on laisse écouler 25 grammes de sang.

On traite par le sultate de soude et l’on dose les deux sangs par la méthode précédemment indiquée et l’on trouve :

Pour 1000 grammes de sang veineux, 0g'',73 de sucre (glycose) ;

Pour 1000 grammes de sang artériel, 1®M5.

On fait ensuite mourir l’animal d’hémorrhagie et l’on dose de nouveau le sucre dans 25 grammes des dernières portions du sang artériel. La quantité de sucre dans les dernières portions du sang est sensiblement la mêmè que celle qu’on a trouvée dans les premières parties. Nous avons remarqué qu’il en est autrement quand, au lieu d’être rapide, l’hémorrhagie est très-lente et dure plusieurs heures, pendant lesquelles l’animal devient languissant; alors le sucre augmente ordinairement dans les dernières portions extraites. Nous reviendrons ultérieurement sur l’influence des hémorrhagies sur la quantité du sucre contenu dans le sang.

B. Sur une chienne de forte taille nourrie de viande

les jours précédents, on recueille :

1“ Du sang (25 grammes) de la veine crurale droite ;

2° Du sang (25 grammes) de l’artère du même côté.

On obtient pour 1000 grammes de sang :

répartition du sücre dans le sang. 231 1" Dans le sang veineux, Og',99 de sucre ;

Dans le sang artériel, de sucre.

Deux ou trois heures après, on reprend du sang :

1® Dans la même artère crurale droite, \

2“ Dans la veine jugulaire, f

3® Dans le cœur droit, \ (25 grammes

4® Dans la veine cave inférieure, j

On traite par le sulfate de soude et l’on dose les trois liqueurs ; on obtient les résultats suivants :

gr.

1° Sang de l’artère crurale . 1,06

2® Sang de la veine jugulaire. . . . 0,67

3® Sang du cœur droit . 1,56

4“ Sang de la veine cave inférieure un peu

au-dessous du diaphragme . 1,28

Ainsi, le sang veineux de la veine cave inférieure vers la région diaphragmatique et celui du cœur droit sont bien plus riches en sucre que le sang de la veine jugulaire. C’est encore là un fait sur l’interprétation duquel nous reviendrons plus tard, nous constatons seulement les faits pour le moment.

Deux jours après, on reprend la même chienne, nourrie les jours précédents de viande, mais ayant fait le matin un repas de pommes de terre; on introduit une sonde par la même veine jugulaire ouverte deux jours plus tôt et on la pousse jusque dans la veine cave inférieure en dépassant le diaphragme; on aspire 25 grammes de sang. On retire ensuite la sonde jusque dans la ^eine cave supérieure; puis on reprend du sang dans artère crurale droite. On dose tous les sangs et l’on r»btient les résultats qui suivent :]

i® Sang de la veine cave inférieure . 1,38

2° Sang de la veine cave supérieure . 1,17

3® Sang de l’artère crurale droite . . 1 .53

Nous trouvons ici le sang de la veine cave supérieure et celui de la veine cave inférieure moins riches eu sucre, que l’artère crurale. Toutefois la veine crurale précédemment fermée, ayant été déliée, a fourni du sang qui était plus sucré que la première fois; il renermait 1,30 de glycose. La différence très-nette qui existe entre les richesses respectives des sangs veineux et artériel tend à s’effacer quand on trouble la circulation par des expériences trop répétées et des pertes de sang trop considérables. D’où nous tirerons dès à présent ce précepte très-important, de ne faire que de petites saignées, et sur deux vaisseaux seulement quand on veut obtenir des résultats aussi comparables que possible. Nous dirons en outre qu’il faut autant que possible faire simultanément l’extraction du sang des vaisseaux.

C. Sur un chien jeune, de forte taille, en digestion de viande, on met à nu la veine jugulaire gauche et Ton recueille par le bout périphérique 25 grammes de sang; on fait pénétrer la sonde par le bout central de la même veine jusqu’à l’entrée de la veine cave supérieure, et l’on retire encore 25 grammes de sang. On introduit ensuite une sonde jusque dans le cœur droit et les contractions cardiaques expulsent du sang noir dont on recueille 25 grammes. Tous ces sangs sont traités par le sulfate de soude et dosés. Voici les résultats pour iOOù grammes.

bépartition do sucre dans le sang. 235

gr.

Veine jugnlaire droite . . 0,91 de sucre.

Veine cave supérieure . 0,90 —

Carotide droite . 1^10 —

Cœur droit . 1,25 —

Ici encore nous trouvons le cœur droit plus riche en sucre que la veine jugulaire et la veine cave supérieure. Il y a sensiblement égalité, comme on le voit, pour le saug artériel et le sang du cœur droit.

D. Un chien de forte taille est nourri le matin de viande de bœuf cuite à laquelle on a ajouté 15 grammes de sucre candi.

Trois heures après son repas, on découvre l’artère crurale droite et l’on prend 25 grammes de sang. On traite immédiatement par le sulfate de soude et l’on dose. On obtient de sucre pour 1000. On découvre ensuite la veine jugulaire et l’on trouve 0®",95 de sucre pour 1000.

Là encore nous trouvons excès de sucre dans le sang artériel.

E. — Sur un chien à jeun, on recueille 25 grammes de sang de l’artère carotide, et à l’aide d’une sonde poussée jusque dans le ventricule droit, on extrait 25 grammes de sang. On obtient comme résultats comparatifs de dosages ramenés à 1000 grammes de sang : 1®',17 pour le sang artériel et l^^Sl pour le sang du ventricule droit. Ici le sang du ventricule droit est bien plus riche en sucre que le sang artériel.

Le tableau suivant contient l’ensemble des résultats des expériences précédentes.

Pour 1000 grammes de sang.

Nous n’avons eu qu’une seule occasion d’expérimenter sur l’homme. Le sang fut tiré de la veine du bras chez un sujet en bonne santé et dosé immédiatement; nous avons trouver 1®%17 pour 1000 grammes de sang.

MM. Chauveau et Delore ont fait sur le cheval, à l’aide du procédé de la fermentation, des dosages du sucre dans le sang artériel et veineux qui concordent entièrement avec les nôtres. Ils ont en effet toujours trouvé le sang veineux périphérique moins riche en sucre que le sang artériel. Voyez Compte rendu de l’ Acad, des Sc., t. XLII, P» 1008.

Nous n’insisterons pas sur les différences que le tableau précédent indique relativement à l’alimentation'. On voit que l’alimentation féculente accroît d’une manière peu sensible la proportion de glycose du sang.

L’observation générale la plus importante se rapporte à la proportion du sucre dans le sang artériel et veineux.

BÉPARTITIOxV Dû SOCRE DANS LE SANG. 2-35 Si nous comparons l’artère et la veine d’un membre, e’est-à-dire le sang qui pénètre dans les tissus avec le sang qui en sort, nous voyons qu’il y a toujours moins sucre à la sortie qu'’à l’entrée. Le sucre disparaît donc dans le membre .

Nous voyons, par exemple : sang artériel 1^,45 de sucre, sang veineux 0?'',73. Dans une seconde expérience, sang artériel 25, sang veineux 0-%99.

Nous ne parlons ici que du sang veineux des membres', et notre conclusion ne s’étend pas pour le moment au delà de ce point spécial.

On sait en effet que si le sang artériel peut être considéré comme possédant une composition sensiblement invariable, il n’en est plus de même du sang veineux. Ou doit considérer autant d’espèces de sang veineux que d’organes, car chacun a sa fonction spéciale et chaque tissu modifie la constitution du liquide sanguin suivant ses besoins et ses propriétés. Les études que nous avons faites l’année dernière à propos de la chaleur animale nous ont permis de développer celle vue Et d’en vérifier très-souvent l’exactitude.

Ainsi, deux faits doivent être retenus dès à présent :

1“ Constance du sucre dans le sang artériel. La proportion normale pouvant être fixée approximativement à 'D‘',5 pour 1000.

2“ Diminution du sucre dans le sang des veines périphériques.

La différence peut être quelquefois considérable. On peut même ne plus trouver que des traces de glycose ^ians le sang veineux. C’est ce qui semble arriver dans

certains cas pour le sang de la veine Jugulaire. Quant au sang de la veine porte, nous savons déjà, d’après les expériences antérieures, qu’il contient de faibles quantités de sucre chez l’animal à jeun. Pendant la digestion ou après l’ingestion des substances féculentes, la veine porte absorbe et contient une proportion notable de matière sucrée.

Ainsi, notre analyse topographique, pour ainsi parler, nous conduit à distinguer, au point de vue du sucre, les sangs veineux les uns des autres.

Ces expériences prouvent que le sucre disparaîten général au contact des tissus, et qu’il y a des organes qui les détruisent plus activement que d’autres.

Mais cette disparition du sucre dans les organes périphériques nous démontre la nécessité d’un renouvellement continuel, d’une source physiologique de sucre, comme nous l’avons dit maintes fois.

L’année dernière, en étudiant la chaleur animale, nous avons reconnu que le sang se refroidit dans les veines de la périphérie : au contraire, que le sang se réchauffe dans les viscères, et qu’ainsi la perte est perpétuellement compensée.

Ici, il semble en être de même pour le sucre. Le sang veineux, relativement pauvre en sucre aux extrémités, s’enrichit à mesure qu’il approche du cœur droit, et là il a une richesse en sucre égale et même supérieure à celle du sang artériel. Il a donc accru sa provision de sucre dans son trajet. La source de glycose est donc comprise entre la périphérie et le cœur droit.

Ainsi, nous avançons toujours plus profondément

SOURCE GLYCOGÉÜ^IQÜE DU SANG. 237

4jaos notre problème en passant d’un phénomène à i’anlre. Nous sommes partis de la présence du sucre dans l’urine ; nous en avons retrouvé l’origine dans le ^î]g; nous limitons maintenant la source de production dans une partie de l’appareil circulatoire. Il nous faut encore un effort pour préciser d’une façon absolue ce foyer glycogénique. Nous essayerons d y arriver dans les séances prochaines.

NEUVIÈME LEÇON

SoMHAiKE : Origine alimentaire du sucre. — Siège de la digestion des féculents. — Identité des glycoses du sang, de l’urine diabétique et du sucre de fécule. — Formation desucre de fécule dans l’intestin grêle. — Digestion de la saccharose. — Formation de sucre interverti, — Rôle du suc intestinal. — Procédés pour obtenir ce suc. — Découverte du ferment inversif.

Messieurs,

Ea recherchant l’origine du sucre contenu dans le sang, nous voyons immédiatement que cette origine doit être double. En effet, il est possible que l’alimentation introduise de la matière sucrée dans le sang; d’une autre part, le sucre qui persiste chez un animal soumis à une abstinence prolongée pendant huit, dix, quinze jours et plus, ne provient pas de l’alimentation et doit avoir une autre source.

Nous allons examiner successivement ces deux origines delà matière sucrée dans l’organisme, l"une extrinsèque et accidentelle, l’autre intrinsèque venant d’une source organique constante.

L’alimentation peut introduire de deux manières du sucre dans le liquide circulatoire :

Par la digestion des matières féculentes ;

Par, la digestion des matières sucrées proprement dites, de la glycose, de la saccharose et de la lactose.

linons reste à justifier ces assertions par des expé-

double source de la glycémie. 2o9

riences probantes. C’est ce que nous ferons aujourd’hui- Il vous sera prouvé que certains aliments peuvent bien réellement introduire la glycose dans l’économie : il vous sera montré aussi comment se fait cette introduction. Mais nous constaterons de plus que si celte origine assignée à la matière sucrée par les anciens auteurs est incontestable, elle est néanmoins accidentelle et en quelque sorte insignifiante au point de vue de la glycémie physiologique. Elle ne suffit pas à expliquer tous les faits, mais seulement certains faits. C’est qu’il y a, en dehors de cette fabrication alimentaire de matière sucrée, une autre fabrication organique plus constante et plus active : il y a une autre source moins variable et moins capricieuse.

On savait avant nous que le sucre pouvait provenir d’une digestion régulière; on savait qu’une portion des aliments, les aliments féculents, était susceptible de se transformer en matière sucrée. Mais on admettait de plus que ce devait être l’origine unique de la glycémie normale. Nous établirons, quant à nous, que ce n’est là qu’une origine accessoire.

Les matières féculentes peuvent entrer dans l’intestin sous deux états : à l’état cuit, hydraté, comme dans le pain et dans l’amidon qui a subi l’action de la chaleur, et à l’état cru non hydraté comme dans la pomme de terre, certains légumes et un grand nombre des végétaux dont les animaux se nourrissent.

Sous quelque forme que les matières féculentes existent, elles sont insolubles et ne peuvent prendre part aux opérations de la vie qu’à la condition d’être liqué-

fiées, qu’à la condition d’être absorbées après avoir été transformées en dextrine, puis en glycose.

Cette transformation est déjà commencée dans le pain elle se continue dans les premières parties du tube digestif, dans la bouche, sous l’influence du ferment salivaire. La fécule crue ou même cuite de la pomme de terre et des légumes n’est, au contraire, attaquée que plus loin, après une macération préalable dans l’estomac, sous l’influence du liquide pancréatique et des fluides intestinaux.

Ainsi s’explique la contradiction entre certains auteurs qui placent le siège de la digestion des féculents dans la bouche et d’autres qui le placent dans l’intestin. Les uns et les autres ont partiellement raison. Leur opinion ne s’applique pas au même fait.

Quoi qu’il en soit, le résultat définitif est toujours le même. Les féculents, hydratés ou non, plus tôt ou plus tard, fournissent toujours de la glycose^ c’est-à-dire le même sucre que nous avons retrouvé dans le sang normal et dans les urines des diabétiques. Au point de vue chimique, il n’y a aucune distinction à établir entre tous ces sucres; ils sont chimiquement et physiquement identiques. Le sucre de fécule ou d’amidon, le sucre diabétique, le sucre du sang , ont tous pour formule ils se détruisent tous sous l’influence des alcalis ; fermentent immédiatement, réduisent les sels cupropotassiques, dévient à droite le plan de la lumière polarisée. Il n’est donc pas possible de distinguer le sucre du sang du sucre de l’intestin, et il est naturel quon ait pensé que le dernier était la source du premier.

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