‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 66 sur 156 · CL. BEKAHD · texte numérisé non relu

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mal, et l’essai que nous en faisons maintenant en pre. nant le chyme dans l’estomac ne nous laissera pas de doute à cet égard.

L’animal est en pleine digestion stomacale ; cependant une partie du chyme a déjà passé dans l’intestin et des chylifères blancs nombreux émanent de l’intestin grêle.

Nous faisons bouillir le contenu de l’estomac dont la réaction est acide, avec du sulfate de soude et un peu de charbon animal. Nous obtenons un liquide limpide qui ne réduit nullement le liquide de Fehling, preuve qu’il n’existe point de glycose dans l’estomac.

Nous allons examiner maintenant le contenu de l’intestin grêle et en faire l’analyse au point de vue du sucre qu’il pourrait renfermer. Le procédé qui convient ici est celui auquel nous avons déjà eu recours, c’est le traitement par le sulfate de soude auquel nous ajouterons un peu de noir animal pour décolorer la solution. En effet, le charbon animal seul ne précipiterait point les peptones, c’est-à-dire les substances albuminoïdes qui résultent de la digestion de la viande. D’autre part, ainsi que nous l’avons dit, les substances albuminoïdes doivent être écartées toutes les fois que l’on recherche la glycose.

Le sulfate de soude, surtout si l’on y ajoute quelques gouttes d’acide acétique cristallisable, débarrasse les liqueurs organiques de ces substances albuminoïdes. C’est là la raison de la préférence qu’il mérite pour la détermination actuelle.

C est pour conserver les avantages de l’emploi du

ORIGINE ALIMENTAIRE Dü SUCRE. 2/^3

charbon qui décolore d’une manière parfaite les matières d’essai, qu’on mélange le charbon animal au sulfate de soude. Cette façon de procéder donne les meilleurs

résultats (1) •

Le contenu de l’intestin nous fournit un résultat tout aussi net et tout aussi négatif que le contenu de l’estomac.

Maintenant, si nous prenons du sang chez cet animal dans l’intestin duquel il nous est impossible de trouver la moindre trace de sucre (glycose), nous constatons qu’il renferme du sucre en notable quantité.

Cette expérience a été répétée avec des animaux soumis pendant très-longtemps à l’alimentation azotée: toujours elle a donné les mêmes résultats. J’ai conservé des chiens maintenus pendant plus d'un an à ce régime exclusif dans cette durée le phénomène n’a point varié : absence constante du sucre dans l’intestin, pendant la digestion, et présence invariable du sucre dans le sang.

Deux conclusions ressortent de cette expérience :

1° Chez l’animal bien portant, à jeun ou en diges- ■ tion de viande, le sang renferme constamment du sucre.

2“ Il n’y a jamais de sucre dans le tube digestif d’un animal nourri avec de la viande, quoiqu’il y en ait toujours des quantités notables dans son sang.

Il est donc impossible dans ce premier cas d’expliquer la présence du sucre par l’alimentation.

(i) On pourrait aussi employer le sous-acétate de plomb qui précipite l>ieu toutes les matières albuminoïdes;

Passons maintenaut à l’exameii du second chien nourri exclusivement de matières féculentes. Ou a donné à ce chien un repas de pommes de terre cuites et mélangées d’un peu de graisse pour les rendre plus appétissantes. Cet animal naturellement carnivore se trouve ainsi placé artificiellement dans les conditions de l’herbivore.

Nous ouvrons l’estomac et nous examinons le chyme; naturellement, la réaction est celle du suc gastrique, fortement acide, comme chez le chien en digestion de viande. Nous prenons une partie du chyme et nous y versons quelques gouttes de teinture d’iode. Nous constatons la réaction bleue caractéristique de l’amidon. Ainsi, l’estomac contient encore une grande quantité de fécule à l’état d’amidon. Nous filtrons ensuite une partie du chyme et nous obtenons un liquide limpide et acide que nous essayons avec le liquide de Fehling. Nous trouvons une réduction, il est vrai, mais très- faible et indiquant seulement de petites quantités de glycose. Le fluide salivaire n’a donc pas suffi à transformer la matière féculente de la pomme de terre. Ce résultat ne nous étonne pas, car nous avons déjà fait observer que la sécrétion salivaire mixte n’agit que sur la fécule ou même sur l’amidon hydraté, tel qu’il existe dans l’empois, dans le pain azyme et dans le pain ordinaire. La digestion des matières féculentes se fait, en réalité, dans l’intestin.

Nous ne trouvons donc pas de sucre d’une manière très-notable dans le liquide stomacal. Le sucre n’apparaît réellement en quantité considérable que plus bas, dans l’intestin grêle. Si, en effet, nous examinons le

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