EXPÉRIENCES
moDtre déjà les résultats du parallèle entre le sang qyj va au poumon el celui qui en revient. — Or, en péaé. trant parle deuxième espace intercostal, M. Chauveau est parvenu à ponctionner les gros troncs pulmonaires et à en extraire le sang : dans ces circonstances, trouvé sensiblement les mêmes quantités de sucre dans le sang qui vient du poumon et dans celui qui y va ; voici les nombres qu’il a donnés, en les calculant pour 100 de sérum :
Veine pulmonaire. Artère pulmonaire.
Nous pourrions donc résumer toutes les recherches précédentes en disant :
1” Le sang, dans le système artériel, garde sensiblement sa teneur en sucre ;
2" Il s’appauvrit en sucre en traversant les membres et la tête dans les capillaires périphériques; car le sang veineux de ces parties revient moins sucré;
3” Cependant, quand le sang veineux est revenu au cœur droit, il présente en sucre la môme richesse que le sang artériel primil if.
Le sang veineux a donc trouvé, pendant son retour au cœur, une source où il s’est chargé de sucre. Cette source, nous le savons, c’est le foie ; tandis que dans oiis les tissus, dans toutes les glandes, le sang veineux qui sort est plus pauvre en sucre que le sang qui entre; dans la glande hépatique seule on trouve le contraire, c’est-à-dire une plus grande richesse de cette substance dans les vaisseaux efférents que dans les vaissee,ux afférents.
j\'ous avons vu que la présence constante du sucre dans le foie et dans le sang peut se démontrer dans les états pathologiques. aussi bien que dans l’état de santé parfaite. C’est à tort que nous avons émis autrefois l’opinion que le sucre disparaît du sang et du foie dans certains états morbides. Dans des recherches cliniques aussi bien que dans des analyses faites sur des chiens malades et mourants, à la suite de nombreuses vivisections et de suppurations abondantes, nous avons toujours trouvé du sucre dans le sang, depuis que nous avons appris à nous mettre en garde contre toutes les sources d’erreurs et contre les causes de destruction de cette substance. Dans une récente analyse sur un chien mourant, qui succombait à une série de plaies produites par diverses vivisections, nous avons encore trouvé dans le sang général une proportion de sucre de 0,70 pour ÎOOO.
Ce que nous venons de dire du sang est également vrai du foie; cette glande contient toujours du sucre, mais des traces si faibles qu’elles disparaissent rapidcr ment après la mort de l’animal.
Conclusion. — Nous sommes parvenus dès maintenant à établir :
1“ La présence constante du sucre dans le sang ; c’est donc par suite de l’imperfeclion de la chimie physiologique que les traités sur cette matière, môme les plus récents, ne donnent pas, dans l’énoncé de leurs analyses, le sucre comme un des éléments constants du sang. Nous espérons que celte lacune sera désormais comblée.
Le sucre, comme d’ailleurs toutes les substances
organiques du sang, présente une véritable évolution chimique; il naît dans l’organisme, il y disparaît eu subissant des mutations incessantes. Ce sont ces carac tères de mutabilité évolutive qui constituent réellement la chimie biologique, telle que nous l’avons définie dans nos considérations préliminaires.
3“ Il nous restera encore deux questions à élucider au même point de vue critique et expérimental : la genèse du sucre dans le foie, et sa destruction dans les tissus.