‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 80 sur 156 · AMIDON ANIMAL OU GLYCOGÈNE · texte numérisé non relu

AMIDON ANIMAL OU GLYCOGÈNE

sout les acides énergiques azotique, sulfurique chlorhydrique, la vapeur d’eau surchauffée ; enfin un agent naturel, la diastase végétale, découvert par Payen et Persoz en 18/|0, matière regardée comme albuminoïde, capable de transformer environ deux mille fois son poids d’amidoii en dextrine puis en glycose. Un autre agent naturel, tout à fait analogue au précédent, se rencontre dans les liquides du tube digestif, salive, suc pancréatique : on Ta appelé diastase animale. Ce diastases appartiennent au groupe des ferments solubles : l’opération qu’ils accomplissent est une fermentation : leur caractère général, est d’être des substances albuminoïdes et de pouvoir se redissoudre dans l’eau après’ avoir été précipités dans l’alcool.

Le glycogène peut subir la même espèce de transformation que les matières amylacées végétales. Le suc pancréatique, la salive, font passer le glycogène à l’état de dextrine, puis de glycose. Il nous suffit, comme vous le voyez, de mêler une partie d’une infusion pancréatique à cette décoction opaline de glycogène pour voir la liqueur devenue limpide. Le réactif de Barreswill manifeste alors la présence du sucre par la production de l’oxydule cuivrique.

Cette transformation du glycogène en glycose nous intéresse au plus haut degré, car nous allons voir qu'elle explique précisément la production du sucre dans le foie.

Pour résumer tout ce qui précède, nous dirons que le glycogène est une espèce d’amidon animal, ayant les

propriétés et les caractères de l’amidou végétal, mais possédant en général moins de stabilité.

Le rôle physiologique est le môme pour cet amidon animal et pour l’amidon végétal. C’est une réserve qui ne peut être directement utilisée sous sa forme actuelle, et qui doit être préalablement changée en sucre pour participer au mouvement de la nutrition. Le temps pendant lequel la matière amylacée attend sa transformation est différent dans les deux règnes, plus long dans les végétaux où la fécule s’amasse souvent une année avant d’être utilisée, plus court dans les animaux où le glycogène n’attend parfois sa mise en œuvre que pendant quelques instants ou quelques heures. De là une stabilité plus grande de l’amidon végétal, une fixité moindre de l’amidon animal.

La production du sucre dans le foie se trouve ainsi éclairée du jour le plus vif par les faits que nous venons d’exposer.

La matière glycogène existe dans le foie en grande quantité. C’est elle qui donne à la décoction filtrée du tissu hépatique l’opalinité qu’elle présente. El la preuve qu’il en est bien ainsi, ’c’est que l’opalinité disparaît si nous venons à ajouter quelque goutte d’un ferment diastasique capable de changer l’amidon en sucre. Dans le foie, il existe un ferment de cette nature, le ferment hépatique qui, à chaque instant, fait passer à l’état de glycose une partie du glycogène formé au sein des tissus de la glande. Ce n’est donc point une force particulière à 1 animal qui change le glycogène en sucre, ce n^st point « une force vitale hépatique » ; c’est un phéno-

la glycogénie comprend deux actes. 307 mène d’ordre puremeot chimique qui a lieu pendant la yie et après la mort.

L’agent ou ferment glycosique hépatique peut être obtenu comme tous les autres ferments par dissolution dans l’eau, puis précipitation par l’alcool. Le froid ralentit son action. L’eau bouillante le coagule, et c’est pour obtenir ce résultat et pour le réduire à l’impuissance qu’on saisit par l’eau bouillante le tissu du foie d’où l’on veut retirer le glycogène. Si l’on n’agissait pas ainsi, une partie du glycogène se transformerait en sucre pendant réchauffement graduel de l’eau, et l’on n’eu retrouverait plus les quantités normales.

En résumé, la formation du sucre dans le foie s’accomplit en deux actes : un acte que nous appellerons pour le moment vitol^ c’est-à-dire subordonné à l’influence de la vie, parce que nous ne pouvons pas encore le réaliser en dehors de l’organisme, c’est la production, la sécrétion de la matière glycogène dans le foie ; un acte chimique qui correspond à ce que nous avons vu se passer dans le foie lavé, qui s’accomplit cependant dans l’organisme vivant, aussi bien qu’en dehors de lui après la mort.

En d’autres termes :

L acte chimique^ c’est la transformation du glycogène CD sucre.

L acte mtal, c’est la production du glycogène au sein du tissu vivant.

^ un point de vue plus général, on peut dire que deux actes sont inverses l’un de l’autre. L’un, la production du glycogène, est un phénomène de syn^-

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