LIGATURE DE LA VEINE PORTE
organes deviennent exsangues et l’aniinal meurt réellepent d’anémie.
L’oblitération ne doit pas être réalisée brusquement. Elle doit se faire lentement, par degrés.
Voici comment se pratique l’opération : on ouvrira rabdomen sur la ligne blanche au-dessous du sternum, on passera une ligature autour du vaisseau qu’on isolera de l’artère et des nerfs hépatiques, sans oblitérer complètement sa lumière. L'existence de ce lieu ne tarde pas à amener une inflammation suivie bientôt d’obstruction du vaisseau. L’imperméabilité met ainsi quatre à six jours à s’établir; l’animal ne meurt pas, il revient très-rapidement à la santé. Il ne faut pas négliger cette autre prescription d’opérer sur un animal jeune et à jeun : les causes d’inflammation seront ainsi mieux évitées.
En opérant avec les précautions que nous venons d’indiquer, l’accumulation du sang dans les viscères est singulièrement atténuée. Le sang de l’intestin est ralenti mais non complètement arrêté. La circulation complémentaire s’établit grâce aux anastomoses. Ces anastomoses sont de trois espèces :
Ce sont d’abord les veines hémorrhoïdales moyennes et inférieures, qui communiquent par quelques rameaux avec la veine honteuse interne, de là avec l’hypogastrique ou iliaque interne et avec la veine cave inférieure.
Ces communications prennent un développement considérable dans le cas d’obstruction de la veine porte et permettent le rétablissement du cours du sang.
En second lieu, les veines des parois de l’abdomen
permetteot, par les veines épigastriques, la décharge dans la veine cave inférieure des vaisseaux spéniqueset de leurs affluents.
Enfin, les communications très-ténues et très-rudimentaires qui à l’état normal existent entre la veine porte et la veine rénale prennent un développement considérable. Ces rameaux anastomotiques sont les vestiges d’une disposition très-marquée chez certains groupes du règne animal, chez lés oiseaux, par exemple, où le canal d’union entre la veine porte et la veine rénale constitue la veine de Jacobson.
Grâce à ces anastomoses, les premiers accidents de l’accumulation du sang dans les viscères et de l’anémie cérébrale se trouvent conjurés. La circulation générale n’est pas troublée : la circulation particulière du foie est seule modifiée. Les substances alimentaires ne traversent plus directement cet organe ; les parties absorbées arrivent au cœur sans avoir passé par la glande hépatique; la première élaboration qu’elles reçoivent leur est donnée dans le poumon.
Quelle est donc la différence entre la situation créée à l’animal par l’expérience et la situation normale? L’action du foie est-elle supprimée entièrement sur les matières absorbées par la veine porte, ou bien ces matières arrivent-elles au foie par une autre voie indirecte?
On sait que le passage de la veine porte dans le foie n’est pas une condition indispensable. 11 y a des cas d’anomalie observés chez l’homme dans lesquels la veine porte allait se jeter directement dans la veine cave sans traverser le foie. Chez les animaux, des faits semblables