‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 84 sur 156 · LIGATURE DE LA VEINE PORTE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE LA VEINE PORTE

out été constatés, et je puis vous montrer ici une pièce (Je ce genre prise sur un jeune chien qui se portait très-bien. Les veines mésaraïques vont se rendre dans les veines azygos inférieures. Le foie n’a pas de veine porte; il est appendu, en quelque sorte, par les veines sus-hépatiques qui forment un tronc long de 2 ou 3 centimètres avant de se jeter dans la veine cave. On sait d’ailleurs que, dans beaucoup de cas pathologiques, il se produit des oblitérations totales ou partielles de la veine porte. En réalité, l’expérience que nous avons pratiquée n’a fait que reproduire une anomalie que la nature présente souvent.

Nous avons voulu savoir si alors le sucre ingéré dans l’estomac se trouve plus facilement dans le sang et dans les urines.

Mais le passage du sucre n’est pas un fait absolu ; il est, au contraire, proportionnel à la masse des substances, amylacées ou sucrées, ingérées directement.

Quand sur un chien de 3 kilogrammes, par exemple, dont la veine porte a été liée, on ingère dans le canal • intestinal 10 ou 15 grammes de sucre de canne dissous dans 20 ou 30 grammes d’eau ; on constate, une demiheure ou trois quarts d’heure après, qu’il a passé dans l’urine du sucre interverti déviant à gauche, tandis que chez un chien de même taille et dans les mêmes con- ^ ditions, mais n'ayant pas la veine porte liée, si l’on ingère la même quantité de sucre dans l’intestin, il ne passe généralement rien dans les urines. Il semblerait que, chez le chien sain, une partie du sucre s’arrête et disparaît plus facilement à son passage dans le tissu hépa-

tique, que chez le chien dont la circulation du foie a été obstruée.

On peut encore arriver à la même démonstration d’une autre manière. Si l’on injecte dans la veine jugulaire d’un chien, par exemple, une certaine quantité de glycose, on constate que le sucre passe plus facilement dans les urines que si l’on fait la même injection dans la même quantité de sucre par un rameau de la veine porte, par la veine rectale, par exemple.

Toutefois, nous devons ajouter que ces expériences n’ont qu’une valeur relative et non absolue. Si, en effet, on ingère chez des chiens des quantités considérables de sucre de canne dans l’intestin, 20, 30, 50, 60 ou 80 grammes, par exemple, il passe du sucre dans les urines, chez tous les chiens, que la veine porte soit liée ou qu’elle soit restée intacte. Mais ce qu’il est bon de rappeler, c’est que, dans tous les cas, ce sucre, qui passe dans les urines, est en partie du sucre interverti déviant à gauche, taudis que la glycose diabétique dévie à droite la lumière polarisée.

Les matières sucrées provenant directement ou indirectement de l’alimentation seraient donc mises eu œuvre et transformées dans le tissu hépatique. Le sucre disparaîtrait dans son passage à travers la glande lorsque le glycogène apparaît. Si nous rapprochons ces faits des résultats qui suivent l’apparition en grande quantité de glycogène chez les animaux nourris de féculents, il y aurait des raisons de supposer que cette coïncidence n’est pas purement fortuite, et que la disparition du sucre est une condition de l’apparition du glycogène.

FOaMATlON DU GLYCOGÈNE DANS LE FOIE. S21

Dès lors, nous retrouverions dans le foie les deux opérations inverses, ascendante et descendante, conduisant, l’une de l’amidon au sucre^ l’autre du.sucre à l’amidon. Le sucre soluble serait arrêté dans la glande hépatique et emmagasiné sous la forme insoluble et stable de matière glycogène; la matière glycogène serait versée dans le sang, selon les besoins, en proportion constante, sous la forme soluble.et utilisable de glycose.

D’un autre côté, j’ai essayé l’injection de substances purement excitantes, mais non alimentaires, le chloroforme et l’alcool, et j’ai vu dans mes premiers essais que le chloroforme augmentait le glycogène, tandis que l’alcool ne produisait pas le même résultat. L’injection de la glycérine, de l’acide carbonique, dans l’estomac, m’a semblé avoir la même influence que celle du chloroforme, peut-être aussi à titre de substances excitantes.

Ici se pose donc une double question : la matière glycogène formée en plus grande abondance dans le foie sous l’influence de l’alimentation sucrée est-elle le résultat d’une conversion directe, par voie régressive, du sucre en glycogène, ou bien le sucre ne jouerait-il là que le rôle d’un excitant nutritif puissant qui exagé-. ferait singulièrement la fonction glycogénésique du foie? 3’ai voulu mettre à l’épreuve l’hypothèse d’une conversion directe du sucre de canne en glycogène. Si cette conversion est réelle, si elle a pour but de conser- '’erla substance jusqu’au moment de son utilisation, il ost présumable que, ce moment venu, la substance reprendra sa fornie première, qu’elle repassera dans un ordre inverse par les modifications qu’elle a subies,

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