‹ Leçons sur le diagnostic et le traitement des maladies chirurgicales faites au mois d'août 1865Chapitre 7 sur 9 · MALADIES DES YEUX · texte numérisé non relu

MALADIES DES YEUX

lyre; celui-ci, quoique passant rapidement, imbibe cependant la conjonctive, tandis que, sur le rebord des paupières, l’eau glisse. La pommade en frictions adhère parfaitement. Celle que j’emploie est des plus simples à formuler : autant de centigrammes de nitrate d’argent que de grammes d’axonge. (Ex. 0,10 pour 10 grammes.)

Pour les kératites et les iritis aiguës, le meilleur remède c’est le mercure. Je donne le calomel à doses fractionnées, de manière à produire rapidement la salivation ; et vous avez pu remarquer qu’aussitôt celle-ci parue, l’œil blanchit, la rougeur s’atténue, et la photophobie disparaît.

Comme c’est, du reste, une médication sérieuse, il ne faut s’y résoudre que lorsqu’il y a urgence, lorsque la cornée est vivement enflammée. Joignez à cela qu’elle a été calomniée : la salivation était autrefois poussée jusqu’aux désordres les plus graves, chute des dents, nécroses du maxillaire, etc. Ces souvenirs sont restés dans le public, bien que maintenant tous ces dangers aient disparu, et par une raison bien simple : c’est que l’on cesse la médication aussitôt que la salivation paraît. On donne alors les gargarismes astringents, l’alun, le borax, surtout le chlorate de potasse. Il est très-rare qu’avec ces soins la salivation ne se modère pas immédiatement, et, d’ordinaire, en 8 à 10 jours, le malade est guéri à la fois et de son opthalmie, et de sa stomatite.

J’ai tâché de vous montrer aussi les points les plus saillants du diagnostic. Deux malades se présentent à vous avec les yeux rouges, enflammés; l’un vous regarde en face, se laisse aisément explorer : conjonctivite ; l’autre tient la tête baissée, les paupières fermées, le front plissé, des larmes coulent sur sa joue : kératite.

Examinez- les plus attentivement. Chez le premier,

vous trouvez une rougeur livide, violacée, des vaisseaux volumineux disposés en arborisations, en réseaux, le tout légèrement granulé et augmentant d’inlensité, du centre à la circonférence : les environs de la cornée restent blancs; avec cela, peu de larmoiement, et ordinairement peu de photophobie; voilà une conjonctivite bien nette.

Chez le second, au conlraire, vous voyez la circonférence de l’œil à peu près normale ; au contraire, autour de la cornée, comme les pétales autour du disque d’une marguerite, des vaisseaux rouges disposés en rayons; puis, du larmoiement, de la photophobie, et souvent sur la cornée des ulcères, taches ou abcès qui ne vous laissent aucun doute sur l’existence d’une kératite.

D’ailleurs, les autres signes ne doivent pas être négligés; le temps ne me permet pas d’y insister. J’ai seulement voulu vous signaler ces différences, on peut le dire, pathognomoniques, et à l’aide desquelles vous poserez les bases d’un diagnostic précis.

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