RAPPORTS DE LA CONVERGENCE AVEC L'ACCOMMODATION
tral ; est-il anatomique, est-il seulement le produit de l'exercice fonctionnel? Telle est la question encore pendante.
Mais pour nos présentes études, la solution est en quelque mesure indifférente; car en chaque cas offert à notre examen, le point de mire, fût-il purement fonctionnel, est doué d'une stabilité telle qu'on peut sans erreur le considérer comme invariable.
Dans la suite de ce travail, nous nous servirons donc indifféremment des expressions, pôle de l'œil, ou macula lutea, sans préjuger la question.
Nous terminerons ce paragraphe par cette autre remarque de fait :
Il résulte des mensurations nombreuses relevées par MM. Helmholtz elDonders, que l'axe principal de l'ellipsoïde auquel appartient la cornée, l'axe de cette surface, ne coïncide pas habituellement avec l'axe optique proprement dit de l'organe. Dans le plus grand nombre des cas, ce dernier axe, l'axe optique proprement dit, est dirigé, de 5 à 6°, en dedans de l'axe cornéal.
II résulterait de là que le plus ordinairement, et quand des yeux normaux ou emmétropes portent en parallélisme leurs axes optiques ou leurs regards vers l'horizon, les axes cornéaux seraient en divergence relative de iO à 12».
M. Donders s'appuie sur ce fait d'observation dans ses belles recherches sur l'éliologie du strabisme; nous y reviendrons en temps et lieu.
§ 12. — Influence de la convergence des axes optiques sur le degré de
l'accommodation.
Arrivons à la seconde question, et cherchons à établir la nature et l'étendue des rapports qui ratlachent la convergence à l'accommodation et réciproquement. J. MiiUer (1) et Porlerlield admettaient entre les forces qui président à l'exercice de ces deux fondions une synergie absolue. C'était là
(I) Manuel de physiologie.
sans doute une vue de l'esprit, dogmatisant ce fait que la vision binoculaire ne peut s'exercer à une distance donnée, sans que le degré d'accommodation dans chaque œil soit en rapport exact avec cette distance. La question cependant nécessitait une étude plus analytique ; et il convenait de savoir si une convergence donnée, et qui eût exigé, pour procurer la vision exacte, un degré déterminé d'accommodation supérieur au degré le plus élevé de l'adaptation monoculaire, exerçait assez d'empire sur la force accommodative pour en entraîner l'exercice au delà de ses limites monoculaires. Cet objet a donc été soumis à une étude plus complète et plus attentive. Des observations nombreuses ont été recueillies, dans lesquelles on a relevé, pour chaque sujet, l'étendue que l'accommodation pouvait parcourir en deçà et au delà d'une certaine quantité fixe, correspondant à ce degré de convergence. Le procédé était simple : pour chacune des convergences explorées, devant l'œil en essai, ont été successivement placées une série de verres concaves et une série de verres convexes, au moyen desquels était visé le point de mire qui fixait la convergence. Les plus forts des verres convexes qui permettaient la vision nette du point de mire à la distance donnée, procuraient, par un calcul très-simple, la limite éloignée de la vision nette possible sous cette convergence; et inversement, les plus forts des verres concaves, la limite la plus rapprochée de cette même énergie accommodative.
Par cette méthode, MM. Donders, Van Deen et Moleschott ont établi que pour chaque convergence il existe une certaine latitude pour J'accommodation. — M. Donders a reconnu à cet égard les faits suivants : soit un œil normal ou emmétrope : l'accommodation monoculaire s'étendra généralement, pour cet œil, de 4 pouces à l'infini. Représentant par A la latitude de l'accommodation ou la force réfringente d'une lentille qui, placée exactement au centre optique de l'œil, reporterait à l'infini l'image virtuelle d'im objet placé à 4 pouces de dislance, on aurait :
RAPPORTS DE LA CONVERGENCE AVEC l'aCCOMMODATION. 8»