‹ Leçons sur le strabisme et la diplopieChapitre 16 sur 40 · II,., A · texte numérisé non relu

II,., A

En d'autres termes, la latitude que peut parcourir la force réfringente de l'appareil oculaire, depuis le point le plus éloigné jusqu'au point le plus rapproché, est égale à celle d'une lentille de 4 pouces de foyer.

Or, pour cet œil emmétrope, M. Donders a reconnu que le fait de la convergence agissait en augmentant cette latitude accommodalive de 1/24 environ du côté des objets rapprochés, sans rien lui faire perdre du côté de l'horizon. La vision binoculaire qui ne peut s'exercer que jusqu'à 4 pouces, par exemple , arrive donc, sous l'influence de la convergence ou de la vision associée, à avoir des images nettes à 3 pouces et 3/7 par exemple. 2" Le môme physiologiste a reconnu, en outre, que depuis cette limite inférieure de la vision binoculaire jusqu'à l'infini, la latitude de l'accommodation possible, en chaque état de la convergence, est renfermée entre des limites qui s'étendent entre deux et trois vingt-quatrièmes. Celte dernière proposition a une grande valeur, elle formule, d'une manière sommaire, l'influence générale de la convergence sur l'accommodation. Elle fait voir que des yeux normaux qui, individuellement, s'exerçant seuls, ont une latitude accomraodative qui représente une force réfringente de 6/24 ou de 4 pouces à i'inflni, quand ils seront associés pour l'exercice binoculaire, perdront environ les 2/3 de cette puissance accommodative.

Il est vrai qu'en revanche ils gagneront d /24 en dessous de la limite rapprochée de la vision monoculaire. Ces résultats de l'observation seront importants à consulter dans la suite de notre travail. Nous y ajouterons les modifications que l'état de myopie ou celui d'hypermétropie font éprouver à ces propositions. Dans la myopie, les propositions que nous venons d'énoncer sont encore vraies dans leur expression générale. Seulement la latitude de l'accommodation, toujours à peu près de 6/24, par-

(1) Des différences individuelles de la réfraction de l'œil, par H. Dor de Vevey (.860). Extrait du Journal de physiologie, Drown-Sequard.

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tant d'un point plus rapproché, se termine à un point moins éloigné que l'horizon ; elle s'étend binoculairement , par exemple, de 2 pouces à 5 pouces et demi, réclamant, au delà de cette distance, l'usage impérieux des verres concaves.

Œil hypermétrope. — Ici s'observe une latitude accommodative, fort grande encore, dans de très-faibles convergences, c'est-à-dire entre l'horizon et 8 pouces, ou entre 0 et 20° de convergence. Mais celte latitude diminue très-rapidement de 20 à 50" ou de 8 pouces à 2 pouces, et encore, dans cet espace, est toujours négative, c'est-à-dire qu'elle réclame absolument les verres convexes. Nous aurons à tenir compte de ces éléments nouveaux lorsque nous devrons préciser les conditions de l'exercice binoculaire des lunettes. Mais ce sujet est pour le moment en dehors de notre plan et les renseignements que nous aurons à demander à ce chapitre devront porter plus particulièrement sur l'influence que la netteté des images, aux divers degrés de convergence, pourra avoir sur les agents de cette convergence.

Nous garderons seulement présente à l'esprit cette conséquence générale : que la latitude de l'accommodation est, comme énergie, à peu près égale chez tous les sujets sains et de môme âge ; elle a pour mesure la force réfringente d'une lentille de 1/4 ou 6/24; elle diminue avec l'âge du côté des objets rapprochés : c'est la presbytie.

Quant à ses limites, on les trouve rapprochées de l'observateur chez le sujet myope et comprises, moyennement, entre 2 et 5 pouces et demi ; chez l'hypermétrope, au contraire, la limite inférieure se rencontre le plus communément vers 8 pouces.

Enfin, comme nous l'avons vu, la convergence extrême rai>proche, en général, cette limite de 1/24, et pour chaque degré de convergence moyenne, elle oscille moyennement entre 1/24 en dessus et 1 /24 en dessous du point de la convergence.

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