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§ 24 — Détermination expérimentale de la convergence angulaire des axes optiques qui correspond au balancement moyen des muscles dans le regard associé.
L'œil normal a son point proximum, ditM. Donders, à la distance de 4" ; l'angle de ses axes optiques (pour un écarlement moyen de o'",06/i des yeux), avec la ligne des centres, serait, d'après le tableau ci-dessus, de 34» de chaque côté. Nous devons donc penser que, s'il n'y a pas empêchement apporte par
la synergie imposée par l'accommodation, et l'objet visé étant à l'horizon, qu'un prisme à sommet interne de 28» (angle du prisme qui dévie de 3-4» ce rayon venu de l'horizon), placé devant chaque œil, pourra être vaincu par le besoin inné de fusionner les images doubles, et par un mouvement mutuel des axes optiques se portant au-devant l'un de l'autre jusqu'à une convergence dé 34", chacun avec la ligne qui joint leurs centres.
L'expérience confirme pleinement cette supposition.
L'attention binoculaire étant fixée sur un point éloigné de plus de 15 à 20 pieds, des prismes à sommets internes de force croissante sont placés devant mes yeux ; les images doubles ainsi produites se voient alors constamment fusionnées, quel que soit leur degré de netteté, jusqu'à ce que les prismes aient, de chaque côté, atteint l'angle de 34» environ ; ce qui correspond, comme on le voit sur le tableau, à une convergence mutuelle des axes de 48», ou une distance de 2 pouces 2/3, ou 7 centimètres 2 millimètres.
(On remarquera, en passant, quelle est l'énergie du besoin inné d'avoir des images simples ; puisque le degré d'accommodation qui, d'après les belles expériences de M. Donders, correspond à une si forte convergence mutuelle, ne permet pas aux rayons parallèles de produire des images tant soit peu nettes. Les muscles internes néanmoins vont jusqu'au bout de leur course pour les fusionner.)
Faisons l'expérience inverse ; tournons les prismes en dehors : il se produit alors des images doubles homonymes; et pour fusionner de telles images, il faut avoir recours à un acte de divergence mutuelle.
Or, jusqu'où réussissons-nous dans ce cas? Jusqu'à 2 ou 3» de chaque côté ; pas davantage.
Ainsi donc, nos muscles externes, à partir du parallélisme des regards, peuvent porter nos axes optiques de 2 à 3» en dehors de chaque côté, tandis que les muscles internes peuvent, à partir de la même situation, les amener jusque fort en deçà des limites rapprochées de notre vision monoculaire.
bU STRABlSMJi.
Inversement, prenons un point de mire à 6 pouces de distance, la môme expérience va nous apprendre que nos muscles internes vont, par suite de notre horreur des images doubles, triompher de prismes à sommets internes de 18° de chaque côté, ou donner aux axes optiques une convergence mutuelle de 60° environ, correspondant à une distance de 2";2/U de nos yeux.
Si, au contraire, on retourne les prismes, sans changer la distance du point de mire, on reconnaît que l'action des muscles externes est notablement augmentée : ils triomphent en elTet de l'interposition d'un prisme de 22° de chaque côté.
Or, que voyons-nous sur le tableau? qu'un prisme de 21° est celui nécessaire pour amener sous une convergence de 78°, correspondant à 6 pouces de distance, le rayon parallèle. Et l'expérience, ci-dessus décrite nous donne seulement 1 ou 2° de plus. Peut-on avoir plus de concordance?
Maintenant, que conclurons-nous de ces expériences?
Rien que de très-simple et qu'on pouvait prévoir, sauf la . question délimites.
C'est que lors des regards associés, et dans les yeux normaux, c'est entendu, les muscles externes peuvent porter spontanément les axes optiques jusqu'au parallélisme, sans pouvoir , dépasser notablement cette limite angulaire (2 à 3° seulement).
Et que les muscles internes chasseront du champ de la vision toute image double croisée, fallût-il, arriver jusqu'à se mettre en convergence mutuelle de 2 pouces (dans l'exemple choisi), ou plus généralement d'une distance toujours notablement inférieure à la limite rapprochée de la vision biuocu- , laire nette.
On peut se demander maintenant quelle est la situation moyenne angulaire correspondant à une égale course des muscles internes ou externes entre ces limites extrêmes.
Il n'y a rien de plus simple :
Nous avions 34° d'un côté et 2° de l'autre; prismes corrçs- , pondant à des angles avec la ligne des centres de 92° d'un côté et de 66° de l'autre.
Dû STRABISME INTEfiMlTTENT OU PÉRIODIQUE. 7 5
La posilion moyenne angulaire correspond donc à une inclinaison de 79° des axes optiques sur. leur ligne des centres ou de 22" de convergence mutuelle sur une distance de 7 pouces.
Ce résultat est tout à fait en rapport avec la portée de notre vue qui s'est maintenue normale du côté des objets rapprochés Jusqu'à l'âge de trente ans.
Pour cette distance de 7 pouces, il y a donc parfait équilibre chez nous entre les muscles de la convergence et ceux de la divergence.
Le défaut de netteté, l'inégalité de ces images, ajoutent-ils quelque chose à la difficulté de les fusionner?
Nous ne nous en sommes pas aperçu, en ce qui nous concerne. Nous étant rendu hypermétrope d'un côté par interposition d'un verre ( — 15), et myope de l'autre avec un verre (-{- 15), les phénomènes précédemment décrits se sonti reproduits dans leur forme et teneur.
L'horreur des images doubles a toujours été la puissance prédominante.
Nous avons vu plus haut, § 22, comment le sensorium échap- - pait à la diplopie. Ne pouvant exécuter la divergence nécessaire au fusionnement des images, les axes optiques se portent automatiquement dans le sens opposé, en convergence excessive, réduisant la vision binoculaire à la monocularilé. . Voilà ce qui a lieu du côté du parallélisme des axes opti- ,ques; recherchons actuellement ce qui se passe vers l'autre extrémité du champ antéro-postérieur de la vision. Eh bien ! du côté des objets rapprochés, et dans le cas d'images croi- .'Séesd'un objet, placé très-près du sujet, et procurées par des ; prismes à sommets internes, les mêmes phénomènes s'accomplissent en sens inverse : Écartement graduel des images, -disparition presque totale de l'une d'elles, celle qui ne fixe pas l'attention; transport apparent de l'autre image en dedans, proportionné à l'étendue du mouvement de divergence observé dans l'œil qui se meut.
Ces phénomènes sont accompagnés de changements dans, la •netteté de l'image sur laquelle est fixée l'attention, changements
en rapport avec ceux subis par l'accommodation, laquelle est elle-môme subordonnée à la convergence ou à la divergence anormales.
Ainsi le mouvement de l'image qui correspond à une convej'gence progressive de l'œil étranger à cette image, rend celle-ci de plus en plus confuse ; Tceil en rapport avec cette dernière et qui demeure immobile éprouve donc, dans son accommodation, un surcroît d'action dû à la sympathie qui existe entre cette force active et la convergence.
On voit que celte modification conviendrait parfaitement à l'œil en question, s'il était primitivement hypermétrope.
Par contre, l'image est-elle croisée, appartient-elle à un état de strabisme divergent qui s'exagère automatiquement, le mouvement de divergence relative des yeux relâcherait sympathiquement l'appareil accommodateur de celui qui reste en rapport constant avec l'image, et cette modification ne pourrait que profiter au myope,
§ 25. — Mécanisme physiologique de la production du strabisme divergent^ dans le cas d'insuffisance artificielle des muscles droits internes, et du strabisme convergent dans celle des droits externes.
Ces expériences et cette discussion nous paraissent propres à jeter un grand jour sur la question qui nous occupe ici. Dans l'état normal, les regards étant dirigés vers l'horizon et les axes optiques en parallélisme, il suffit de placer devant un des yeux un prisme à sommet externe, d'un très-petit nombre de degrés, pour produire deux images doubles homonymes qu'aucun effort ne saura fusionner. Place-t-on, au contraire, le sommet du prisme en dedans, les images croisées, ainsi produites, se verront instantanément fusionnées, même en augmentant considérablement l'angle du prisme ou des prismes, car on pourra partager entre les deux yeux l'angle total de la déviation. On arrivera ainsi, en fusionnant toujours, jusqu'au point où les rayons parallèles, après leur réfraction par le prisme, allecteraient la direction des axes optiques en convergence mutuelle sur le point le plus rapproché de la vision bi-
noculaire. Inversement, fixons-nous un objet rapproché et placé à l'extrême limite inférieure de la vision nette binoculaire, l'interposition d'un prisme à sommet interne d'un très-petit nombre de degrés fera naître des images doubles croisées que certains efforts pourront encore quelquefois annuler. Mais, nous le répétons, la convergence fatigante ne pourra triompher que d'un très-petit nombre de degrés (3 ou A). Si l'on dépasse ce chiffre, que la convergence fatigante peut surmonter, les images doubles persistent, et bientôt on assiste au phénomène décrit plus haut, § 22, et qui ramène, par un strabisme intense, la vision aux conditions monoculaires. Mais au lieu d'un prisme à soiumet interne, vise-t-on cet objet rapproché à travers un prisme à sommet externe, on peut donner à ce prisme l'angle considérable qui ferait prendre aux rayons incidents la direction du rayon venant de l'horizon.
Nous ne savons si cet exposé expérimental vous frappera, Messieurs, comme il nous a frappé nous-même; mais nous ne pouvons nous empêcher d'y voir une ressemblance bien remarquable avec l'objet môme de la discussion qui nous occupait tout à l'heure. Que sont, en effet, ces images doubles que notre instinct est impuissant à fusionner et qu'un prisme d'un petit nombre de degrés, à sommet externe, maintient devant nous quand nous fixons un point à l'horizon? Qu'est-ce que notre situation vis-à-vis de ces images doubles, si ce n'est un état d'insuffisance relative de nos muscles droits externes à vaincre ce petit nombre de degrés du prisme?
Qu'est-ce, en outre, que cette disparition de l'une des images, coïncidant avec la convergence de l'œil correspondant, el le changement d'accommodation qui se manifeste dans l'autre, sinon le mécanisme môme du strabisme convergent de l'hypermétropie, tel qu'il doit être conçu sur les remarquables observations de M. Donders. D'autre part, pesons-nous sur l'interprétation forcée du phénomène, en assimilant, trait pour trait, à l'insuffisance des droits internes l'impuissance où nous sommes de vaincre un prisme de quelques degrés à sommet interne, lors de la vision d'un objet rapproché ; el le strabisme
divergent, si bien exposé par M. de Graôfe, ne reproduit-il pas les effets de celte divergence automatique des yeux, éliminant une ée ces images doubles de la diplopie croisée, et rendant l'œil qui demeure dirigé sur l'autre, plus apte à l'apercevoir nettement.
§ 36. — Identité de ce mécanisme physiologique avec celui qui produit le strabisme périodique divergent de M, de Graëfe et celui convergent de M. Donders.
A nos yeux, ces phénomènes, les uns de physiologie pathologique, les autres fournis par l'expérimentation, ne sont point seulement analogues, ils sont identiques ; et, après les avoir rapprochés, il ne nous est plus resté de doutes sur l'interprétation à donner aux rapports invoqués par M. Donders entre l'hypermétropie et le strabisme convergent périodique. Ce rapport n'est point direct, comme il semblait résulter de l'exposition du savant professeur ; il n'est point nécessaire, il est, comme disaient les anciens philosophes, simplement contingent. Mais cette contingence est fréquente et se relie, elle, non pas à l'hypermétropie, mais au point de départ môme de cette anomalie. En un mot, si le strabisme divergent, périodique de M. de Graëfe, et qu'on rencontre plutôt allié à la myopie, est manifestement dû à l'insuffisance des droits internes, sans qu'on puisse dire que cette insuffisance résulte de la myopie, de môme, dans certains cas d'hypermétropie, et plutôt conjointement avec cette affection qu'avec un œil normal, on rencontrera l'insuffisance des droits externes. Et cette insuffisance aura môme une explication naturelle, et on la trouve au fond du fait invoqué par M. Donders, où elle est d'ailleurs aussi facile à expliquer que l'est, dans la myopie, l'insuffisance des droits internes.
Dans celle-ci, dit M. Donders, l'ectasie , la distension des membranes profondes repousse m dedans de l'axe de la cornée la macula lutea : les deux axes qui, à l'état normal, sont divergents (celui de la cornée en dehors, § 1 1), deviennent donc de moins en nioin^ divergents, peuvent finir par se confondre, et
m STIUBISME JNTEfiMlXTENT OU PÉRIODIQUE. Vg»-
l'on conçoit facilement que l'axe optique puisse môme dépasser cette limite et devenir divergent par rapport à l'autre. Pendant ce temps-là, le plan d'insertion antérieur des muscles droits ne change pas : toutes les modifications se passent au fond de l'œil. Il est simple à concevoir, dès lors, que par le fait de ce transport, en dedans, de l'axe optique par son extrémité postérieure, les droits internes soient mis en état d'insuffisance relative. A leur longueur, qui ne varie pas, correspondra désormais un axe optique plus divergent.
L'insuffisance des droits externes en rapport plus ou moins fréquent de coïncidence relative avec l'hypermétropie est-elle un fait plus difficile à concevoir? Aucunement: M. Donders nous l'a lui-même appris; l'axe de la cornée offre chez l'hypermétrope, avec la ligne visuelle, un axe optique proprement dit, un angle en dehors, plus grand encore que cela n'a lieu dans l'œil normal. Cela tient, paraît-il, dans l'opinion du savant hollandais, et elle est conforme aux beaux travaux de M. d'Ammon sur le développement de l'œil humain, à un arrêt relatif de développement. Or, d'après ces travaux mômes, c'est la région postérieure du globe qui se clôt la dernière, qui la dernière atteint sa forme et sa position finales. Quoi qu'il en soit, c'est avec une position trop interne, en avant, de l'axe optique, que coïncide le plus souvent l'hypermétropie, la trop grande brièveté de l'œil, d'avant en arrière. Le système musculaire, lui, s'est développé et fixé suivant d'autres lois, celles du dé^ veloppement de la région antérieure, et il est en rapport avec la face et l'ossature de la tôte, avec la fente palpébrale et la direction de l'orbite. Dès lors, rien de plus concevable que la brièveté relative des muscles droits internes ou l'insuffisance des externes.
M. Donders reconnaît un œil hypermétrope à première vue, à une sorte de strabisme divergent. Qu'est-ce à dire? que pour le regard indifférent, pour les rayons parallèles, la cornée est un peu déviée eh dehors. Pour cette position extrême, les muscles droits internes ont donc été déjà relativement allongés ; mais, dans celte circonstance, il n'y a pas eu strabisme in-
lerne, le regard est un peu divergent, peut-être, mais la vision est binoculaire, le regard associé régulier.
Mais imaginons qu'en cet état extrôme il y ait encore un peu inclinaison interne de la ligne visuelle; alors nous sommes en présence d'une réelle insuffisance des droits externes, c'est-àdire de trop de brièveté des droits internes pour un tel angle de la cornée avec la ligne visuelle. Alors nous avons des images doubles homonymes, et nous ne les pouvons vaincre. Avant d'être parvenus au parallélisme, les axes optiques se trouvent dans les conditions de l'expérimentation du §22, et la solution fatale sera la réduction de la vision à la fonction uni-oculaire au moyen d'un strabisme convergent plus ou moins prononcé ! tant nous avons horreur des images doubles !
Ainsi, dans les deux cas opposés, môme mécanisme.
Y a-t-il insuffisance plus ou moins prononcée des droits internes (ou brièveté relative des antagonistes), un objet qui se rapproche, arrivé à ce point de convergence qui marque la limite rapprochée du balancement synergique des muscles, déterminera des images doubles croisées que nul effort ne saura fusionner.
Quelque petit que soit le nombre de degrés qui marquera leur écartement, si le besoin de la vision exige un tel rapprochement de l'objet, l'unique ressource sera la production de ce strabisme divergent si bien décrit par M. de Graëfe, attribué par lui à sa vraie cause, et dont le mécanisme se lit en toutes lettres dans l'expérience dudit § 22.
C'est alors que l'on voit un léger strabisme dynamique de quelques degrés, 5 à 6° par exemple, transformé, parle besoin d'unité de la vision, en un strabisme automatique énorme, de 60 à 90», comme cela a lieu dans le strabisme divergent. Et, d'après les termes de la question, on comprend le rapport naturel de coïncidence de ces conditions premières avec la myopie : 1» besoin de rapprocher les objets pour les apercevoir; 2° moindre inclinaison de la ligne visuelle ou axe optique sur l'axe de la cornée.
L'insuffisance a-t-elle lieu en sens inverse, du côté des muscles
DU STRABISME INTEUMITTENT OU l'EUIODlQUE. 8»
droits externes (condition anatomique qui se rencontre le plus naturellement avec la conformation de l'œil hypermétrope), il y a, lors de la vision à dislance, production d'images doubles homonymes et impuissance de les réunir ; alors intervient l'action opposée des muscles contraires empressés à faire disparaître la diplopie, et un strabisme convergent automatique change la vision binoculaire double en vision monoculaire généralement plus parfaite.
Ici encore, il suffit d'une légère insuffisance des muscles, d'un strabisme dynamique de quelques degrés, pour amener une déviation automatique plus ou moins considérable, mais toujours exagérée, eu égard à celle qui résulterait ^le la simple insuffisance, et qui subsisterait, n'était l'horreur invincible que nous avons pour les images doubles.
Nous mettrons ultérieurement à profit ces remarques pour le traitement de ces sortes de strabismes.
,^ 2î- — Itetour sur l'explication du mécanisme du strabisme double par sympathie musculaire du § IG.
Nous pouvons cependant, dès maintenant, tirer une conclusion de cet exposé, conclusion propre à jeter quelque jour sur le mécanisme de la production du strabisme double ou sympathique qui a fait l'objet de noire attention dans le § 16.
Prenons pour exemple le strabisme convergent qui va résulter des images doubles homonymes produites par une insuffisance des muscles droits externes. Dans l'expérience relatée au§ 22, nous voyons qu'à mesure qu'elle semijle fuir vers la limite latérale du champ de la vision, l'image qui correspond à l'œil en apparence immobile, trahit, par le changement qu'elle subit dans sa netteté, les efl'ets qui s'accomplissent dans l'appareil de l'accommodation. Cette image devient, proportionnellement à son déplacement, de plus en plus confuse et dans le sens de la myopie. En un mot, l'œil immobile devient relativement ou môme absolument myope, el si l'objet visé est un peu éclatant, on observe, dans les modifications de son apparence, les phénomènes de la polyopie unioculaire. Le fait est
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rendu incontestable si l'on interpose à l'œil et à l'objet uu verre concave : Timage redevient alors nette, et on peut même mesurer le changement subi par l'accommodation par la force réfringente du verre interposé.
Ce phénomène révèle l'étroite sympathie qui existe entre la convergence et l'accommodation, et môme démontre un côté remarquable de cette sympathie. L'accommodation, dans l'œil immobile, se proportionne à la marche convergente de l'œil qui se meut. Ce fait, considérable comme importance, est à joindre aux autres expériences qui démontrent l'étroite synergie qui relie l'accommodation à la convergence.
L'expériepce sus-relatée doit donc être refaite avec un soin minutieux, pour reconnaître si cette tension de l'appareil ciliaire dans l'œil apparemment immobile n'est pas le signe de quelque mouvement faible de convergence qu'exécuterait aussi cet œil, entraîné soit par la synergie musculaire proprement dite, soit par la pression de l'accommodation servant alors d'intermédiaire.
Par là on pourrait expliquer une convergence secondaire légère à l'œil sain, faisant suite sympathiquement à la convergence tout à fait anormale de l'œil malade, lors de la transformation d'un strabisme intermittent en strabisme fixe.