PARALYSIE DE TOUTES LES BRANCHES DE LA 3° PAIRE
§ Î3. — Thérapeutique. — Paralysie complète de l'oculo-moteur gauche
(3« paire).
La troisième paire anime :
^.Le muscle élévateur de la paupière supérieure;
— droit interne;
— droit supérieur ;
— droit inférieur;
— oblique inférieur.
Elle envoie en outre des filets moteurs dans l'iris (fibres circulaires), sphincter pupillœ.
Branches iriennes. — Si nous nous occupons de ces dernières, nous devrons donc reconnaître dans l'immobilité et une certaine dilatation fixe du cercle pupillaire (2 lignes, 2 lignes 1/2 de diamètre) les signes de la paralysie des branches iriennes de la troisième paire.
On différenciera cette étendue de la dilatation pupillaire de la grande ouverture que présente le môme cercle après l'instillation d'atropine; dans ce dernier cas, les fibres radiées complètent l'ouverture par le fait d'une irritation portée sur le grand sympathique.
« Dans quelques cas rares de paralysie de la troisième paire, dit M. John Wells, d'après M. de Graëfe, on trouve la pupille dilatée au maximum. Il faut supposer ici une action irritante subie par le grand sympathique; et on pourra s'expliquer ce double effet d'irritation portée sur le sympathique, et de paralysie de la troisième paire, par la môme cause, comme serait, par exemple, la compression déterminée par une tumeur; car c'est un fait reconnu que la pression qui suffit pour paralyser
18î PARALYSIES.
un nerf moteur, peut n'occasionner que l'irritation d'une branche du grand sympathique. »
Ajoutons ici que M. de Graëfe a remarqué que souvent la paralysie de la hranche pupillaire est le signe précurseur d'une paralysie de tout le nerf oculo-moteur; par contre, la réapparition de l'innervation du sphincter pupillœ indique souvent aussi le prochain retour au mouvement des autres muscles.
Branches musculaires. — Toutes les branches que nous venons d'énumérer peuvent être prises ensemble ou séparément, complètement ou incomplètement.
La paralysie complète est généralement due à quelque lésion cérébrale, tandis que la paralysie partielle est, d'ordinaire, la conséquence de quelque affection périphérique.
Nous avons vu, dans les paragraphes qui précèdent, les signes spéciaux de la paralysie de chacun des muscles considérés isolément. Pour exposer les caractères de la paralysie complète del'oculo-moteur, nous n'aurons qu'àrassembler ces caractères épars ; ils seront tous réunis dans la formule.
Ces caractères, avons-nous vu, consistent dans la production de strabisme et de diplopie, dès que l'objet est porté en bas, en haut, en dedans.
Des quatre mouvements cardinaux, un seul est excepté de la paralysie, à savoir, le mouvement en dehors (1). De ce côtélà, le diagnostic est précis et ne prête h aucun doute.
Mais le doute subsiste quant aux mouvements en haut et en bas, non pas relativement à l'oblique inférieur qui échapperait difflcilement k une action qui aurait porté sur toutes les autres branches de la troisième paire ; mais en ce qui regarde l'oblique supérieur qu'il faut, si l'on lient à un diagnostic précis, expressément comprendre dans la paralysie, ou, au contraire, en dégager non moins expressément.
On le fera aisément en observant s'il reste un mouvement en bas, plus ou moins limité; et si oui, on appliquera à sa dif-
fl) L'influence du droit externe se fait bientôt sentir davantage; ce muscle éprouve bientôt une contracture secondaire, qui ne tarde pas à exagérer forte mentle strabisme divergent et la distance des images croisées.