VI PRÉFACE
plir. Nous devons avouer avec humilité que depuis ces vingt années la science française n'a point su combler ces lacunes, et qu'il lui faut aujourd'hui recevoir avec une modeste reconnaissance des progrès tout faits auxquels elle n'a eu aucune part.
C'est de l'Allemagne que nous viennent aujourd'hui ces progrès! Alliant, dans une heureuse mesure, des connaissances qui sont, en France, l'objet d'une séparation systématique, l'école physiologique allemande a cherché les lois de la vision, à la fois, dans la physique, dans l'anatomie normale et pathologique, dans la physiologie expérimentale et morbide. La signification plus exacte des symptômes strabisme et diplopie est ressortie comme un corollaire naturel de ces intéressants travaux.
Ce sont ces résultats précieux que nous avons entrepris de
vulgariser.
Le beau travail de M. de Graëfe, publié d'abord dans les Archiv fur Ophthalmologie, et dont une traduction française, due à la plume du docteur Van Bervliet, a paru dans les Annales d'oculistique (1), n'a pas eu en France tout le retentissement qu'il méritait. La cause en est assurément dans l'absence de préparation de notre part à recevoir des communications de cet ordre, et peut-être aussi, ajouterons-nous, dans les dissemblances qu'offre le génie des langues allemande et française. Et pourtant, si l'on nous demandait ce qui man^ que à ce travail véritablement supérieur pour être d'un accès facile à un esprit français, peut-être serions-nous embarrassé pour le dire. Ce qui est positif, c'est qu'après l'avoir lu et relu, et bien des fois, si nous lui portons une admiration sans ré-
(1) Ann. d'oculistique, publiées par le docteur Warlomont. Bruxelles, 1861 et 1862, pnssim.