‹ Leçons sur le strabisme et la diplopieChapitre 5 sur 40 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

serve, nous ne pouvons nous dissimuler cependant qu'il t'aille à l'esprit le mieux préparé une inaltérable persévérance pour se l'assimiler. Et, nous le répétons, il n'y a, dans ce long résumé de la haute expérience de M. de Graëfe, ni un mot de trop, ni un mot à désirer.

C'est donc uniquement pour mettre ces belles recherches de l'école allemande plus en rapport avec les habitudes et la méthode de l'esprit français que nous avons essayé de les interpréter à nouveau .

Nous en avons rapproché les découvertes plus récentes de l'école d'Utrecht, en donnant place à côté d'elles à la belle exposition laite par M.Donders, au Congrès d'ophthalmologie de 1862, de la relation qui lie le strabisme convergent à l'hypermétropie.

A ce sujet, nous demandons la permission de signaler ici un point de doctrine que nous croyons avoir à juste titre introduit dans cette étude et qui servira, nous le pensons, de lien commun à ces remarquables aperçus. De même que

de Graëfe a fait dériver le strabisme divergent périodique, qui se rencontre si souvent dans la myopie, de l'insuffisance des muscles droits internes, de même il nous a paru que c'était à l'insuffisance des muscles droits externes, circonstance très-naturellement liée à l'hypermétropie, et non à l'hypermétropie elle-même, qu'il fallait rattacher la production du strabisme convergent périodiques! heureusement découverte par l'illustre professeur d'Utrecht. Nous soumettons à nos éminents confrères cette addition, ce trait d'union aux principes posés par eux, ainsi que le mécanisme expérimental par lequel, dans ces circonstances, le strabisme périodique se voit changé en strabisme permaneiil.

Nos leçons sur le strabisme et la diplopie se divisent en trois

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parties. Dans la première, nous exposons les bases nouvellement établies du jeu physiologique des muscles de l'œil. On sait quelle obscurité règne encore en France sur le mécanisme des mouvements oculaires. Une ingénieuse expérience, due à M. Donders, a permis à ce savant de préciser expérimentalement le rôle de chacun des six muscles de l'œil dans chaque direction du regard. Nous avons emprunté, en même temps que notre troisième partie, les éléments de celte exposition à une traduction, due à notre savant confrère et ami M. Testelin,du travail anglais de J. Sœlberg Wells sur les affections paralytiques des muscles de Vœil (1).

Notre seconde partie consacrée au strabisme proprement dit : sa pathogénie, sa signification symptomalologique, la thérapeutique qu'il réclame, ont été les principaux objets de notre préoccupation. En ce qui concerne la thérapeutique, après avoir exposé fidèlement les méthodes chirurgicales si scrupuleusement graduées par M. de Graëfe, et marqué les résultats qu'on doit attendre ou espérer dans chaque cas, nous avons esquissé le plan d'un traitement par les prismes déviateurset les ressources accessoires qu'on pouvait fonder sur leur emploi.

La lecture de ces leçons justifiera, nous osons le croire, les efforts que nous mettons à rappeler sur ce sérieux objet l'attention du corps médical. Discréditée depuis quinze ans, à bon droit et faute d'études suffisantes, la réparation chirurgicale du strabisme doit être aujourd'hui remise à l'étude et réinstallée dans la pratique ; mais, et ceci est essentiel, après discussion physiologique et optique de chaque cas et sur les bases scientifiques de l'ophthalmologie nouvelle.

La discordance A\\ regard se rattache par de nombreux

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rapports à une classe de maladies se formulant aussi symptomatiquement par un strabisme plus ou moins accusé et de degrés variables, joint, dans la généralité des cas, à un symptôme plus éclatant : la diplopie. Ce sont les paralysies musculaires.

L'étude de ces paralysies et de leur symptôme principal, la diplopie, fait l'objet de notre troisième partie. Cette étude est le développement, au point de vue pathologique, de la première partie, et elle est empruntée comme elle au travail de Wells. Nous avons donné une place particulière, dans cette exposition, à la signiQcation des doubles images et aux procédés de traitement palliatif à demander aux prismes déviateurs. Mais ce que le lecteur remarquera avec plus d'attention encore, c'est l'application thérapeutique faite par M. de Graëfe aux paralysies confirmées et station naires, ainsi qu'aux paralysies à marche régressive, de la ténotomie musculaire. L'illustre professeur de Berlin, dans ces deux cas, attaque la diplopie et le strabisme mobile qui l'accompagne, soit par la section de l'antagoniste du muscle paralysé, soit par le déplacement en avant de l'extrémité tendineuse du muscle paralysé et allongé, soit enfln par une combinaison des deux procédés.

C'est toute une innovation opératoire qu'il suffit de signaler pour appeler sur elle l'attention et l'intérêt des chirurgiens français (1).

(^iHAi'D-TEnloN.

Mai I8(|.'î.

(1) Nous (levons noter ici que la ténotomie du muscle antagoniste dans les paralysies est depuis longtemps pratiquée en France par un de nos ophthalmolosistes les plus en renom, le docteur Guépin de Nantes. Nous devons a notre pays cette mention, la question de priorité réservée. Nous n avons point déléments précis pour la trancher. (Voir le Tmile ,l,s mnla- <hcs iklœil de iMackeiisie, tr:ul. de WarloniciU et Testelin)

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