ÉTDDE PHYSIOLOGIQUE DES MOUVEMENTS DE L'OEIL
altenlive des cils implantés sur le bord libre; aucun d'eux ne bouge, aucun ne voit son inclinaison, sur la direction de son voisin, changer, fût-ce d'un degré. Le mouvement se passe donc bien au centre de la sphère scléroticale. Il en est encore de même dans le mouvement en haut et en bas (1).
Et si l'on observe maintenant les puissances musculaires, on reconnaît à l inslant que leur distribution répond, en effet, aux conditions que nous venons d'exprimer.
Et d'abord, le globe est maintenu dans une position constante : nous le voyons, en effet, suspendu au centre de l'orbite, entre deux systèmes de forces opposées. Un premier groupe (les quatre muscles droits) tendrait en effet, par une action commune, à entraîner en arrière, suivant l'axe de l'orbite, le globe sur lequel ils agissent tangenliellement, pendant qu'un groupe opposé (les obliques) aurait pour effet, s'il était seul, de l'entraîner, au contraire, en avant et en dedans. Ajoutons à cela l'action de la pesanteur et la résistance opposée par l'orbite, et nous avons le tableau de toutes les forces appliquées extérieurement au globe oculaire, et dont la résultante finale a pour effet le maintien, en un point déterminé, et qui sera constant pendant tous les mouvements, du centre de figure de la sphère rétinienne ou du globe lui-même.
En second lieu, avons-nous dit, la sphère oculaire conserve invariablement sa forme, pendant le repos, comme pendant le mouvement.
Cette condition n'est-elle pas remplie? Voyez la disposition des muscles : ces agents sont disposés autour du globe, de fa-
11) Ces présomptions théoriques s'accordent pleinement avec les expériences du-ectes de MM. Donders et boyer : d'après ces physiologistes, le centre des mouvements du globe est situé, sur l'axe an léro-posté rieur, en un point qui divise cet axe en deux parties qui sont entre elles comme 15 et 11: soit • 16/26 antérieurs ; ^ postérieurs.
L'œil, entre les pôles extérieurs de son axe antéro-postérieur, mesure en moyenne 24 millimètres; déduisons 2"'n',5 pour la profondeur de la chambre antérieure; i reste 2|....n,5 à diviser en 11/26 en arrière et 13/26 en avantce qui porte le centre du mouvement bien près du centre même de la sphèrJ
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çon à développer autour de lui des actions tangentielies. En vertu du principe de l'association des mouvements, un muscle ne se raccourcit pas d'un côté, que l'antagoniste ou les antagonistes ne s'allongent proportionnellement de l'autre. L'immobilité du centre de rotation du globe témoigne de la réalité de cet accord sympathique; supposez un instant que l'un des muscles droits, par exemple, se raccourcisse sans que ses antagonistes se relâchent, il y aurait aussitôt retrait du globe en arrière.
Il y a donc un balancement constant, un équilibre perpétuel entre les tractions musculaires, que le globe soit en repos ou qu'il soit en mouvement.
Mais cette constance a une conséquence : elle assurecelle de la forme de l'enveloppe. Si les tractions sont constantes, les pressions éprouvées par la coque oculaire, de dehors en dedans, le sont donc également, et par là est assurée l'intégrité des pressions intérieures, et celle de la forme extérieure. Les fonctions si délicates de l'organe exigeaient qu'il en fût ainsi, que les membranes et les milieux intérieurs ne subissent aucun excès de pression par le fait du mouvement, la sensibilité devant être aussi parfaite pendant le mouvement que dans l'état de repos. Or il en serait tout autrement si le raccourcissement d'un muscle n'était pas accompagné de l'allongement corrélatif de ses opposants. Le globe, étreint entre un système de forces nécessairement accrues, subirait une somme de pressions normales à sa surface, qui n'auraient d'autre réaction pour les tenir en équilibre que l'expansion réaclionnelle des milieux semi-liquides de l'intérieur. Il n'est pas besoin d'insister sur le danger d'un tel état de choses pour l'intégrité de la fonction.
C'est peut-être môme à cette cause que l'on doit attribuer l'asthénopie et les altérations matérielles subies par les membranes oculaires dans l'exercice de la vision, sous une convergence binoculaire très-prononcée, comme lors de l'application de la vue à des objets Irès-rapprochés. L'origine de la choroïdite atrophique de la myopie n'est peut-être pas bien loin de là.
ÉTUDE PIlYSlOLOGrlQUE DES MOUVEMENTS Dli L'OEIL. 7
En résumé, on doit considérer que pendant les mouvements associés, ainsi que pendant l'équilibre statique, il y a égalité, constance de pression exercée sur le globe oculaire par les muscles qui le sollicitent; au raccourcissement é'un ou de plusieurs muscles correspond constamment un allongement corrélatif de leurs antagonistes. La forme du globe et son centre de mouvement demeurent constants.
§ 3. — Division ancienne des muscles de l'œil, en muscles de la convergence et muscles de la divergence, adducteurs et abducteurs.
Nous allons maintenant entrer dans l'analyse des forces propres à procurer chacun des mouvements principaux de ces admirables organes.
Dans l'étude générale d'où nous venons d'extraire les considérations qui précèdent, entrant dans le détail de l'action de chaque système de muscles en particulier, au point de vue, non plus de la position du centre de mouvement, assurée par l'équilibre préétabli entre les protracteurs et les rétracteurs, mais sous le rapport des mouvements de rotation autour de ce centre, nous avions reconnu que l'on pouvait classer ces organes de mouvement de la manière suivante :
Première classe : Adducteurs ou convergents,
1° Le muscle droit interne, principal adducteur ;
2° Les droits supérieur et inférieur, dont les points d'attache, tant fixes que mobiles, montrent l'obliquité d'action dans le sens de la convergence, en môme temps qu'ils feraient mouvoir le globe oculaire, l'un en haut, l'autre en bas.
Seconde classe : Abducteurs ou divergents.
\° Le muscle droit externe;
2° Les deux obliques, lors de leur action simultanée ; ces deux derniers muscles, en effet, considérés dans la direction de leurs points d'attache, suivent une ligne d'action qui en fait rationnellement des supplémentaires du droit externe.
Dans cette analyse sommaire, on reconnaît d'abord qu'il n'y a que deux sortes de muscles dont l'action soit nettement et franchement formulée par leur position; ce sont les muscles
droits interne et externe. La convergence ou la divergence, franchement ex(jculée dans le plan horizontal, est ainsi parfaitement établie. Mais il n'en est plus de môme de toute autre direction. La direction franchement verticale, par exemple, soil en haut, soit en bas, ne saurait être procurée par un muscle spécial; aucun n'est placé de façon à porter directement le globe oculaire, soit en haut, soit en bas. Quant aux mouvements diagonaux, il en est de même. Sont-ils produits par le concours d'un oblique et d'un droit, ou bien de deux droits ensemble? ce n'est pas l'anatomie qui nous l'apprendra ; càv, à priori, les deux combinaisons peuvent conduire aux mômes résultats. On sait d'ailleurs à combien de discussions ont conduit ces terribles muscles obliques qui n'ont encore, pour le plus grand nombre, qu'une propriété bien incontestable, celle de donner lieu aux opinions les plus opposées. La science heureusement, dans ces derniers temps, grâce à une analyse de physiologie expérimentale, aussi judicieuse que délicate, est parvenue à dissiper ces obscurités. Nous devons, avec tant d'autres bienfaits, à MM. de Graefe et Donders, des données aussi nouvelles que précises sur ces points difficiles, et comme les conséquences auxquelles conduisent ces remarquables analyses ne laissent debout que bien peu du bagage scientifique ancien sur la matière, nous vous prierons de faire table rase de toutes les vagues données du passé, pour vous attacher attentivement aux notions précieuses que nous allons vous exposer.
§ 4. — Lemme physiologique. — Ce que deviennent les méridiens verticaux de l'œil, dans les mouvements associés cardinaux et obliques.
Quelques propositions de physiologie expérimentale bien simples en elles-mômes, et cependant pleines d'enseignements, ont donné à M. Donders (1) la clef de la plupart des difficultés qui enveloppaient encore le mécanisme des mouvements de l'œil. Dans ces expériences, M. Donders s'était proposé de rechercher
(11 An7i. d'oculislique, 18G2. — John S. Wells. Traduction de Testelin, Ophthalmic Hospit i/ Reports, t. II.