‹ Leçons sur le strabisme et la diplopieChapitre 8 sur 40 · ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES MOUVEMENTS DE L'QKIL · texte numérisé non relu

ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DES MOUVEMENTS DE L'QKIL

ce quedevient le méridien vorlical de l'œil pendant ces mêmes mouvements. Mais comment se procurer l'observation exacte et constante de ce méridien pendantles mouvements des yeux ? Voici comment y est parvenu l'ingénieux physiologiste : II s'est servi, pour celte analyse, de la propriété que l'on connaît à la rétine de conserver pendant un temps plus ou moins long, les impressions qu'y a dessinées un objet lumineux quelconque. Ayant fixé pendant un cerlain temps, et avec une parfaite constance, une bande lumineuse étroite, se détachant sur un fond obscur et placé verticalement devant lui, M. Donders pouvait alors porter ses regards pendant quelques minutes, dans telle ou telle direction déterminée, et comparer alors, pendant tout ce temps, la position des impressions persistantes gardées par les rétines avec les images qui passaient dans le champ visuel. Ce mode d'expérimentation l'a conduit aux propositions suivantes :

Première proposition. — Lorsqu'on regarde, dans l'exercice binoculaire de la vision, dans le plan méridien horizontal, quelle que soit, dans ce plan, la direction du regard associé, le méridien vertical reste toujours parfaitement vertical.

Deuxième proposition. — Lorsque l'on regarde de haut en bas, ou inversement de bas en haut, dans le plan vertical, ce méridien vertical demeure toujours vertical.

T roisième proposition. — Quand les regards sont portés sur la droite ou sur la gauche, non plus dans l'un des plans vertical ou horizontal, mais en diagonale dans l'un des quatre angles droits de la demi-sphère, les méridiens verticaux de chaque globe s'inclinent parallèlement entre eux, dans la direction oh se porte le regard associé; nous entendons par \k que c'est la partie du méridien la plus voisine de l'angle dans lequel se porte le regard qui le suit dans cette direction.

Quatrième proposition. — -Ajoutons à ce premier ordre de faits celui-ci : que les deux images persistantes qui déterminent les deux méridiens verticaux se fusionnent constamment sur le point de mire, objet lui-même de la fixation du regard attentif ou intentionnel.

A la lumière apportée par ces propositions, l'analyse de la mécanique oculaire va se faire avec une grande facilité. Mais pour cela, il va falloir jeter un coup d'œil rétrospectif sur les insertions et directions musculaires.

% s. — Étude des moteurs de l'œil, au point de vue de l'action de rotation qu'ils impriment au globe; — axes de rotation. — Les mouvements physiologiques associés d'adduction et d'abduction sont dus aux seuls muscles droit interne et droit externe.

Nous avons déjà décrit sommairement les insertions et directions des muscles extérieurs de l'œil, et nous les avons divisés, d'après ces insertions, en deux groupes : les rélracteurs et les protracteurs. Pour l'intelligence ultérieure des mouvements partiels, une division nouvelle devient nécessaire. Les muscles protracteurs (obliques) peuvent, en effet, être considérés comme un système bien défini ayant, en dehors de leur action statique comprise dans le mot protracteurs, une autre action parfaitement nette encore, une action de circumrotation dans un certain plan qui les comprend tous les deux ainsi que leurs points d'attache. Ce plan, représenté dans la figure I en projection par la ligne GHF, est vertical et déterminé 1° par deux points fixes, en haut la poulie du Irochléateur, en bas, par le point d'attache du petit oblique au rebord orbitaire ; 2° et par un point mobile, le centre des insertions fibreuses qui les rattachent l'un et l'autre au globe lui-même. Le plan ainsi défini coupe l'équateur du globe à environ 6 ou 8 millimètres de l'insertion du nerf optique, dans un œil normal.

11 est ainsi dirigé, en partant de ce dernier point, c'est-à-dire d'arrière en avant, de dehors en dedans et vertical.

Suivant MM. de Grdëfe et Dondcrs, il coupe le méridien vertical du globe ou l'axe optique, dirigé vers l'horizon, sous un angle de 55» ouvert en avant. Ce plan passe donc toujours, lors de la direction du regard vers l'horizon, en dedans de l'axe vertical de rotation du globe. Ce qui revient à dire que ce même plan ne peut devenir un plan diamétral, c'csl-à-dire passant par le centre de rotation du globe, que lorsque le re-

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gard se dirige en dedans, à peu près dans la direction des points fixes des muscles obliques. Pour se représenter l'action de ces deux muscles, au point de vue de la rotation du globe sur lui-môme, il faut donc imaginer un axe dudit globe perpendiculaire au plan vertical que nous venons de définir, c'est-àdire un diamètre horizontal incliné sur l'axe optique sous un angle de 35" ouvert en avant. Cet axe est représenté sur la figure par la ligne MN.

Le même mode de description peut être appliqué aux muscles rétracteurs. Mais ceuxci, au nombre de quatre, nous offrent à considérer deux axes de rotation au lieu d'un seul. Qu'on jette, en effet, un coup d'oeil sur les deux muscles droits interne et externe. On voit qu'ils sont tous les deux compris dans le plan méridien horizontal du globe, qu'ils sont par conséquent impuissants tous les deux à modifier, en quoi que ce soit, l'inclinaison du méridien vertical. Leur action unique, on le voit au premier coup d'œil, doit se borner à faire évoluer l'œil autour

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Fig. 1. — Projection schématique des axes des muscles de l'œil *.

d'un axe perpendiculaire à leur plan, l'axe vertical môme du globe projeté sur le point 0 dans la figure (1).

(1) Tableau statique des forces en présence dans les mouYemeiits de l'œil.

Appelons DS l'unité de force déployée par le muscle droit supérieur à&m les mouvements associés des yeux ;

Dl la même unité pour le droit, interne; DE — — di'oit extei'ne; Di — — droit inférieur;

OS — — oblique supérieur; 01 — — oblique inférieur.

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