‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 15 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

l’année: la surveillance des graines est donc difficile; de plus, on n’est pas maître d’y gouverner à volonté l’état hygrométrique ni la température. Il était à souhaiter qu’on établît des chambres de conservation où aucune des circonstances capables d’agir sur les graines ne serait abandonnée au hasard. C’est ce qu’a réalisé le premier, en 1878, M. Susani, habile ingénieur, actuellement le plus grand éducateur de vers à soie de la Lombardie.

Son établissement est construit à Rancate, près Albiate; c’est un grand bâtiment rectangulaire d’environ 30 mètr. sur 36 mètr., qui renferme dans son intérieur et enclôt de toutes parts la chambre froide ; celle-ci a 20 mètr. de longueur sur 5 de largeur et 4 de hauteur ; elle peut loger 100,000 onces; ses murs sont doubles, l’extérieur a 70 centim. et l’intérieur 15centim. ; entre eux est une épaisseur d’air de 15 centim.; le sol est formé par une couche de béton et un lit de ciment hydraulique ; le sol et les murs sont revêtus de bitume. Le plafond, en fer et briques, est chargé d’un lit de sable sur lequel est un plancher, recouvert lui-même d’une grande masse de sciure de bois. A ce plafond, sont suspendues trois longues caisses de fer galvanisé dans lesquelles circule une dissolution très concentrée de chlorure de magnésium, qui ne gèle qu’à — 20° ; c’est ce liquide qui va se refroidir dans la machine frigorifique et vient refroidir ensuite la chambre de conservation. L’air contenu dans celle-ci est maintenu sec par une masse de chaux vive étalée dans des caisses en bois; cet air se renouvelle par les fissures des portes et des fenêtres, et en outre l’on a soin, un peu avant le lever du soleil, d’ouvrir un instant les fenêtres qui donnent dans l’espace clos environnant.

HIVERNATION DES GRAINES

La machine frigorifique est une machine à acide sulfureux, système Pictet. Le récipient dans lequel l’acide sulfureux liquide se gazéifie est entièrement plongé dans la dissolution saline, qui se refroidit par conséquent a mesure que l’appareil fonctionne. Cette dissolution refroidie est lancée au moyen d’une pompe dans les bacs du plafond. En même temps une autre pompe reprend le gaz sulfureux et le liquide dans un deuxième récipient, duquel on le fait écouler de temps en temps dans le premier.

Pour assurer le fonctionnement régulier de la chambre froide, deux machines Pictet sont utiles, afin qu’elles servent alternativement et se suppléent en cas d’accident survenu à l’une d’elles.

Ce dispositif a permis à M. Susani d’hiverner en toute sécurité, ainsi qu’il s’était flatté de le faire, des quantités de graine considérables, qu’on peut estimer à plus de 60,000 onces par an; le succès de ces graines est toujours des plus satisfaisants.

La chambre de conservation que nous venons de décrire a été imitée par plusieurs industriels italiens. Récemment MM. Gobbato, à Trévise, en ont installé une dans laquelle la réfrigération de l’air est produite par la machine très ingénieuse de MM. Giffardet Berger; ici l’air est condensé dans un récipient par une puissante pompe à vapeur, puis ramené à la température ambiante, purgé de son eau, et enfin abandonné à son expansion naturelle dans la chambre même que l’on veut refroidir. Ce procédé semble préférable à la réfrigération par des liquides.

A côté de ces installations grandioses, nous mentionnerons aussi les petits meubles-glacières créés par divers inventeurs, par exemple M. Orlandi, M. Verson,

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