PREMIÈRE PARTIE
trois suivants à la partie thoracique, et les autres à l’abdomen. Quand la résorption du vitellus est assez avancée, l’embryon exécute une demi-révolution autour de son axe longitudinal, de façon que le côté ventral soit tourné vers le dedans de l’œuf et le dos vers l’extérieur. Peu de temps après, le tube intestinal s’achève ; l’ombilic se ferme et l’animal commence à se nourrir par la bouche. Les glandes salivaires, celles de la soie, les trachées, commencent par de petites fossettes de la membrane blastodermique. Les ganglions nerveux eux-mêmes dérivent de la même membrane, mais s'en différencient de très bonne heure. Peu à peu toutes les parties du corps s’achèvent ; la jeune larve mange ce qui reste du jaune, ainsi que toutes les membranes d’enveloppe ; enfin elle finit par attaquer la coque à l’endroit du micropyle.
L’approche de ce moment est indiquée à l’extérieur par l’aspect de l’œuf, qui devient blanchâtre à mesure que l’animal s’isole de la coque.
Éclosion spontanée. — L’éclosion des œufs s’effectuerait toute seule en se bornant à les sortir delà chambre froide pour les exposer à la chaleur naturelle du printemps ; mais ce procédé donnerait des naissances très tardives, échelonnées sur un long intervalle de temps, et, de plus, on a remarqué que les vers seraient alors très fréquemment débiles, sujets à périr prématurément, peutêtre parce que la substance de l’œuf ne peut pas suffire à une combustion respiratoire trop prolongée. Aussi a-ton recours à l’incubation artificielle, qui rend l’éclosion plus précoce, plus simultanée, et la détermine à peu près au moment voulu.
INCUBATION DES GRAINES
Époque de l’éclosion. — En général, on s’arrange pour que l’éclosion ait lieu à l’époque où les mûriers ont développé leurs premières feuilles, afin que les jeunes vers trouvent une pâture appropriée à leur âge : aux environs d’Alais, c’est, en moyenne, vers le 20 avril. Si la saison est plus précoce que de coutume, on se risque quelquefois à devancer l’époque ordinaire ; mais alors on tient delà graine en réserve au froid, pour le cas où la gelée viendrait détruire les feuilles, et ruiner par conséquent les chambrées aventurées. Quand on ne veut pas courir le risque des gelées, on retarde au contraire les éducations, mais on ne peut pas les retarder beaucoup, parce que les feuilles deviendraient trop dures, indigestes pour les vers jeunes, et que, d’autre part, trois semaines après, les vers, devenus grands, se trouveraient dans la saison des orages et des touffes, qui leur est fréquemment funeste.
Conditions de l’incubation. — Les conditions générales d’une bonne incubation sont connues : il faut aux graines de 1 ’air, de la chaleur , et, dans certains cas au moins, un peu d'humidité ; mais on est loin d’être fixé sur les proportions d’air, de chaleur et d’humidité qui seraient les plus convenables aux divers moments, depuis le commencement de l’incubation jusqu’à sa fin ; et cependant il n’y a pas de doute que ces circonstances n’aient une grande influence sur la robusticité des vers, et par suite sur le succès des éducations.
Autrefois on ne se préoccupait guère de ces détails : selon Procope, les moines de Justinien avaient appris à faire éclore les graines à la chaleur du fumier ; Vida, Gallo, Olivier de Serres, l’abbé de Sauvages, mentionnent