PREMIÈRE PARTIE
comme étant communément usitée de leur temps la couvée au nouet , c’est-à-dire qu’on mettait les graines dans des nouets ou sachets qui étaient portés par des femmes sous leurs vêtements ou déposés dans des lits bien bassinés ; môme aujourd'hui, ces derniers procédés sont encore pratiqués malgré leurs imperfections évidentes.C’était déjà un progrès d’employer, comme l’indique l’abbé de Sauvages, les gloriettes des boulangeries pour y suspendre les sachets. Les Chinois d’ailleurs agissent à peu près de même en suspendant leur cartons de graines dans des locaux où ils maintiennent une douce chaleur.
Tous ces procédés ont un vice commun, qui est de manquer d’indicateur exact du degré de chaleur. L’abbé de Sauvages fut un des premiers à conseiller l’usage du thermomètre; il imaginaaussi une étuve d’unedisposition assez commode : c’était une pièce longue et étroite s’élevant jusqu’à la toiture, et munie, à chacune de ses extrémités, d’un foyer alimenté de tan ; le panier de graines glissait à volonté le long d’une tringle, et pouvait ainsi être rapproché ou éloigné des foyers, de façon à prendre exactement le degré de chaleur voulu. On chauffait cette salle progressivement depuis 15° R. jusqu’à 28°, et, quand les deux tiers des vers étaient nés à cette dernière température, on poussait la chaleur pendant quelques heures jusqu’à 30° et même 32°, afin d’achever d’éclosion.
Chambres d’éclosion. — Depuis cette époque, tous les bons éleveurs ont adopté l’usage des chambres d’éclosion, mais en les chauffant beaucoup moins que l’abbé de Sauvages.
Dandolo, par exemple, veut qu’on élève la température de 1° par jour jusqu’à 22° R.
incubation des graines.
La tendance actuelle est de prolonger les premiers temps de l’incubation, et de l’accélérer vers sa fin. Ainsi, Haberlandt propose de tenir les graines 8 jours à 6° R., 8 jours à 8°, 4 jours à 10°, 4 jours à 12°, 2 jours à 16°, 2 jours à 18°, 2 jours à 20° ; total 30 jours d’incubation, correspondant à une somme de 308°, qui, dit-il, amène l’éclosion presque à jour fixe.
M. Susani veut que les graines hivernées dans son établissement séjournent au moins 6 jours à 10° R., puis emploient 6 jours pour arriver à 14°; viennent ensuite 2 jours de stationnement à 14°, puis 6 jours pour passer de 14 à 17°, 2 jours pour arriver à 19° ; alors, nouveau stationnement à 19° jusqu’à l’apparition des premiers vers; à ce moment, élévation à 20°, puis 21°, température qu’on ne dépasse pas.
Enfin, M. Meloni propose d’amener peu à peu les graines à 15 ou 16° R. et de les y laisser jusqu’à l’apparition des premiers vers ; alors on chaufferait à 1 7 ou 18° au maximum.
Quelle que soit la marche qu’on adopte, il est nécessaire que les graines soient étalées en couche très mince, afin que leur respiration se fasse dans un air pur ; il faut aussi les remuer de temps en temps, afin que toutes respirent également et arrivent par là à éclore simultanément autant que possible. On emploie, pour 25 grammes de graine, une boîte plate ayant une surface d’au moins 2 décimètres carrés.
Jusqu’à ces dernières années, les éleveurs ont cru à propos de maintenir un certain degré d’humidité dans la chambre d’incubation ; mais des expériences faites en Italie par M.Verson l’ont conduit à recommander plutôt un air sec. Cependant l’humidité est certainement utile