‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 19 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

quand les graines ont été gardées longtemps à la sécheresse. Il semble donc probable que le degré de siccité convenable durant l’incubation dépende de celui qui a été maintenu durant l’hivernation et doive servir parfois de correctif à celui-ci. En tenant l’état hygrométrique constamment au voisinage de */„ durant les deux périodes, on évite toute difficulté.

Couveuses. —Les éleveurs qui ne disposent pas d’une pièce appropriée pour l'incubation, ou qui ne veulent mettre à éclore qu'une petite quantité de graines, font usage d’étuves portatives appelées couveuses ou incubatrices.

Il y en a de divers modèles. Les plus simples sont des étuves en tôle à doubles parois, assez semblables à l’étuve de Gay-Lussac ; des lucarnes sont percées sur les côtés, afin que l’air s’y renouvelle ; on les chauffe pardessous avec une ou plusieurs veilleuses ; comme elles renferment 4 à 5 litres d’eau dans les doubles parois, elles offrent par là une très grande constance de température. Ces couveuses sont connues dans les Gévennes sous le nom de Castelets.

D’autres n’ont pas de réservoir d’eau : ce sont des armoires en bois traversées du haut en bas par une ou plusieurs cheminées de tôle sous lesquelles on met les veilleuses ; des étagères intérieures reçoivent les boîtes de graines. Ces couveuses exigent plus de surveillance que les premières pour le chauffage, mais l’aération s’y fait mieux, à raison de leur plus grande capacité.

Toute couveuse est pourvue d’un ou plusieurs thermomètres. Quelquefois on y met un avertisseur électrique : c’est un thermomètre à mercure (ou bien un thermomètre à lame bimétallique et à cadran) que l’on a dis-

ÉCLOSION

posé de façon que l’extrémité de la colonne de mercure (ou celle de l’aiguille) rencontre, au point convenable, un buttoir de métal, de manière à fermer un circuit électrique contenant une sonnerie. Le surveillant est ainsi averti que la température sort de la limite fixée.

On ferait bien d’introduire aussi dans la couveuse un hygromètre ; mais, en général, on se contente de mettre une soucoupe d'eau à côté des graines quand on veut faire l’incubation dans un air humide, et un bocal de chaux vive dans le cas contraire.

Manière de recueillir les vers éclos. — La levée des vers nouvellement éclos se fait généralement avec des feuilles tendres de mûrier ; mais quand on veut éviter que les vers s’accumulent trop et qu’une partie de ceux qui se trouvent sous les feuilles n’y périssent écrasés ou emprisonnés, on emploie de préférence des feuilles déjà âgées, qu’on roule en forme de cigare et qu’on découpe en travers ; les rubans en spirale ainsi obtenus se garnissent de vers et peuvent être transportés à l’aide d’une petite pince sur le papier destiné à recevoir la levée, sans qu’on perde un seul ver ; on distribue ensuite là-dessus des repas de feuilles très tendres hachées en menus morceaux.

Les feuilles, tendres ou dures, employées pour la levée sont mises en contact immédiat avec les graines quand celles-ci sont adhérentes à un carton ou une toile ; quand elles sont détachées, on a soin d’interposer un morceau de tulle.

L’éclosion se fait, du reste, aussi facilement dans un cas que dans l’autre. Le tulle sert à rompre les fils de soie que les jeunes vers émettent au sortir do l’œuf ;

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