PREMIÈRE PARTIE
sans cela, on emporterait avec les feuilles de mûrier des graines non écloses.
Moment des éclosions. — Les naissances ont lieu généralement dans la matinée, de 5 heures à 10 heures; il y en a peu le premier jour, beaucoup le deuxième et le troisième jour, et ordinairement fort peu le quatrième jour, de sorte que le reste est négligeable. L’éclosion n’est bien simultanée que quand tous les œufs ont également respiré. Il importe peu qu’ils appartiennent ou non à une ponte unique, qu’ils soient des premiers ou des derniers pondus ; l’épaisseur de la coque, l’épaisseur du vernis qui la couvre, l’orientation de la coque, qui rend plus ou moins grande la surface exposée à l’air, ont une influence bien plus grande. C’est pourquoi les œufs détachés par le lavage, et étalés à l’air en couche mince, éclosent avec plus de simultanéité que les œufs adhérents à un carton.
Evaluation des vers éclos. — Il est utile que le
magnanier sache à peu près combien il a levé de vers à l’éclosion, afin qu’il puisse préparer d’avance l’espace et la feuille nécessaires.
Pour cela, il n’a qu’à peser la graine mise en incubation et l’épuiser par des levées successives.
Mais il peut aussi ne faire qu’une seule levée sur un poids do graine plus considérable et estimer la valeur de cette levée. En effet, on a reconnu que, si on pèse les graines avant l’éclosion et après que les vers sont sortis, le poids de 25 gram. de graine, comprenant environ 36,000 œufs, se décompose ainsi:
ÉCLOSION
Poids des jeunes vers 17 grain.
— des coques vides 5 —
— eau évaporée 3 —
25 gram.
Par conséquent, une perte de poids de 20 gram. subie par un tas de graine en éclosion correspond, à peu de chose près, à une once de 25 grammes.
On pourra donc évaluer le nombre approximatif des vers sortis, en pesant d’abord la graine surmontée d’un tulle ; puis on mettra sur ce tulle des feuilles de mûrier tendres, qui se chargeront devers, et qu’on enlèvera aussitôt (avant que les vers aient laissé d’excréments) ; on attendra que le tulle ait perdu l’humidité prise au contact des feuilles et on fera une nouvelle pesée de la graine surmontée de ce tulle.
Ce dernier procédé est suivi par les propriétaires qui prennent soin eux-mêmes de l’éclosion et qui livrentà leurs divers fermiers les levées successives ; c’est un usage général dans la Haute-Italie ; il offre des avantages assez évidents pour qu’il soit inutile de les énumérer ici.
111. — Bivoltinisme. Action du frottement, de l élecliicité et des acides.
Bivoltins accidentels. — 11 est très ordinaire de voir, dix ou douze jours après la ponte des graines de races annuelles, une partie de ces graines éclore sans cause apparente. En général, ces éclosions sont très limitées et cessent d’elles- mêmes sans qu’on ait besoin de rien faire pour les arrêter. On en obtient surtout quand la ponte se fait dans une salle sèche et chaude. On remar-