PREMIÈRE PARTIE
que aussi que les œufs offrant ces cas de bivoltinisme sont produits bien souvent par les premiers papillons qui sortent des cocons. En opérant les pontes cellulairement, on peut constater que tantôt c’est la ponte entière d’un papillon qui éclôt ainsi, tantôt c’en est une partie seulement, le reste demeurant jusqu’au printemps suivant sans offrir aucun changement.
Ces phénomènes sont encore inexpliqués, et on n’est pas maître de les reproduire à volonté.
Hivernation artificielle. — Nous avens vu, au contraire, que l’hivernation artificielle des œufs de races annuelles fournit un moyen très sûr pour déterminer l’éclosion de ces œufs dans l’été ou l’automne de l’année même. Mais ce moyen n’est pas le seul ; il y en a de plus rapides et qu’il est tout au moins curieux de connaître.
Ce sont : 1° les actions mécaniques, brossage, percussion, etc.; 2° l’action de l’électricité ; 3° l’action des acides.
Effet du brossage. — L’éclosion des œufs soumis au brossage est connue à Bergame depuis 1856; ses conditions ont été étudiées depuis 1870 par MM. Terni, Yerson, Susani, Duclaux. Les œufs doivent être pondus sur un carton ; on les brosse vivement ou bien on les percute à de brefs intervalles avec une brosse rude, pendant cinq à dix minutes; quinze jours après, les éclosions commencent. On peut aussi disposer les œufs à éclore en les malaxant sous l’eau pendant dix minutes environ.
Ces opérations provoquent jusqu’à 40 ou 50 °/0 d’éclosions si elles sont faites sur des œufs très frais, c’est-à-
ECLOSION
dire âgés de 1, 2, 3 jours ; des œufs âgés de 4 ou 5 semaines ne donneraient plus que 5 °/0, tout au plus, d’œufs capables d’éclore.
Ces éclosions se prolongent toujours très longtemps ; les premiers jours on a très peu de vers; puis les nombres des vers éclos augmentent, passent par un maximum et décroissent ensuite lentement ; la série des nombres suivants en fournit un exemple pour quarante jours consécutifs : 2, 6, 9, 15, 32,64,90, 104, 112,106,102, 79, 60, 55, 42, 32, 28, 19, 12, 8, 6, 5, 2, 4, 2, 4, 9, 2, 0, 1, 2, 5, 7, 4, 2, 0, 3, 0, 5, 4.
Effet de l’électricité. — L’ éclosion des œufs par l’électricité a été découverte en 1874 parM. Verson. Ce savant imagina d’exposer les œufs à une pluie d’étincelles tombant d’un pinceau métallique suspendu à une machine électrique de Holtz.
Il reconnut que, sur des œufs de 3 ou 4 jours, une pluie de dix minutes provoque l’éclosion de tous les œufs au bout d’une dixaine de jours. On voit que l’action de l’électricité s’exerce avec plus d’uniformité que celle du frottement. Elle semble d’autre part être moins efficace sur les œufs âgés de plus de 1 mois, car on n’obtient alors quasi plus du tout d’éclosions.
Voici, au surplus, les observations faites cà ce sujet par M. Duclaux (Congrès séricicole de Milan , 1876).
« L’électricité statique, dit-il, est la seule active. De plus, pour qu’elle agisse, il faut qu’il y ait combinaison des électricités positive et négative. On n’obtient rien en mettant la graine sur une machine électrique chargée, tandis qu’on obtient l’éclosion en mettant la graine sur