‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 22 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

le trajet d’étincelles électriques nombreuses, ou bien en la plaçant en face d’un peigne métallique , d’où l’électricité s’écoule en vertu du pouvoir bien connu des pointes.

« L’étincelle peut être fournie indifféremment par une machine électrique quelconque ou par un appareil d’induction. Seulement, avec ce dernier, il faut éviter que la décharge ne soit si chaude qu’elle brûle la graine mise en expérience L Cet inconvénient existe moins pour l’étincelle des machines.

» Le temps que doit durer l’action de l’électricité est aussi d’autant plus court que la graine est plus jeune au moment de l’opération. De plus, ce temps ne doit pas dépasser une certaine limite, au delà de laquelle la graine traitée éclôt moins bien et périt en quantité plus ou moins considérable.

» La naissance est d’autant plus rapide et plus complète qu’on opère sur la graine plus jeune, d’autant plus lente et moins complète que la graine est plus âgée. Le plus loin que l’on puisse attendre, c’est que la graine ait 15 à 20 jours, et, dans tous les lots, les œufs qui restent sans éclore éclosent au printemps suivant, comme la graine normale (abstraction faite des œufs morts pendant l’opération, et qui sont généralement peu nombreux si l’opération est bien faite).

» Ces caractères existent aussi pour la graine soumise

1 M. Duclaux a évité cet inconvénient en déposant les graines entre deux plaques de verre qui portaient extérieurement deux disques de papier d’étain, en rapport avec les deux pôles de la bobine. Une graine de deux jours, après un quart d’heure de séjour entre les deux plaques polaires, a donné 50 °/0 d’éclosions au bout de quatre jours. L’ozone, qui se produit abondamment dans ces conditions, n’est pour rien dans ce résultat, car, employée seule, elle ne donne rien.

ÉCLOSION

au frottement et pour la graine soumise à une hiverna tion artificielle plus ou moins complète.

» Voici encore d’autres ressemblances entre les effets provenant de causes si diverses.

» Quand on opère sur une graine jeune, de l’âge par exemple de 1 ou 2 jours (moment où l’on peut considérer tous les œufs comme étant absolument dans des conditions identiques), qu’on agisse par l’action du frottement ou de l’électricité, on observe à peu près le même intervalle entre le moment du traitement et le commenment de l’éclosion. En d’autres termes, la graine, de quelque manière qu’on la traite, quand elle est jeune, a à peu près exactement le même âge quand l’éclosion se produit, et cet âge est d’environ 10 à 12 jours. Il est singulier que cet âge soit aussi le même auquel se produisent les bivoltins accidentels dans la graine annuelle. Il n’est pas moins singulier que, quand les naissances des bivoltins se produisent dans les pontes isolées de race annuelle, ces naissances soient d’autant plus rapides qu’elles sont plus complètes, comme cela a lieu dans le cas du frottement et de l’électricité.

d En présence de ces ressemblances, on est invinciblement conduit à croire que le phénomène produit est le même dans tous les cas, que la cause efficiente en est la même et que la cause occasionnelle seule varie. En d’autres termes, l’électricité, le frottement, l’hivernation artificielle, sont probablement des moyens divers de met* tre en jeu un même mécanisme physiologique, qui, une lois ébranlé, fonctionne avec régularité. Mais comment se fait la communication du mouvement ? Quel est, suivant la question du programme, l’agent physique important dans les actions physiques diverses qui peuvent provo-

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