SUR LE
INTRODUCTION
Notions générales sur le ver à soie du mûrier.
— Le ver à soie, généralement connu dans le midi de la France sous le nom de magnan, est une espèce de chenille qui se nourrit des feuilles de mûrier.
Contrairement aux autres chenilles, que nous nous efforçons de détruire parce qu’elles dévastent les bois, les vergers et les champs, celle-ci est l’objet de nos soins les plus minutieux, et nous l’élevons comme un animal du plus haut prix.
C’est qu’en effet cet animal produit la première des matières textiles, la soie. Plus fin, plus régulier, plus tenace que les fibres végétales, le fil de soie est en môme temps plus brillant. En outre, la chenille nous le fournit tout prêt à dévider, sous forme d’un peloton continu qu’on appelle cocon, et qui en contient près d’un kilomètre de longueur. 11 suffit, pour opérer ce dévidage, de battre les cocons dans l’eau chaude avec une vergette ou une brosse ; on trouve ainsi l’origine du fil de chacun
INTRODUCTION
d’eux; en réunissant alors cinq ou six de ces bouts, on les tire ensemble; le faisceau ainsi obtenu s’appelle soie grège. La matière glutineuse des divers brins n’a été que ramollie par l’eau chaude ; elle se sèche rapidement sur la grège et forme de ce faisceau un fil unique.
Avant de filer son cocon, le ver à soie a dû consommer beaucoup de feuilles ; à plusieurs reprises, il a mué, c’est-à-dire s’est dépouillé de la cuticule qui formait à la surface de sa peau une sorte de carapace devenue trop étroite; il a pu ainsi grossir considérablement. Pendant cette période, qui dure une trentaine de jours, il a été une véritable chenille ou larve. Le cocon, dans lequel cette larve s’enferme, représente pour elle une sorte de nid où elle peut en sécurité accomplir une nouvelle phase de son existence; elle subit dans ce cocon une mue pour devenir chrysalide, puis une autre mue encore pour devenir papillo) i. Sous cette dernière forme, l'animal s’échappe du cocon : il est parvenu à l’état adulte ; les deux sexes s’accouplent; puis, aussitôt après, les femelles pondent leurs œufs.
Plus tard, ces œufs éclosent, donnant ainsi une nouvelle génération de chenilles qui se comporteront comme les précédentes, et ainsi de suite.
Les cocons percés par les papillons ne peuvent plus être dévidés aisément. On les carde, et le produit du cardage, ûlé à la façon du coton, donne la filoselle.
Qualités spéciales du ver du mûrier. — La série de transformations que nous venons de décrire chez la chenille du mûrier se rencontre généralement chez toutes les espèces de chenilles. Toutes ont aussi des organes produisant de la soie. Mais la plupart des espèces