‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 4 sur 98 · QUALITÉS SPÉCIALES DU VER DU MURIER · texte numérisé non relu

QUALITÉS SPÉCIALES DU VER DU MURIER

ont ces organes fort petits ; la quantité de soie minime qui en sort ne sert à former qu’un point d’attache, ou d’autres fois un simple lien pour la chrysalide ; d’autres fois encore, elle sert à agglutiner dos poils ou des poussières sous forme d’un grossier cocon. Les seules espèces capables de fournir à notre industrie un cocon utilisable, un cocon de soie plus ou moins semblable à celui du ver à soie du mûrier, appartiennent comme lui au genre Bombyx de Linné L

Entre tous les Bombyx, celui du mûrier ( Bombyx mori ), que nous étudions ici, se distingue comme le plus utile, et de beaucoup le plus avantageux à cultiver.

En effet, sa chenille n’est pas d’humeur vagabonde ; elle se tient tranquillement sur les feuilles de mûrier qu’on lui sert en pâture sur des claies ou des paniers plats; cela permet d’en élever sans peine en grand nombre, sous nos toits, à l’abri du froid, de la pluie, du vent et des animaux destructeurs, tels que les oiseaux, les lézards, les fourmis, les ichneumons, etc. Dans de telles conditions, on peut proportionner la dépense de feuille au nombre des chenilles, ce qui ne serait pas facile si on les logeait sur les mûriers. Aussi l’élevage pratiqué dans ces locaux, qu’on nomme magnaneries , est-il bien plus lucratif qu’en plein air.

Le ver à soie du mûrier présente un autre avantage : c’est de produire un cocon fermé, facile à dévider au moyen de l’eau chaude, sans addition d’aucune substance

1 Le gênre bombyx comprend les papillons nocturnes qui sont munis de très grandes antennes pectinées et dont les pièces buccales sont rudimentaires ; les ailes inférieures affleurent ou débordent même extérieurement les ailes supérieures. Leurs chrysalides n’ont pas de dentelures aux anneaux. Leurs chenilles ont six pattes et vivent à l’air libre, en dévorant les parties tendres des végétaux.

INTRODUCTION

alcaline ; la propriété qu’ont les fils de s’agglutiner au sortir de l’eau chaude est précieuse, en ce qu’elle permet de les manier plus aisément, une fois qu’ils sont réunis.

Enfin le mûrier offre des commodités exceptionnelles, tant par la rapidité de sa croissance que par la façon dont il supporte la taille.

Aucun autre bombyx ne réunit un tel ensemble de conditions favorables. Les uns ont des chenilles vagabondes, qu’on ne saurait tenir captives à moins de les loger sur des rameaux plongeant dans l’eau, disposition qui exige des locaux très vastes, et des soins extrêmes quand on renouvelle les rameaux. Les autres donnent des cocons difficiles ou même impossibles à dévider, et qu'on est obligé de soumettre au cardage.

C’est pourquoi ces divers bombyx, appelés vers à soie sauvages , ne sont élevés dans nos contrées que par de rares amateurs. Les plus connus se nourrissent du chêne (B. yama-maï] B. Pernyi ) ; du jujubier (B. mylitta) ; de l’ailante (B. Cynthia) ; du prunier ( B . cecropia ); du ricin [B. arrindia). Ce n’est que dans l’Inde, la Chine, le Japon, qu’on peut tirer bon parti de ces espèces.

A plus forte raison négligeons -nous les chenilles qui vivent en société et font sur nos arbres des feutrages de filaments soyeux, comme le Bombyx processionnaire du pin.

Variétés dont l’élevage doit être recommandé.

— Même dans l’espèce Bombyx mori , il y a des races dont la culture serait peu économique dans nos pays d’Occident. Ce sont les races dites polyvoltines , c’est-àdire qui font plusieurs générations par an. Leurs cocons

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