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CONFECTION DU COCON

de l’abdomen. La teinte verte de la feuille, qui se voyait sous le blanc perlé de la peau, disparaît graduellement à mesure que cette feuille est évacuée à l’état d’excréments, et le corps tout entier, selon l’expression d’Olivier de Serres, transluit comme un raisin mûrissant. Quand les dernières portions de feuille sont expulsées, une grosse goutte d’un liquide alcalin les accompagne ; c’est l’unique moment où le ver à l’état sain rejette un excrément liquide.

D'après M. Péligot, cette matière est formée de bicarbonate de potasse pur.

En cet état, le ver est arrivé à maturité. Par suite de l’évacuation des excréments et de l’usure des tissus (autophagisme), son poids a diminué de près d’un gramme ; son corps aussi s’est aminci et allongé.

Confection du cocon. — Devenu mûr, le ver refuse la feuille ; il vague çà et là, en agitant sa tète et allongeant le museau comme s’il cherchait à s’élever au-dessus de la litière ; effectivement, dès qu’il rencontre une paroi verticale, il monte, tant qu’un obstacle ne l’arrête pas; chemin faisant, il vomit son fil soyeux, qui s’attache aux aspérités des corps environnants et se durcit quasi immédiatement. On voit des vers perdre ainsi de côté et d’autre toute leur soie ou en revêtir des surfaces planes ; ces vers irréguliers sont appelés vers tapissiers ; ils deviennent courts et se chrysalident à nu ou bien périssent. Mais d’ordinaire, à force d’errer et de balancer sa tête de tous côtés, le ver rencontre un coin favorable pour l’installation de son cocon ; on lui facilite cette recherche en plantant des rameaux de bruyère sur les claies : il tend alors autour de lui un réseau irrégulier de fils qu’on appelle la blase ou la bourre , et délimite ainsi un espace

ovoïde où sou corps demeure enfermé, espace qu’il continue à tapisser activement ; au bout de cinq à six heures de travail, la forme précise du cocon se trouve indiquée; la soie qui constitue ces premières couches est blanche, mémo chez les races à cocons colorés. Bientôt, le ver continuant à déposer son fil soyeux en nombreux replis à l’intérieur de cette loge, l’épaisseur du cocon devient assez grande pour dérober l’animal à la vue ; le troisième jour, si la température est convenable, le cocon est terminé.

Sécrétions diverses. — Nous avons vu déjà, en parlant des fonctions de la peau, que cette partie du corps doit compter parmi les organes sécréteurs les plus importants.

Les tubes urinaires, ou tubes malpighiens, ont été également mentionnés, ainsi que les glandes salivaires et celles de l’estomac. A côté de toutes ces glandes, il faut placer celles de la soie.

Sécrétion de la soie. — Si l’on étudie le développement des glandes soyeuses dans l’embryon, on voit que ces organes sont homologues des glandes salivaires et des trachées.

La soie est, pour l’animal, une sorte d’excrétion dont ilse débarrasse, à un moment donné, pour ainsi dire en une seule fois, au lieu de la déverser à mesure qu’elle se forme. Il ne serait pourtant pas exact de dire que toute la soie produite sert à la formation du cocon. En effet, à peine le ver est-il éclos que déjà ses glandes soyeuses fonctionnent ; il émet quelques ûls de soie. Il en émet encore à toutes les mues, pour amarrer sa dépouille aux corps voisins.

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