SÉCRÉTION DE LA SOIE
Cependant, jusqu’à la 4e mue, les lobes soyeux sont assez peu développés ; ils ne pèsent que 0gr, 0 1 chez un ver sortant de 4e mue, dont le poids est de 1 gram. Il y a loin delà à l’énorme dimension qu’ils atteignent quand la maturité approche ; chez un ver mûr pesant de 3 gram. à 4 gram., leur poids peut dépasser 0gr,80; celui do la soie évacuée est encore plus grand que ces chiffres ne l’indiquent : M. Péligot a observé en effet que, chez des vers mûrs dont les lobes pesaient à l’état sec 0gr, 1 0 , le poids moyen de la soie d’un cocon s’élevait à Ogr,lG. Cette augmentation du poids de la soie vient, dit-il, de ce que la sécrétion se continue durant le temps même de la confection du cocon, ou peut-être encore d’une oxydation du fil à sa sortie de la trompe soyeuse.
Il est difficile d’expliquer le durcissement du fil soyeux dans son passage par les tubes excréteurs ; y aurait-il là quelque sécrétion particulière agissant sur la soie, ou bien serait-ce l'office des petites glandes de Filippi? Ce qu’il y a de sûr, c’est que, dans les réservoirs, la matière soyeuse est une masse gluante sans consistance. Si on crève leurs parois sous l’eau, cette masse s’écoule comme un liquide visqueux, qui se durcit en bloc, sans la moindre trace de structure filamenteuse. Plongés dans l’acide acétique étendu, les lobes soyeux durcissent peu à peu, et peuvent, à un certain moment, être distendus chacun en un fil assez long, très tenace, connu des pêcheurs à la ligne sous le nom de crin de Florence, dans cette opération, la partie périphérique, le grès, est arrachée ; il ne reste que l’axe de fibroïne.
Nous renvoyons à la troisième partie de cet ouvrage les détails relatifs aux fils de soie et aux cocons.
Fonctions de relation. — Dans l’état de domesticité où nous avons réduit les vers à soie, ils ne quittent jamais les litières de feuilles de mûrier, sauf quand ils sont mûrs, prêts à filer, ou qu’ils sont atteints de quelque maladie mortelle ; parfois aussi quelques-uns vont muer à une faible distance de ces litières.
Quand on les nourrit sur des branchages, on constate qu’un grand nombre se laissent tomber ou ne vont pas à la recherche de la feuille, comme le feraient des chenilles sauvages.
Ce n’est qu’à la montée à la bruyère qu’ils semblent retrouver un peu d’agilité ; encore y en a-t-il toujours quelques-uns qui tombent, ne sachant pas se cramponner aux brindilles des cabanes.
Mais dans la confection du cocon ils font preuve d’un si merveilleux instinct qu’on n’oserait plus les taxer de stupidité. Quelquefois ils se mettent deux ou trois dans un même cocon ; il y a des races où ces cocons, appelés doubles, sont assez fréquents pour diminuer de beaucoup la valeur de la récolte.
Les organes du toucher, dans les vers, sont principalement les extrémités des antennes, des palpes maxillaires et des palpes labiaux ; là se trouvent des poils courts qui ont à leur base des filets nerveux. Il est probable que sur toute la surface du corps on rencontrerait des poils analogues, mais plus clairsemés.
Le goût est localisé sur les parois de la bouche.
L’odorat, s’il existe, doit avoir pour siège l’orifice buccal ou les stigmates. En tout cas, il n’est pas d'une grande délicatesse, car on peut nourrir les vers dans une épaisse fumée aussi bien que dans des vapeurs de chlore, d’acide sulfureux, etc., qui seraient insupportables pour nous.