‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 36 sur 98 · GRASSERIE · texte numérisé non relu

GRASSERIE

Grasserie. — Il nous reste à considérer une dernière maladie : la grasserie , qui, en comparaison des précédentes, est de peu d’importance. Mais son étude est des plus intéressantes, et il serait à souhaiter qu’elle fût plus complètement achevée qu’elle ne l’est encore. Au milieu d’une chambrée de vers en très bon état, il n’est pas rare, à l’approche d’une mue et surtout de la montée, de rencontrer çà et là quelques vers qui se traînent lentement, la peau luisante, amincie, distendue; le corps d’un jaune vif dans les races jaunes, d’un blanc laiteux dans les races blanches ; à travers la peau transsude un liquide trouble qui salit les feuilles et les vers sur lesquels pas* sent les sujets malades. Ces vers s’appellent gras, jaunes, porcs , vaches, etc.

Le liquide trouble qui suinte de leur corps, identique à celui qui remplit la cavité générale, présente au microscope une infinité de globules qui semblent au premier abord tout à fait sphériques, mais qui sont polyédriques, et dont la nature chimique n’est pas déterminée. M. Bolle a reconnu qu’ils ont un diamètre moyen de 4 millièmes de millimètre, qu’ils se fendillent quand on les comprime et s’éclatent en fragments ; qu’en présence des réactifs, ils se comportent à la façon des corps albumineux, bien que la résistance qu’ils montrent à la putréfaction empêche de les considérer comme tels ; il a vu aussi que ces granules apparaissent en premier lieu dans le tissu graisseux et dans les plus petits rameaux trachéens, ce qui tend à faire croire qu’ils résultent d’une altération dans les fonctions respiratoires.

Un air humide, froid, stagnant, semble favoriser l’apparition de la grasserie. Cette maladie n’est pas contagieuse : aussi les magnaniers n’en ont-ils guère de

souci ; il y en a même qui voient avec satisfaction apparaître quelques gras, croyant qu’ils présagent une bonne récolte. On a cependant des exemples de chambrées qui ont perdu beaucoup de vers par la grasserie.

Ce mal ne paraît pas se transmettre par hérédité ; on ne s’inquiète des gras, à ce point de vue, que quand il y en a en nombre excessif, auquel cas il est prudent de renoncer à livrer les cocons au grainage.

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